Pillage du cuivre congolais : chiffres fort troublants !

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CUIVREDécidément, le secteur congolais des mines est loin de satisfaire au fameux principe du partenariat « gagnant-gagnant » entre la République Démocratique du Congo et ses partenaires privés. C’est presque qu’au détour de chaque contrat minier que l’on apprend des choses invraisemblables au sujet du pillage des ressources naturelles congolaises. S’agissant du dernier scandale présumé en date, il est dévoilé par  le journal « Le Point », dans son édition du lundi 23 avril 2013.

Les chiffres que l’on a sous les yeux donnent du vertige à plus d’un compatriote. A en croire cette publication, les statistiques de production et de vente qu’affiche la société Kamoto Copper Company (KCC), une filiale du consortium suisse Glencore, ne refléteraient pas la réalité. En présentant depuis cinq ans de faux bilans déficitaires, elle ferait perdre au trésor public congolais 153,7 millions de dollars américains.

Mais là où les Congolais reçoivent un véritable coup de massue, c’est quand « Le Point » fait état d’un chiffre d’affaires de 240 milliards de dollars américains réalisé par Glencore pour l’exercice 2013. Cette multinationale, selon le même journal contrôlerait 60 % de la production mondiale du zinc, 50% du cuivre et 30% de l’aluminium.

«Le Point » cite plusieurs Ong, dont « Pain pour le prochain » et « Action de Carême », qui accusent KCC de polluer le Katanga. Entre autres méfaits de cette pollution, elles font état du fait que l’eau de la rivière Luilu est devenue non seulement impropre à la consommation humain, mais dangereuse pour l’irrigation des champs, car elle sèche catégoriquement les cultures. En raison de son envahissement par les rejets de cuivre et de cobalt non traités, ladite rivière a perdu tous ses poissons, morts à la suite de ce type de déchets.

Le cabinet des Mines interpellé

 En attendant le démenti de Kamoto Copper Company ou de sa maison mère, Glencore, aux allégations du journal « Le Point », les Congolais sont en droit de se tourner vers le cabinet de leur ministre des Mines en vue d’avoir un éclairage suffisant au sujet des chiffres scandaleux en circulation. Lorsque nos compatriotes apprennent que l’exploitation du cuivre, du cobalt et du zinc permette à Glencore d’aligner un chiffre d’affaires de 240 milliards de dollars par an, soit 30 fois le budget annuel de la République, il se pose mille et une questions sur leur état d’extrême pauvreté dans un paradis minier.

L’on se demande si la commercialisation du cuivre, du cobalt et du zinc peut rapporter à un opérateur économique privé plusieurs centaines de milliards de dollars en l’espace d’une année. Le cabinet des Mines devrait se sentir interpellé et réagir promptement aux chiffres en circulation libre. Car son mutisme risque de faire croire au commun de Congolais que les minerais congolais en général et le cuivre en particulier seraient l’objet d’un pillage criminel.

Parmi les éléments de réponse impatiemment attendus par l’opinion nationale, il y a ceux relatifs à la nature du contrat conclu entre le gouvernement et Kamoto Copper Company. Il serait utile d’attester que les dispositions du Code Minier sont scrupuleusement respectées. Il serait également bon que la mémoire de tous soit rafraichie au sujet des avantages que ce texte reconnaît aux opérateurs miniers privés et des obligations qu’ils sont appelés à remplir.

En raison de l’énormité des recettes minières annoncées en faveur de Glencor, l’on ne peut résister à la tentation de savoir si pareille situation peut se produire sur pied du Code minier.

L’on pense que le Parquet Général de la République devrait se saisir des informations livrées par « Le Point » et ouvrir une information judiciaire. La question de fond qui appelle une réponse pressante est celle de savoir si le cuivre, le cobalt, le zinc congolais ne seraient pas entre les mains d’une maffia organisée. Si tel est le cas, qui serait au cœur de cette entreprise criminelle ?

S’il est établi que la RDC perd réellement chaque année des centaines de milliards de dollars à cause des montages maffieux organisés autour de ses minerais, cela devrait appeler une dénonciation vigoureuse, un démantèlement sans appel des réseaux maffieux et des poursuites judiciaires contre les « initiés », Congolais comme expatriés.

Par contre, si la République n’est pas roulée dans la farine, nos compatriotes aimeraient savoir pourquoi nos minerais ne nous rapportent pas des milliards à même de faire multiplier le budget national par dix, vingt ou trente, de manière à faire du pays, sans transition et dans l’immédiat, une puissance économique et industrielle. Même si cela n’est pas vrai, le chiffre de 240 milliards de dollars balancé à la figure des Congolais leur est tombé comme un coup de massue. Forcément, une telle cagnotte pousse à penser qu’il y aurait moyen, en interne, sinon d’engranger autant, au moins de réaliser, grâce aux mines, des milliards de dollars susceptibles de sortir le pays du carcan du sous-développement. En tout cas, la voie de la création des richesses destinées à faire du Congolais un citoyen respectable et respecté à travers la planète, parait largement tracée.

            Ces révélations appellent un nouveau débat national sur nos bijoux de famille, à l’instar de celui engagé à l’Assemblée Nationale en 2009, à l’annonce des contrats miniers conclus entre la République Démocratique du Congo et des entreprises minières chinoises. Nos Congolais veulent être rassurés que leurs ressources naturelles ne sont pas bradées à la hauteur indiquée par « Le Point ».

                                                                                        Kimp

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