Pick-pockets et «kuluna» prennent en otage les places publiques de Kinshasa

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En ce mois de juin 2013, les plaintes fusent de partout. Les arrêts de bus les plus fréquentés, les marchés et les ports publics bondés de monde et les places marchandes attirant beaucoup des consommateurs, sont actuellement envahis par des groupes des pick-pockets qui y opèrent en toute impunité. Il en est de même de certains tronçons de grandes artères. Le jour comme la nuit, les coins et recoins coupe-gorges ne se comptent plus. Aussi bien les piétons que les automobilistes ou les passagers embarqués, personne n’échappe à ce fléau de grandes villes qui fait chaque jour, des centaines et des centaines de victimes. Rassurés de la passivité, sinon de la complicité des policiers assurant la garde de certains lieux voisins, les  malfaiteurs ne craignent plus une intervention de certains témoins gênants pour eux. Pour une tentative de vol dénoncé à temps, ils ne manquent pas de menacer et même d’agresser tous ceux qui ont fait capoter le coup. C’est cela qui révolte plus d’un dans la ville de Kinshasa que l’on surnomme à tort ou à raison «  la ville des kuluna et des shegués », parce qu’ils opèrent au vu et su de tout le monde et des forces de l’ordre, sans être inquiétés le moins du monde.

Des coins où il est déconseillé de menacer ou de résister aux 

pick-pockets

Boulevard du 30 juin, entre l’immeuble de la banque BIAC et le building de Tabacongo, et entre la Grand’poste et le building Nogueira. De rond-point Forescom à l’immeuble abritant l’Ambassade du Japon, sur l’avenue colonel Lukusa. Au croisement de l’avenue de l’Equateur avec le boulevard du 30 juin, à côté de Planète J et derrière l’Alimentation Express. Tout ce secteur ainsi délimité est devenu un véritable fief des pick-pockets. Et bien que hautement sécurisé, la Place commerciale Kitambo Magasins abrite un nombre impressionnant des groupuscules spécialistes de larcins. Malgré la présence quasi permanente des éléments aussi bien de la Police de circulation routière que de la territoriale, ainsi que des militaires en tenue regagnant leurs domiciles après le service à l’état-major général et au ministère de la Défense, ou se rendant au Camp Tshatshi ou au camp Luano, des petits voleurs solitaires se complaisent à détrousser les chauffeurs de taxis ou de mini-bus ou leurs clients. Le rond-point Victoire est la plaque tournante de larcins où les vols des téléphones et des sacs à main sont monnaie courante, en dépit de la proximité du commissariat de Kalamu et l’état-major du District de la Funa. Au rond-point Ngaba, à certaines heures de pointe, le vol est la règle. On y arrache le téléphone sans le moindre gêne. D’ailleurs quand le malfaiteur emporte l’appareil cellulaire, il se donne le culot de prévenir de ne pas le poursuivre, si elles ne souhaitent pas connaître le pire. Sous ses apparences innocentes d’un coin touristique, la place Super Lemba entretient des bandes des malfaiteurs qui ne s’en prennent qu’aux passagers se bousculant pour embarquer dans des mini-bus. Au Terminus de Lemba, l’insécurité y est grandissante avec le voisinage du marché où, après les vols dans le quartier, la nuit, les étalages et les tables se transforment en repaires des malfaiteurs et lieu de partage de butin.

Pont Matete, place quartier 1 à Ndjili, arrêt Bitabe, place Victoire et le terminus Kingasani ya suka, sont des endroits peu sûrs pour les piétons qui attendent un moyen de transport. Au loin, les petits voleurs surveillent faits et gestes, mais aussi les poches garnies et les colis. A la moindre distraction ou légère bousculade, le téléphone et les porte-monnaies sont emportés.

Autant des faits et des lieux localisés qui montrent qu’il y a un relâchement dans les missions de la police territoriale, relâchement qui donne des ailes aux pick-pockets assurés d’une certaine impunité. Il y a lieu que la police se ressaisisse pour que ces malfaiteurs soient mis hors d’état de nuire et que la population puisse pousser un ouf de soulagement. On rase les marchés-pirates, qu’on n’oublie pas aussi le nettoyage de ces lieux par l’éradication des vols de toutes sortes.

J.R.T.  

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