Phénomène « Ujana » : la descente aux enfers de la société congolaise

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Ce phénomène qui fait rage actuellement dans les grandes villes, doit avoir atteint les autres villes et localités de la République et probablement les Etats voisins par le jeu de contagion, surtout en cette période de la magie de la cathode.

Jusque-là, le phénomène faisait rage en coulisses mais pas avec la même ampleur comme à ce jour. La prostitution est réputée vieille comme l’humanité et la Bible s’y est intéressée avec l’histoire de Sodome et Gomorrhe pour stigmatiser ce fléau qui a provoqué des
épidémies à travers la planète Terre depuis les temps immémoriaux.

Il s’agit en clair d’une question de la dépravation des mœurs qui
prend de plus en plus corps par ces temps dans notre pays, apportant
la preuve de la déchéance de la Nation. En un mot comme en cent, le
Congo donne l’image d’un pays qui a perdu ses repères et ses valeurs
morales.
Lors de ses meetings populaires inoubliables, Feu Mobutu Sese avait
l’habitude de s’exclamer par ce dicton : « otumboli ba Mamans,
Otumboli Mobutu ». Il ne cessait de répéter à l’envie qu’éduquer une
femme c’est éduquer toute la nation. Un slogan à caractère politique
mais qui fait partie des mœurs africaines car pour insister sur le
rôle ô combien inévitable, vital et louable de la femme dans la
société congolaise. La femme a toujours été considérée comme le socle
de la famille.  D’ailleurs, dans la majorité des coutumes ancestrales
en RDC, le nom du clan remonte à celui de l’ancêtre féminin.
Certes, le phénomène de pédophilie est vieux comme le monde, mais il
est réprimé sévèrement sur le plan pénal à travers tous les pays du
monde. Il a existé au Congo sans avoir pris les allures du moment.
Cependant, faut-il le souligner, la destruction de la jeune fille
menace le mariage et surtout l’avenir de la jeune fille. Le Congo est
en train de payer le prix le plus lourd avec la recrudescence des
viols massifs dans les territoires de l’Est depuis l’arrivée massive
des mouvements politico-militaires provenant du Rwanda, de l’Ouganda
et du Burundi.
L’absence de l’Etat
Ce phénomène relance lé problématique de l’absence de l’Etat, thème
qui a fait les choux gras du sermon prononcé dans l’enceinte de la
Cathédrale du Centenaire à Lingwala le 17 Janvier dernier par le
Pasteur Ekofo en ce jour de l’anniversaire de l’assassinat de L.D.
Kabila. Pire, en présence fort remarquable des principaux dignitaires
du régime au pouvoir.  De même, signale-t-on, l’inexistence de
l’autorité de l’Etat renvoie aussi  à l’image des « médiocres »
dénoncés par le Cardinal Monsengwo.
Cette problématique des viols  rappelle les empoignades verbales
vécues dans la salle des réunions de la CENCO pendant les séances des
négociations politiques devant aboutir à l’Accord de la Saint
Sylvestre. Entre les deux camps protagonistes pour la mise en place,
essentiellement au sujet de la peine de prison infligée à l’infortuné
Eugène Diomi Ndongala accusé de viol sur mineure.

La prostitution de la jeune fille à la dent dure
L’opinion garde encore en mémoire une panoplie des qualificatifs peu
élogieux de ce phénomène de la dépravation des mœurs en RDC. Il y a eu
le système de « chic…..choc…chèque ». Qui a produit des ravages
particulièrement  dans les milieux universitaires où persiste encore
les fameux « points sexuellement transmissibles ». La musique
congolaise n’est pas en reste. Des chansons célèbres ont dénoncé le
système de « Kudia nsunsu….kudia maki » reprenant des expressions
populaires utilisées par certains comédiens dans des pièces théâtrales
sur les écrans des chaines des télévisions nationales et privées.
L’expression « Etutana yango na yango » citée abondamment  dans ce
cadre de la campagne contre la dépravation des mœurs au sein de la
société congolaise. C’est toujours dans la musique que l’on retrouve
des expressions populaires dénonçant la dépravation des mœurs. On a
ainsi le slogan « Sima ekoli » et enfin la formule du « deuxième
bureau », entendez la deuxième épouse, une réalité congolaise mais que
le Code de la Famille n’a jamais reconnu à la suite des campagnes de
rejet menées avec force et brio par les églises chrétiennes sous la
conduite de feu le Cardinal Joseph-Albert Malula. Cependant, sous la
conduite des dignitaires du régime du MPR-Parti Etat, le législateur a
fondé les prescrit du Code de la Famille où les enfants des lits
différents bénéficient des mêmes droits et devoirs que ceux du premier
lit. Tenant ainsi compte de la réalité quotidienne.
F.M.

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