Pétitions, motions, interpellations, questions orales et écrites…

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bradées : grande comédie au Palais du Peuple
On aura tout vu au Palais du Peuple, siège du Parlement de la
République Démocratique du Congo : motions de défiance monnayées ;
pétitions retirées en catimini ; signatures des députés reniées
publiquement ; interpellations faites sur commande ; votes mécaniques
achetés par leurs bénéficiaires ; etc. Les deux dernières pièces de
théâtre en date concernent le retrait cavalier, par le député Germain
Kambinga, de la motion de défiance ficelée contre le ministre des
Mines, et le renoncement, non moins cavalier, par l’Opposition
Parlementaire, à la motion de défiance articulée contre le président
de l’Assemblée Nationale.
L’opinion tant nationale qu’internationale est scandalisée d’assister
à la multiplication d’actes indélicats qui n’honorent pas du tout les
représentants du peuple congolais qui siègent à l’hémicycle de
Lingwala. L’organe de contrôle du gouvernement a aligné, au cours de
la session parlementaire finissante, des dérapages qui jettent un
terrible discrédit sur la démocratie congolaise. La corruption, ce
fléau national décrié régulièrement par le Chef de l’Etat dans ses
messages à la Nation, a pris des proportions inquiétantes au Palais du
peuple.
Au rythme où s’enchaînent les scandales des pots de vin, il y a lieu
de se demander si le contrôle parlementaire a encore un sens. En tout
cas, au niveau de l’homme de la rue, plus personne ne croit plus au
bien-fondé et à l’innocence des questions orales, questions écrites,
interpellations, motions et pétitions initiées par les députés
nationaux contre des membres du gouvernement. Les observateurs
extérieurs auraient pu douter des antivaleurs en circulation au Palais
du Peuple si les parlementaires eux-mêmes n’étaient pas les premiers à
dénoncer, en séances plénières ou dans les médias, leurs propres
turpitudes.
Bonjour l’impunité

Le grand péril que court désormais le pays, à travers la banalisation
du contrôle parlementaire, c’est de voir l’impunité s’incruster
davantage dans les mœurs de chez nous. En effet, l’Assemblée
Nationale, sur laquelle reposaient les espoirs des millions de
Congolaises et Congolais pour des opérations «mains propres» contre
les pilleurs présumés de la République (ministres, gestionnaires
d’entreprises publiques, hauts fonctionnaires, cadres de la
territoriale, galonnés de l’armée et de la police, opérateurs
économiques) ne rassure plus personne.
La chambre basse du Parlement est même perçue désormais comme l’une
des places fortes de la corruption, du bradage des intérêts du grand
nombre, d’arrangements entre corrupteurs et corrompus, de promotion de
l’enrichissement sans cause, de protection des pilleurs de la
République. Dans les ruelles de Kinshasa comme dans les montagnes et
vallées du Congo profond, le petit citoyen sait qu’il suffit qu’un
membre du gouvernement, un manager d’entreprise publique ou tout
individu coupable d’abus des biens sociaux et des deniers publics
glissent des enveloppes aux députés nationaux pour étouffer toute
velléité de contrôle parlementaire.
Si ceux qui devaient demander, au nom du souverain primaire, des
comptes à ceux qui gèrent la « Cité » choisissent la voie du
déshonneur, est-il encore possible de parler de bonne gouvernance, de
développement, de lutte contre la pauvreté, de maximisation des
recettes publiques, de recherche du bien-être communautaire, de
justice distributive, de chasse aux détourneurs des deniers publics ?
Qui va encore croire aux élus du peuple s’ils accusaient  l’exécutif
national du manque de transparence dans la mobilisation et la gestion
des recettes minières, douanières, fiscales, administratives,
domaniales et autres ?

Sauver ce qui peut encore l’être

A cause des mœurs peu recommandable de quelques uns, le crédit de
toute une institution est en train de s’envoler en fumée. En ce moment
où la probité morale des députés nationaux suscite le doute dans de
nombreux esprits, il faut une vive réaction de la part des élus non
encore touchés par le virus de la corruption. Certains analystes
politiques pensent que les membres de la Représentation nationale
auraient intérêt à convoquer une plénière de vérité destinée à
dénoncer et condamner publiquement toutes les brebis galeuses qui
peuplent leurs rangs.
Ce serait la seule façon de marquer une nette démarcation avec les
hommes et femmes décidés à tirer leur institution par le bas et de
tenter de redorer le blason terriblement terni.
Il est temps que les « honorables députés » se prennent réellement au
sérieux car leur dignité est sérieusement entamée.
Kimp
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Rubrique : Actualité
Pétition contre Minaku : l’opposition jette l’éponge
Après avoir boycotté la séance  plénière du lundi 10 juin, les
groupes parlementaires de l’opposition ont déposé une pétition contre
le président de l’Assemblée nationale signée par 57 députés de leur
famille politique le mardi 11 juin, à l’issue d’un entretien avec ce
dernier dans la salle des Banquets du Palais du Peuple.
Cette pétition porte à la charge d’Aubin Minaku le gel des moyens de
contrôle parlementaire initiés par l’Opposition et le blocage du
processus de la désignation de son porte-parole.
Pour se conformer au règlement intérieur, le président de l’Assemblée
nationale a accepté de céder le perchoir à son  1er vice- président
Mwando Nsimba, au cours de la séance plénière prévu hier  mercredi 12
juin  pour examiner cette pétition qui visait sa déchéance.

L’opinion attendait voir éclater  la vérité sur les dessous des
cartes des contrôles parlementaires après les révélations troublantes
du président de la chambre basse, Aubin Minaku sur la motion de
défiance initié par le député du MLC, Germain Kambinga contre le
ministre des Mines.
La pétition des députés de l’opposition contre Minaku a fait flop.
Dans une déclaration lue à la presse par leur collègue, José Makila,
les députés de l’Opposition ont décidé de retirer leur motion et de
reprendre leur place à l’hémicycle.
Makila a fait savoir que suite à l’évolution du dossier après des
entretient avec le président de l’Assemblée Nationale le mardi 11 juin
et le mercredi 12 juin,  autour des faits lui reprochés, plusieurs
malentendus ont été dissipés.
Il a souligné qu’Aubin Minaku  leur a assuré de mettre en place des
mécanismes consensuels de gestion efficaces et rationnels du contrôle
parlementaire et une convergence des vues autour du calendrier visant
la désignation du porte- parole de l’opposition.
Pour tout dire les quatre groupes de l’opposition ont finalement
déclaré sans objet leur pétition contre le speaker de l’Assemblée
Nationale.
ERIC WEMBA

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