Pétition à Kinshasa, meetings politiques à l’intérieur du pays : les opposants jouent leur rôle de contrepoids du pouvoir

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muyej_mangez_richardRichard Muyej Mangez s’est entretenu hier mardi 25 février 2014, avec les journalistes, à l’Hôtel Sultani, sur la situation sécuritaire de la RDC, en se focalisant sur les opérations «Likofi 1 et 2» à Kinshasa, et à l’Est de la RDC.

 Après une sorte de rétrospective de «Likofi 1 et 2», il a annoncé l’imminence de l’opération «kuluna 3» qui dans sa future configuration, sera précédée d’une campagne de sensibilisation, et sera totalement encadrée pour éviter cette fois, des dérapages.

 Il a distribué des mises en garde aux acteurs politiques aux discours incendiaires et injurieux à l’endroit des animateurs des institutions de la république. La presse a été alors sidérée d’entendre le ministre de l’Intérieur parler de la politique du bâton et de la carotte. Pourtant, au sortir des concertations nationales devant aboutir à la cohésion nationale, il a été recommandé aux gens du pouvoir et ceux de l’opposition de s’abstenir des attitudes et des propos qui mettraient en péril la fragile réconciliation difficilement tissée à cette occasion. On aurait bien voulu que le ministre de l’Intérieur puisse mettre de l’eau dans son vin pour apaiser les esprits, en invitant les uns et les autres à la retenue. Quand il invoque des exemples du jeu démocratique en France, en Belgique et dans d’autres pays de vieille démocratie, on ne voit pas la police mobilisée pour empêcher une campagne de collecte de signatures quand il s’agit de bloquer un projet contesté ou d’arracher une décision de l’autorité pour une revendication. On ne verra pas non plus la police disperser les meetings des opposants, ni interpeller les dirigeants de l’extrême-droite dont on sait qu’ils ont un discours populiste enflammé qui va à l’encontre de la politique gouvernementale.

 En agitant le spectre du bâton et de la carotte, l’opinion s’interroge si pour tous ceux qui sont au pouvoir, les opposants ne sont opposants que pour tisser des lauriers et adresser des louanges aux dirigeants ou leur dérouler le tapis, afin de bénéficier de quelques avantages indus ou pour partager le pouvoir dans le cadre d’un gouvernement de cohésion nationale.

Les journalistes ont demandé au ministre pourquoi alors que les opérations «Likofi 1 et 2» se déroulaient à Kinshasa, on a vu « Chaleur » et « Carlos », deux célèbres kuluna, se pavaner à travers la capitale, défiant ainsi la police. Une façon de faire voir que «Likofi 1 et 2» ne ciblaient que les menus fretins, en évitant les gros poissons.  L’évasion de Gédéon, ce redoutable chef Maï-Maï du Katanga, a intéressé les chevaliers de la plume qui ne s’expliquent pas les raisons de la lenteur des enquêtes, alors que trois officiers ayant favorisé sa fuite, sont aux arrêts. Qui l’a armé et assure ses approvisionnements en armes et munitions ? Un autre journaliste a demandé au ministre s’il a pu faire une étude sur la traçabilité des armes dont se servent les Bakata Katanga, et pourquoi il n’a pas évoqué le cas des Mbororo en Province Orientale.

Pour cette série des questions, Muyej Mangez a invité la population et les journalistes à dénoncer les Kuluna, afin d’aider la police à maîtriser ces inciviques. Cas Gédéon, il a  indiqué que les enquêtes sont en cours et s’est abstenu de faire des révélations pouvant perturber le cours normal des enquêtes.

Lors de leur reddition, les Bakata Katanga ont cité les noms de leurs commanditaires. Et Muyej Richard pense qu’il faut laisser les enquêtes aboutir pour établir les responsabilités.

Le cas de Mukunkumbila a été épinglé par les représentants des organes de presse qui notent qu’il s’est évadé avec la complicité des officiers militaires. Le ministre de l’Intérieur a promis de le traquer dans son pays d’exil et de solliciter son extradition.

Pétition à Kinshasa et meetings politiques de l’opposition à l’intérieur, les actions policières ne seraient-elles pas des intimidations, alors que des échéances électorales s’approchent. Le ministre de l’Intérieur est convaincu que l’opposition a peur des élections et n’en veut pas, multipliant des incidents et des actes de provocation. D’ailleurs, ils ne parviennent pas à s’entendre pour trouver le porte-parole de l’opposition. Avant d’affronter la majorité, a fait remarquer Muyej, ils doivent au préalable mettre de l’ordre dans leurs milieux politiques.

                                                                                                   J.R.T

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