Persistance de la flambée des prix de produits alimentaires : Noël et Bonana sombres pour les gagne-petits

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Les marchés de Kinshasa, les chambres froides et les grandes surfaces sont marqués ces temps derniers, par une effervescence particulière : l’affluence des visiteurs et la flambée des prix. Cette augmentation des prix va du simple au double et même un peu plus, en l’espace de trois mois, pour les produits suivants : chinchards, riz, cossettes de manioc ou grains de maïs, farine de froment et viande congelée, pour ne citer que ceux-là.

 Un seul constat se dégage. A la veille des fêtes, comme il faudrait le signaler, c’est la prospection des marchés qui fait courir les Kinois à la recherche des produits écoulés sous le label « solde de fin d’année » et des vivres vendus moins cher. Cependant, avec la valse des étiquettes qui effrite le pouvoir d’achat des gagne-petits, s’ensuit la stagnation des ventes.

            Partout, c’est le concert des jérémiades des vendeurs et des grincements de dents des consommateurs. A la base de cette situation, les distributeurs et autres importateurs. Pointés du doigt accusateur, ils refusent d’expliquer pourquoi à leur niveau, les prix ne cessent de prendre l’ascenseur, alors que ce sont les anciens stocks de leurs produits qu’on écoule au compte-gouttes actuellement sur le marché.

Pour les observateurs, plusieurs explications s’entrechoquent.

            Spéculation de la période de fin d’année qui habite la plupart des affairistes, souci de renouveler les étalages sur les différents rayons, et quête des solutions au casse-tête de la pauvreté.

            Les consommateurs s’arrachent les cheveux pour nouer les deux bouts du mois, surtout au mois de décembre. Ainsi surpris chaque jour par l’augmentation successive des prix de denrées alimentaires, ils ne savent plus à quel saint se vouer. Aujourd’hui, les consommateurs ne peuvent plus s’approvisionner en sacs de riz, de semoule, de maïs et de manioc, comme au beau vieux temps de » vaches grasses ». Taraudés par la crise, ils se contentent des mesurettes, de bols ou de gobelets. Il en est de même de l’approvisionnement de chaque ménage en cartons des poulets congelés, de viande, des chinchards, des croupions et des cuisses de poulets. Tout cela relève d’un passé lointain. Aujourd’hui, on se contente des sachets d’un kilo de ces vivres frais. La crise est certainement passée par là.   

            Au Comité de politique monétaire, on note à chaque fin de l’année, une tendance haussière des prix des biens et services. Tout flambe et l’inflation suit la même tendance.

Devant les risques inflationnistes, cet organe préconise une politique prudente au gouvernement, tant sur le plan budgétaire que monétaire. Entretemps, au niveau de la Banque centrale du Congo, tous les instruments de politique monétaire sont mis à contribution pour freiner la tendance inflationniste, éponger l’excédent des liquidités en circulation et conforter les réserves de change.

L’encadrement des prix par les inspecteurs des affaires économiques attendu

            A l’époque, l’approche des festivités de fin de l’année était une occasion pour le ministère de l’Economie de lancer la campagne d’encadrement des prix sur le marché. En effet, c’est au cours de cette période que les spéculateurs font la rétention des stocks pour justifier une crise artificielle et la hausse des prix.

Faute de lancer une opération de contrôle des prix sur le marché, ce ministère a pu obtenir à l’époque, de la FEC, l’organisation des cantines populaires dans plusieurs marchés de la place, et à la Fikin. Ces cantines permettaient ainsi aux gagne-petits de s’approvisionner à moindre coût pour pouvoir mieux passer les fêtes de fin de l’année.

            Aujourd’hui, ce partenariat a volé en éclats depuis que le ministre et ses services ont décidé d’imposer aux distributeurs, la vérité des prix. C’est-à-dire la transparence dans leur structure des prix. Au nom de cette politique, le ministre de l’Economie et ses différents services veulent savoir comment les opérateurs économiques s’approvisionnent auprès de leurs différents fournisseurs. Qui pratique quel prix et pour quel produit alimentaire et pourquoi ?

            Un autre constat malheureux,est que les plus grandes places marchandes sont envahies par des bandes des voleurs à la tire, des pick-pochets. On les voit particulièrement dans les principaux marchés urbains, le marché central, sur l’avenue du Commerce, le boulevard du 30 Juin, colonel Lukusa et des Aviateurs et au Rond-point Forescom. Ils ont là depuis 9 heures jusque 18 heures et même au-delà de minuit, en quête des occasions pour voler.

            L’Hôtel de ville de Kinshasa devrait renforcer les mesures de sécurité pour éloigner du centre-ville, les risques de vol et d’agressions. Les Shegués ne ratent pas ce genre des occasions pour déverrouiller des véhicules garés devant des magasins et des banques.

 Pas d’avenues décorées comme les années précédentes
 
Cette année, à l’approche des fêtes de fin de l’année, c’est la morosité qui se lit partout. La plupart des agents de l’Etat n’ont pas encore été payés. Il en est de même pour les travailleurs de certaines entreprises publiques qui continuent à accumuler de nombreux retards des arriérés de salaires.

            Pas de sapins chez les ouvriers à revenus modestes, pas d’approvisionnement particulier. C’est l’inquiétude face à l’incertitude du lendemain. Les carillons de Noël ne vont pas sonner, ni les appartements ne seront pas décorés en guirlandes dorés. Si son assiette sera pauvre en menu, sans rafraîchissement, pas d’habits de fête, c’est la morosité dans certains ménages.

            Il faudrait alors des acrobaties pour le chef de famille pour garnir sa table à manger, les jours de fête, et des tours de passe-passe pour les ménagères, afin de remplir leurs paniers.

            Dans certaines entreprises, c’est l’attente des colis de fin de l’année ou d’une gratification qui fait déjà rêver de nombreux travailleurs. Le patronat doit grignoter dans les bénéfices, quelques fonds pour couvrir ces charges d’exploitation.

 

J.R.T. 

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