Pénurie et mauvaise qualité de l’eau potable : l’ADG de la Regideso accuse l’Etat congolais

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Le vendredi 27 mars 2015 au Palais du Peuple, l’Administrateur Délégué Général de la REGIDESO, Jaques Mukalay, a répondu aux préoccupations soulevées par les députés lors du débat sur la question orale lui adressée par le député de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise), Crispin Mbindule, au cours de la plénière du mercredi 25 mars 2015.

Dans sa réplique, il a fait état de la lourde créance que l’Etat congolais doit au titre de consommation d’eau que produit sa société. Le patron de la REGIDESO a révélé que la dette de l’Etat congolais représente 25% du chiffre d’affaires de son entreprise, soit 70.064.242.298 FC ou l’équivalent de 26 mois de consommation non payés.

Il a souligné que pour l’exercice en cours 2015, le crédit pour la charge d’eau voté par l’Assemblée nationale se chiffre à 36.229.833.000FC. A ce jour, soutient Jacques Mukalay, aucun paiement n’est enregistré, malgré ses multiples correspondances et contacts avec les ministères du Budget et des Finances, ainsi que l’engagement du gouvernement pris à travers le contrat de performance et les correspondances particulières.

L’ADG de la REGIDESO a signalé qu’à ces impayés de l’Etat à charge du trésor public national s’ajoutent ceux détenus par les assimilés de l’Etat, à savoir certains services publics et entités territoriales décentralisées qui s’élèvent au 31 décembre 2014, respectivement à l’équivalent de 24 et 6 millions de dollars américains.

«Nous ne nous voilons pas la face en disant que si l’Etat ne paie pas ses factures d’eau, ne libère pas le tarif, l’issue de la crise financière que traverse la REGIDESO sera incertaine, ce qui est par ailleurs confirmé par beaucoup d’études de la Banque Mondiale », a-t-il alerté.

Concernant la pénurie et la mauvaise qualité de l’eau, Jacques Mukalay a indiqué qu’à ce jour, la REGIDESO compte 5.583 bornes fontaines disséminées à travers ses 97 centres d’exploitation. Tout en reconnaissant que la borne fontaine est érigée dans la zone péri-urbaine pour résoudre le problème d’accès durable à l’eau potable de la population à faible pouvoir d’achat, il a relevé qu’à cause des problèmes énergétiques, du faible taux de recouvrement des créances et de la nécessité d’obtenir l’autonomie financière des centres aux fins de la performance de l’eau, son entreprise a opté pour le système de distribution par borne fontaine. Il a toutefois assuré que c‘est une situation provisoire, qui est appelée à évoluer dès que les problèmes énergétiques seront résolus.

Jacques Mukalay  a fait remarquer que les disfonctionnements liés à l’irrégularité dans la fourniture en énergie électrique, à l’insuffisance de gasoil nécessaire pour assurer l’autoproduction de l’énergie thermique, aux pannes des équipements électromécaniques ou, très rarement, aux menaces de rupture des stocks des produits chimiques de traitement de l’eau, perturbent souvent la distribution de l’eau.

Abordant le point relatif à l’amélioration de la desserte et de la fourniture en eau potable, l’ADG de la REGIDESO a rappelé qu’en 2011, le gouvernement de la République avait pris la résolution d’améliorer le taux de desserte urbaine pour passer de 40% à l’horizon de 2011 à 51 % à l’horizon 2016, moyennant une mobilisation de 2 milliards de dollars américains.

A ce jour, le financement mobilisé est de 600 millions de dollars américains, soit 30% en apport extérieur et 16 % en apport interne sur BI (soit seulement 2,5 milliards de francs congolais sur 16 milliards de francs congolais prévus pour la période de 2010 à 2016).

Pour le précité, ce montant mobilisé ne permet pas actuellement d’atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2016.

Ultimatum de 15 à l’Adg de la Regideso

Non satisfait des réponses du numéro 1 de la REGIDESO, l’auteur de la question orale, le député Crispin Mindule, a donné un délai de 15 jours à ce dernier pour améliorer la fourniture en eau potable,  faute de quoi  il usera d’autres moyens de contrôle parlementaire, certainement l’interpellation ou la motion de défiance.

Il a exigé la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour palper du doigt les réalités de la gestion de la REGIDESO. Enfin, ce député de l’UNC a dénoncé l’imposition par la Banque Mondiale des cadres sénégalais à la REGIDESO, alors que le pays ne manque pas d’expertise.

ERIC WEMBA