Le pavé des ministres de Tshibala : le projet de loi électorale adopté à l’Assemblée nationale serait un faux

0
500
Bruno Tshibala, le 17/03/2017 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Bruno Tshibala, le 17/03/2017 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Adopté aux petites heures de lundi 4 décembre de la matinée, pendant que  nombre de leurs collègues députés nationaux dormaient paisiblement chez eux, mains et poings liés, le projet de révision de la loi électorale par l’Assemblée nationale continue de soulever des
vagues d’indignation dans le microcosme politique congolais. Hier, des personnalités politiques et de la Société civile dans ses structures spécialisées ont donné de la voix, dénonçant le caractère discriminatoire et liberticide de ce projet de loi électorale dont la
mise en œuvre conduirait irrémédiablement la plupart des partis politiques à la disparition, et signerait l’arrêt de mort des leaders de petites formations politiques dites « de mallettes » et autres candidats indépendants.

Aujourd’hui révoltés, des ministres issus de l’Opposition, membres du
gouvernement Tshibala, sont montés pour leur part au créneau pour
fustiger le caractère faux de la copie adoptée par l’Assemblée
nationale, qui, selon des indiscrétions des uns et des autres, ne
serait pas la copie originale discutée au Conseil des ministres et que
le Premier ministre Tshibala avait déposée au bureau de la chambre
basse. Ces révélations faites par bon nombre de ces ministres,
dévoilent au grand jour, des manœuvres de fraude d’Etat dont les
auteurs se dissimuleraient dans la chaîne de distribution des
courriers officiels. Et qui seraient animés de l’intention de saborder
le bon fonctionnement des institutions républicaines, en semant la
confusion dans les esprits et en suscitant la méfiance généralisée
dans les milieux politiques.
Comment comprendre qu’au moment où la crise politique en RDC, prend
de plus en plus des proportions alarmantes à l’approche de la fin de
petite transition consensuelle convenue entre l’Opposition et la
Majorité présidentielle sous l’égide de la CENCO, dans le cadre de
l’Accord de la Saint Sylvestre, l’Assemblée nationale soit « piégée »
avec un texte différent de celui largement discuté dernièrement en
Conseil des ministres ? Pourquoi en veut-on aux micro partis
politiques, et aux candidats indépendants ? Pourquoi avec cette
affaire de «  seuil », on veut dresser les petites formations
politiques contre les institutions et provoquer des manifestations de
rue ?
On signale que ces questions de brûlante actualité ont figuré au menu
de l’entretien qu’une délégation des ministres Tshibala conduite par
le ministre d’Etat en charge des Transports et Voies de
communications, José Makila Sumanda, a eu le mardi 5 décembre2017,
avec le président du Conseil national de suivi de l’Accord du 31
décembre, Joseph Olenghankoy, et dont la primeur a été réservée au
chef de l’Etat.
Dans les couloirs de cet organe d’appui à la démocratie, on laisse
toutefois entendre qu’à la lumière de toutes les plaintes qui ne
cessent de s’entasser sur la table de Joseph Olenghankoy, l’on devrait
faire non seulement toute la lumière sur cette ténébreuse affaire de
fraude d’Etat, mais exige une enquête parlementaires pour  retracer
l’itinéraire de ce courrier ultra-sensible, pour localiser le maillon
faible qui a favorisé le dysfonctionnement de la chaîne de
transmission des courriers officiels, afin de démasquer les auteurs de
l’introduction d’une fausse copie. Une fois identifiés, ces derniers
quels que soient les niveaux de leurs responsabilités, devraient faire
l’objet des poursuites judiciaires en règle.
Car, l’opinion nationale scandalisée, et les milieux de la diaspora
congolaise indignée, tout comme les partenaires de la RDC qui
accompagnent le processus électoral de notre pays, voudraient
connaître toute la vérité, avant que soit réparé le dysfonctionnement
des services administratifs de l’Etat qui menace de jeter le feu aux
poudres. Et si par malheur, cette loi adoptée nuitamment, était
promulguée dans son format douteux, elle installerait un grand malaise
au sein de l’opinion nationale.

J.R.T.