Le pavé de l’AETA : les élections possibles dans six mois

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IMG_3603Dans sa déclaration rendue publique lundi 18 juillet 2016, à son siège de la commune de Limete, l’AETA (Agir pour les élections transparentes et apaisées), une plate-forme des ONG de la société civile, est formelle : «A six mois du délai constitutionnel, il est encore possible de réussir la tenue de l’élection présidentielle dans le respect du délai imposé par la constitution, pourvu que des appuis conséquents sur le plan financier, logistique et technique soient
apportés aussi bien par le gouvernement que par la communauté internationale».

Pour y arriver, il faudra mettre sur pied une procédure d’urgence, simplifiée, souple et pratique comme par le passé, soit en 1960, où les élections avaient été organisées peu avant l’adoption de la loi électorale. Cela suppose notamment : l’utilisation du fichier électoral fiabilisé existant ; la mise sur pied des mécanismes souples et simplifiés au niveau de l’administration territoriale locale pour l’enregistrement rapide des nouveaux majeurs ; la création au sein des consulats de la RD Congo, des cellules d’enregistrement des Congolais vivant à l’étranger à l’appui technique efficace pour la reconstitution du fichier électoral fiable et crédible ; l’engagement concret de la communauté internationale en faveur d’un appui logistique approprié, ainsi que la disposition des moyens financiers
requis en temps réel.

Quelques recommandations pertinentes

De ce qui précède, les experts de la société civile membres et non-membres de l’AETA recommandent au président de la République d’user de tous ses pouvoirs pour la tenue, dans le délai constitutionnel, de l’élection présidentielle qui devra consacrer l’alternance démocratique pacifique en RDC.

Au gouvernement de la République, ils conseillent, d’abord, de respecter le plan de financement des élections validé en décembre 2015, en allouant à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) la totalité des crédits arrêtés, soit 300.000.000 de dollars américains, pour organiser l’élection présidentielle d’ici décembre 2016. Ensuite, de redéfinir le plan de décaissement arrêté depuis décembre 2015, considérant que l’élection du Président de la République doit être organisée de façon prioritaire et de lui consacrer des moyens requis et en temps opportun.

Par ailleurs, les experts de la société civile membres et non-membres de l’AETA demandent au Parlement de rendre disponible, dans les meilleurs délais, la loi électorale en attente de la révision, et d’exercer ses prérogatives contitutionnelles pour le suivi-contrôle du financement de la CENI et de la gouvernance budgétaire de celle-ci.

A la Commission électorale Nationale Indépendante, il est demandé de publier en toute indépendance et dans le respect de la Constitution un calendrier électoral d’exception pour l’élection présidentielle. De même, aux partis politiques d’adhérer rationnellement à la volonté de recréer le consensus politique à travers le dialogue national basé sur le respect de la Constitution.

Enfin, l’AETA exhorte la population congolaise à se mobiliser
fortement pour le respect de la Constitution et l’atteinte de
l’objectif majeur de l’alternance démocratique au 20 décembre 2016.
La plate-forme appelle également la population congolaise à adhérer au
projet de la prise en charge des élections par la mobilisation locale
des fonds requis, face au déficit budgétairet celle-ci fait face.
Michel LUKA