Passeports biométrioques : le Kasaï Oriental frappé !

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La joie des compatriotes du Kasaï Oriental n’aura été que de courte durée. En effet, quelques semaines seulement après son implantation et sa mise en service à Mbuji-Mayi, le centre de capture de photos pour la délivrance des passeports biométriques vient d’être fermé. La mesure, à en croire le chef de cette antenne citée par Radiookapi.net, est signée Alexis Thambwe Mwamba, ministre des Affaires Etrangères, qui a par la même occasion  décidé le rapatriement illico du matériel à Kinshasa.
 
            Les raisons de la fermeture du centre de capture de photos pour la délivrance des passeports biométriques au chef-lieu du Kasaï Oriental ne sont pas expliquées. Mais, des sources locales pensent au coût élevé du loyer du bâtiment où était logé ce service, au manque de courant électrique et au paiement irrégulier des primes de son personnel.
         Au nombre des victimes de la décision du ministre des Affaires Etrangères, on cite en premier lieu de la DGRAD (Direction Générale des Recettes Administratives, Domaniales et de Participation). En second lieu, il y a des centaines de milliers de Congolais résidant à Mbuji-Mayi ainsi que dans les districts et territoires du Kasaï Oriental, qui étaient soulagés de la corvée de venir chercher les passeports biométriques à Kinshasa.
         Pour un document dont le coût – frais visibles et invisibles- tournait autour de 150 à 200 dollars Usd, le Kasaïen de Mbuji-Mayi, de Kabeya Kamwanga, de Mwene Ditu, de Kabinda ou de Ngandajika, était contraint de débourser jusqu’à 1000 dollars Usd pour ses billets d’avion et ses frais de séjour dans la capitale. Depuis le dernier week-end, le rêve d’acquérir un passeport biométrique à moindre coût et en un temps record s’est brisé. C’est la grande désolation du côté du gouvernorat de la province du Kasaï Oriental, où on s’était battu bec et ongles pour favoriser une administration de proximité dans la délivrance du passeport biométrique. Une source proche du gouverneur Ngoyi Kasanji indique que celui s’activait déjà pour résoudre les problèmes de loyer, d’électricité et de la motivation des fonctionnaires.
 
Congolais de l’étranger : le brouillard 
On apprend que la rupture de stock des passeports biométriques signalée dans les chancelleries congolaises depuis l’année dernière persiste. En conséquence, de nombreux Congolais de la diaspora vivent comme des animaux en cage dans leurs pays d’accueil, car incapables de voyager pour l’étranger.
         En désespoir de cause, certains finissent par solliciter des sauf-conduits pour leur pays d’origine, entendez la RDC, où ils acceptent de venir passer deux à trois à Kinshasa, afin de se faire délivrer un passeport biométrique. Temps, argent, énergie et parfois emploi ou études sont ainsi sacrifiés pour parcourir plus de 8.000 Km dans l’unique but d’acquérir un document d’identité que, dans certains Etats, des citoyens se font remettre à partir de l’administration de leur commune de résidence.
         La mystification du passeport, que l’on croyait enterrée avec la rétrocession des opérations de délivrance au ministère des Affaires Etrangères, après un intermède mouvementé à la DGM, semble avoir la peau dure. Les Congolais de l’étranger sont les plus malheureux car leur statut de Congolais ne repose, pour des millions d’entrée eux, que sur un écran de fumée : ils n’ont ni carte d’électeur, ni carte d’identité, ni passeport pour attester de leur appartenance à la grande famille des citoyens de la RDC. Au fil du temps, Kinshasa est en train de fabriquer des millions d’apatrides. Jusques à quand ?    
 
Kimp.
  

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