Partis politiques : le temps des reniements

0
39

Comme au Bas-Congo, en Province Orientale et au Kasaï Occidental, la course au gouvernorat de l’Equateur vient de confirmer la mauvaise cote dont sont crédités désormais les partis et regroupements politiques au niveau tant de grands que de petits électeurs. Sur 25 candidats gouverneurs et autant de candidats vice-gouverneurs, seuls Louis Koyagialo et son colistier ont pris le risque de s’afficher sous le label de la Majorité Présidentielle (MP). Les quarante-huit autres compétiteurs ont choisi de se présenter en indépendants.

         Il s’agit là d’un grave camouflet aux formations politiques congolaises, dont les leaders prétendent disposer de « bases » solides à Kinshasa comme en provinces. Si l’assise populaire des uns et des autres ne posait pas problème, on n’en serait pas aujourd’hui à la prédominance des listes truffées de candidats indépendants pour l’accès aux postes politiques soumis à la sanction des électeurs.

         Le temps des reniements a véritablement sonné aussi bien pour les partis membres de la Majorité Présidentielle (PPRD, MSR, Palu, ARC…) que pour ceux de l’Opposition ( MLC, UNC, PDSC, Udemo…). La peur de l’échec est tellement forte que même des présidents des partis et regroupements politiques préfèrent se débarrasser de l’encombrant emblème de leur « maisons-mères » l’espace d’une élection. Le phénomène de faux « indépendants » est apparu depuis les présidentielles et législatives de 2011. Pourtant, en 2006, tous ceux qui voulaient s’aligner pour la présidentielle, les législatives nationales et provinciales, les sénatoriales et les gouvernorats de provinces prenaient la précaution d’obtenir le quitus de leurs partis ou regroupements politiques, faute de quoi ils allaient droit à la catastrophe. Il y a sept ans, il n’y avait point de salut en dehors d’un parrainage politique fort.

         Aujourd’hui, c’est tout le contraire. Les grands comme les petits électeurs sont tellement déçus par les promesses des formations et plateformes politiques qu’il est devenu risquant de s’afficher PPRD, MSR, ARC, MLC, UNC, PDSC ou Udemo, au risque de payer, dans les urnes, les pots cassés par tous qui ceux qui ont encore de nombreux comptes à rendre à l’électorat.

         Si les partis et regroupements politiques tenaient réellement à leur image, ils devraient logiquement sanctionner leurs membres qui refusent de dévoiler leur appartenance politique au moment de solliciter les suffrages des électeurs dans les compétitions électorales. Il serait toutefois honnête de reconnaître que le MLC (Mouvement de Libération du Congo) a tout de même réagi contre l’initiative d’un de ses cadres qui s’est présenté comme candidat gouverneur de l’Equateur, sans son aval, avec la casquette d’indépendant.

         C’est le lieu de suggérer aux grands comme aux petits électeurs d’exiger des explications à tous ceux qui ont pris l’habitude de se placer sous le parapluie d’indépendant. Cela ressemble à une escroquerie politique car ils font une concurrence déloyale aux personnalités politiques réellement indépendantes.

Kimp

LEAVE A REPLY

*