Participation politique des femmes: Les Congolaises prêtes pour Yaoundé

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En marge de la 1ère conférence mondiale sur la participation politique des femmes (CMPPF) prévue du 6 au 9 octobre prochains à Yaoundé, capitale de la République du Cameroun, les femmes politiques et activistes des organisations féminines congolaises ont adopté hier un cahier des charges à présenter à ces assises. En effet, au cours d’une réunion organisée dans la salle de conférences de la paroisse Notre-dame de Fatima, les membres de la Ligue des femmes congolaises pour les élections (LIFCE) ont, après un débat houleux, amendé puis validé ce précieux document contenant les stratégies pour accroître leur participation politique.

 

            En substance, le cahier de charges présente, tout d’abord, les causes et les conséquences de la faible participation politique des femmes. Parmi les causes liées à la femme elle-même, elles relèvent la peur d’affronter le risque, l’ignorance, le manque de confiance de soi, le manque de vision claire, le manque d’information, le désintéressement, la honte de s’afficher en public, le complexe, etc.

            Au chapitre des causes socioculturelles et économiques, les participantes ont pointé un déficit d’éducation, les préjugés socioculturels, le harcèlement sexuel, la déperdition scolaire, les us et coutumes rétrogrades, l’orgueil masculin, etc, tandis que les causes politiques sont la mauvaise perception sociale de la vie politique, la faible capacité de communication, le faible engagement des femmes dans les partis politiques, le manque d’échange et d’expériences entre les femmes politiques congolaises, etc. Enfin, comme causes juridiques, elles affirment que la persistance de certaines dispositions des lois nationales discriminatoires à l’égard de la femme fait obstacle à leur épanouissement. Il s’agit notamment du code de la famille, du code du travail, de la loi électorale en son article 13, etc.

            Face à ces entraves, les conséquences sont tout aussi multiples. Il s’agit, entre autres, de l’absence des cadres politiques féminins, de la marginalisation de la femme, de la faible représentation qualitative et quantitative des femmes aux instances de prise de décisions, la défaillance de la justice distributive, le très faible leadership féminin, la déperdition de la ressource humaine que constituent les femmes, etc.

 

 Accroître la participation politique de la femme 

                        Afin d’accroître la visibilité de la femme dans l’univers politique, plusieurs stratégies ont été concoctées. A titre d’exemples, elles préconisent de faire du ministère du Genre, un socle d’émergence de la femme, de créer des mécanismes pour augmenter le pouvoir économique et financier de la femme, de susciter les ambitions des femmes à se présenter massivement comme candidates aux élections à tous les niveaux, de sensibiliser les femmes à voter pour les femmes, de les inciter à adhérer massivement dans les partis politiques, de créer des fonds de soutien aux actions politiques de la femme, de vulgariser largement tous les instruments juridiques nationaux, régionaux, internationaux relatifs au droit de la femme ratifiés par notre pays, de poursuivre l’élaboration de la loi de mise en œuvre de la parité homme femme( de l’adoption, à la promulgation jusqu’à son application), etc.

            En guise de conclusion, la coordinatrice de LIFCE, la sénatrice Eve Bazaiba, a rappelé à ses congénères que la participation politique des femmes est un défi majeur dans la quête pour l’égalité des sexes. Car « une femme en politique, la politique la change, mais plusieurs femmes en politique, elles changent la politique pour l’intérêt général ».

 

Tshieke Bukasa

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