PARRSA : des réalisations satisfaisantes avec 120 millions USD de la BM

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181Avec une production agricole en baisse de 40 % depuis 1990, avec plus de 6 millions de personnes qui souffrent gravement de l’insécurité alimentaire, la malnutrition touchant 43 % d’enfants de moins de cinq ans et l’indice de production alimentaire de la FAO de 2012 situé à 117, inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne qui était de 129, le secteur agricole congolais agonisait en dépit de potentialités immenses dont regorge la RDC. Notamment 80 millions d’hectares exploités très faiblement, soit moins de 10 % de terres arables mises en valeur.

Dans le souci de permettre au gouvernement congolais de relancer ce secteur, la Banque mondiale s’est engagée à hauteur de 455 millions de dollars répartis de la manière suivante : Le Projet d’Appui à la Réhabilitation et  à la Relance du Secteur Agricole (PARSSA), au Nord de la RDC, 2010 – 2017, avec 120 millions de dollars, auxquels va
s’ajouter prochainement un financement additionnel d’environ 50 millions de dollars. Le Projet de Développement de Pôles de croissance (PDPC) à l’Ouest, 2013 – 2019, avec 110 millions de dollars, à l’Est, le Projet Intégré de Croissance Agricole de Grands Lacs (PICAGL), 2016 – 2021, avec 150 millions de dollars, et enfin, au Sud, la Société
Financière Internationale (SFI), le bras du secteur privé du Groupe de la Banque mondiale, avec une intervention de 17 millions de dollars.

A l’occasion de la journée des médias organisée le vendredi 11
novembre 2016, au siège de la BM, en marge du lancement du mois  dédié
à l’Agriculture, le directeur des opérations de cette institution de
Bretton Woods a exprimé son optimisme face aux signaux encourageants
enregistrés depuis la mise en œuvre des projets dont le début
(particulièrement pour le PDPC) était parsemé de quelques difficultés.
Il a rappelé que cette quatrième rencontre thématique sur
l’Agriculture, faisait suite aux rencontres similaires organisées
précédemment par la BM autour des thématiques relatives à
l’Environnement, la Gouvernance et les Infrastructures, s’inscrivant
dans le cadre de la mise en œuvre de l’engagement pris par la BM lors
de la dernière revue du Portefeuille, d’organiser des rencontres
régulières en vue d’un meilleur suivi du portefeuille de la BM en
RDC). Amadou Moustapha Ndiaye a ensuite relevé qu’au cours de la
période 2007 – 2012, l’indice de la production alimentaire par
habitant avait baissé de 1,3 % par an. Cette situation, a-t-il fait
savoir, posait un sérieux défi par rapport à l’objectif du
gouvernement de réduire la pauvreté rurale d’ici à 2020. C’est ainsi
qu’aux efforts déployés par le gouvernement congolais, se sont
greffées les interventions de la Banque mondiale avec à la clé une
stratégie, celle reposant essentiellement sur le soutien à la mise en
œuvre de son programme de sécurité alimentaire et de développement de
l’agro-industrie à travers l’impulsion d’une révolution verte, selon
deux approches intimement liées se renforçant mutuellement, à savoir
l’appui à l’agriculture familiale traditionnelle pour augmenter la
productivité et la production agricoles et améliorer l’accès aux
marchés. Et l’appui au développement de l’agriculture commerciale à
travers des investissements structurants, l’amélioration du climat des
affaires, l’introduction de nouvelles technologies et l’incitation à
l’investissement privé dans le secteur.
A cette rencontre avec la presse, à laquelle a également pris part le
responsable des projets du secteur agricole à la BM , Amadou Omar Ba,
le coordonnateur du PARRSA, Alfred Kibangula Asoyo, et celui du PDPC,
Alain Lungungu Kisoso, ont chacun présenté les réalisations
entreprises par leurs projets avec des impacts palpables à l’endroit
des bénéficiaires.

Un éclairage particulier sur les réalisations
du PARRSA
Dans son exposé, Alfred Kibangula a commencé par présenter le projet
PARRSA avec ses 3 zones d’interventions, à savoir les provinces du
Sud-Ubangi, Nord-Ubangi et Mongala (Pool Malebo) dont l’objectif est
d’augmenter la productivité agricole et améliorer la commercialisation
agricole et animale des petits producteurs dans les zones ciblées.
Actuellement, comme l’a signalé le coordonnateur du projet, les
actions du PARRSA dans les zones cibles, ont permis d’atteindre
106.922 ménages bénéficiaires, ce qui est allé au-delà même de
l’objectif de départ. Ce, avec les cultures développées à savoir le
riz, le manioc, le maïs et l’arachide.
S’agissant de cette première composante du projet, à savoir
l’amélioration de la productivité agricole et animale (avec 49.42
millions USD), Alfred Kibangula a indiqué que pour la matérialisation
des objectifs visés, il fallait disposer des matériels de qualité. A
cet effet, le PARRSA a dû recourir à l’INERA Boketa dans le
Sud-Ubangi, pour la production de semences commerciales (variétés
améliorées de riz, maïs, manioc et arachide). En cette 6ème année du
projet, a-t-il noté, 177 tonnes ont été produites sur les 187 visées.

Des rendements
satisfaisants
Kibangula a signalé que le rendement moyen total du riz au niveau des
ménages agricoles a atteint 1,66 t/ha voire 2t/h ; celui du maïs, 1,75
t/ha contre 2 t/ha prévu comme cible ; celui de l’arachide varie entre
1 t/ha et 1,4 t/ha contre une valeur référentielle de 0,7 t/ha ; celui
du manioc, variété amélioré TME 419 vulgarisér par le PARRSA, oscille
autour de 19 t/ha. Avec l’aide de 6 ONG spécialisées, les ménages ont
été structurés et près de 4 700 Organisations des Producteurs (avec
chacune 25 000 membres) ont été mises sur pied pour avoir des
semences, avec le soutien des Unions des Producteurs. Etant donné que
le PARRSA est un projet de développement et non humanitaire, il était
question, avec la production de ces semences, d’amener les ménages à
les acheter. A ce niveau, Alfred Kibangula a relevé la grande
difficulté rencontrée par le Projet dans l’atteinte de cet objectif,
étant donné que c’était pendant une période de guerre. Et pour relever
ce défi, selon le coordonnateur du PARRSA, on a amené les ménages à
organiser des caisses villageoises autogérées qui ont permis de
mobiliser près de 300.000 USD pour l’achat des semences et des kits
d’outillages en cash pour 75.000 ménages. D’après les données du
Projet, l’épargne des ménages assure aujourd’hui une auto prise en
charge des producteurs et facilite la réalisation des actions de
développement telles que l’achat des semences améliorées et d’intrants
agricoles, l’achat des vaccins par les éleveurs, la participation à la
construction de 20 entrepôts semenciers (8 au Sud-Ubangi, 6 au
Nord-Ubangi et 6 dans la Mongala) et 33 entrepôts villageois pour
améliorer le stockage et le conditionnement des semences, etc.
Il faut noter également que l’introduction des géniteurs dans l’aire
du projet a sonné une nouvelle ère pour les populations de ces trois
provinces, satisfaites du reste de la réhabilitation des routes de
desserte agricole et l’aménagement des infrastructures de marché et
des entrepôts, destinées à faciliter la circulation des personnes et
l’évacuation des produits agricoles vers les zones de consommation et
de commercialisation.
Et suite aux résultats satisfaisants de ce Projet, la Banque Mondiale
a accepté d’accorder un financement additionnel au PARRSA d’un montant
d’environ 50 millions d’USD, qui pourrait être revu  à la hausse à
l’issue des discussions,  selon le Coordonnateur Alfred Kibangula, ce,
pour une période de 3 ans.
Myriam Iraghi et J.R.T.