Parlement : la session extraordinaire s’ouvre ce matin

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Moins d’une semaine après la clôture de la session ordinaire de mars 2018, les Députés et Sénateurs reprennent à nouveau ce matin le chemin de l’Hémicycle de Lingwala. Cette fois-ci, ils vont participer aux travaux de la session extraordinaire de leur institution convoquée en vue d’examiner et adopter certaines matières jugées urgentes et prioritaires pour la vie de la Nation. Le texte le plus cité est celui relatif au statut des anciens présidents de la République, qui doivent
absolument être sécurisés juridiquement et financièrement, pour leur
ôter la tentation des mandats à vie.

Bien que l’ordre du jour de cette session extraordinaire ne soit pas
encore dévoilé par les bureaux de deux chambres parlementaires, on
apprend dans les couloirs du Palais du peuple que le Chef de l’Etat
pourra saisir l’occasion pour s’adresser aux Congolais en marge de
cette session. La date de vendredi 22 juin est même avancée comme
celle où Joseph Kabila parlera.

Un discours vivement attendu

En effet, au regard de la situation politique actuelle que traverse
le pays et qui reste marquée par un long suspense dû notamment à la
problématique d’une éventuelle candidature du président sortant à la
présidentielle, l’adresse de Joseph Kabila Kabange est plus que jamais
attendue aussi bien par les Congolais que tous ceux qui s’intéressent
à la crise congolaise. C’est le cas des organisations régionales et
internationales dont la République Démocratique du Congo est membre,
et également de ses partenaires traditionnels.
Ce n’est un secret pour personne que tout le monde attend voir le
chef de l’Etat se prononcer sur ce sujet qui défraie la chronique à
six mois de l’élection présidentielle prévue le 23 décembre 2018 et à
un mois du dépôt des candidatures audit scrutin, afin de fixer
définitivement l’opinion en levant l’équivoque qui n’a que trop duré.
L’inquiétude suscitée par cette question s’est accentuée avec la
tournée à travers le pays, entamée il y a quelques semaines, par le
secrétaire permanent du PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction
et la Démocratie), Emmanuel Shadari. Les propos tenus par ce dernier à
certains endroits où il est passé, particulièrement dans l’ex-province
de l’Equateur aujourd’hui démembrée en cinq nouvelles provinces
(Equateur, Mongala, Nord-Ubangi, Sud-Ubangi, et Tshuapa) devant les
foules ont levé l’équivoque sur le flou qu’entretenait jusque là la
majorité présidentielle à propos de la probable candidature de son
autorité morale à la prochaine présidentielle.
D’après les analystes de la politique congolaise, c’est désormais
clair que la majorité présidentielle veut pousser Joseph Kabila à se
représenter pour un troisième mandat, bien que la Constitution et
l’Accord de la Saint Sylvestre le lui interdisent. On rappelle que le
Secrétaire permanent du parti présidentiel avait tenu des propos du
genre « Joseph Kabila était là, il est là, et sera là avec vous ». Une
harangue populaire ayant suscité des commentaires en sens divers,
surtout que la famille politique du chef de l’Etat tarde à présenter
son dauphin tout en sachant que son autorité morale se trouve
actuellement dans l’incapacité juridique et légale de postuler pour la
troisième fois à l’élection présidentielle après avoir épuisé ses deux
mandats.
Le discours de Joseph Kabila est aussi attendu pour qu’il rassure
l’opinion, en sa qualité de garant de la Nation, du financement par le
gouvernement du processus électoral pour que le rendez-vous du 23
décembre ne rate point. Car, la Commission Electorale Nationale
Indépendante, (CENI), ne cesse de déplorer des retarrds dans le
financement au risque de perturber son calendrier des élections.
De même, le chef de l’Etat devra garantir un climat de paix à tous
les acteurs politiques en commençant par rendre effective la
décrispation politique, par la libération des prisonniers politiques
et d’opinion dits emblématiques, tout comme arrêter des poursuites
judiciaires qualifiées de politiques à l’endroit des opposants.
Voilà les raisons qui font que les Congolais et les organisations
internationales dont la RDC est membre ainsi que ses partenaires
traditionnels, attendent avec impatience le discours de Joseph Kabila
de ce vendredi.
Dom