Parlement : ouverture ce matin de la session de mars 2017

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C’est aujourd’hui que  s’ouvre solennellement la session ordinaire  de mars 2017 du Parlement congolais, dans toutes les deux chambres (Assemblée nationale et Sénat).

Cependant, il faut noter que cette session parlementaire s’ouvre dans un contexte politique de forte agitation ou mieux de vives tensions qui s’observe depuis quelque temps dans les états-majors des partis et regroupements politiques. Cette agitation est due notamment au retard pris pour l’application de l’Accord de la Saint Sylvestre, conclu le 31 décembre 2016 entre les délégués de la majorité présidentielle avec ceux de l’opposition signataire de l’accord du 18 octobre 2016, et les délégués du Rassemblement des Forces politiques et sociales acquises au changement qui avaient boycotté les assises de la Cité de l’Union
Africaine placées sous l’autorité du facilitateur désigné de l’UA, Edem Kodjo.
On rappelle qu’après la signature intervenue tard dans la nuit, soit
à quelques minutes seulement du début de la nouvelle année 2017 en
cours, les parties aux négociations devraient se retrouver en vue de
signer l’Arrangement particulier, ce document qui devait déterminer
les modalités pratiques d’application de l’Accord conclu. Il s’agit
notamment de la détermination d’un chronogramme pour la tenue des
élections, du partage des responsabilités à des différents niveaux de
gestion publique pendant la transition, etc.
Malheureusement, la signature de ce document jugé aussi capital
continue à poser problème en ce qui concerne principalement le mode de
désignation du Premier ministre ainsi que le partage des ministères
dits de souveraineté. La majorité et l’opposition non
signataire/Rassemblement se rejettent mutuellement la responsabilité
de l’échec ou du blocage.
Voilà qui fait remonter encore la tension dont la population
congolaise et la communauté internationale redoutent les conséquences.
C’est dans ce contexte que s’ouvre ce mercredi 15 mars, date consacrée
dans la Constitution du 18 février 2006, la session ordinaire du
parlement.
La méfiance semble de nouveau s’installer entre la majorité et
l’opposition non signataire de l’Accord du 18 octobre 2016 dit du camp
Tshatshi. Entretemps, l’insécurité s’est généralisée sur  le terrain
jusqu’à atteindre les provinces où on n’a jamais connu le bruit de
bottes ou un quelconque soulèvement armé. C’est le cas de cinq
provinces issues de l’éclatement du Grand Kasaï (Kasaï, Kasaï central,
Kasaï oriental, Lomami, et Sankuru), et du Kongo central. Et cela sans
oublier la résurgence des foyers d’insécurité depuis quelques
décennies, notamment dans la partie Est du pays.

Le Parlement devant ses responsabilités

Face à cette situation, le Parlement est appelé à jouer pleinement
son rôle de contrôleur de l’Exécutif afin d’assurer la bonne marche du
pays. Les Députés et Sénateurs devront se mettre au-dessus de leurs
clivages politiques ou tendances idéologiques pour éviter au pays de
replonger dans le chaos dont les signes annonciateurs se veulent
visibles.
Pour ce faire, les élus devront jouer franc-jeu en sorte que soit
traduit en acte le texte de l’Accord du 31 décembre 2016 dit de la
CENCO, qui a permis la baisse des tensions sociales provoquées par la
fin du 2ème et dernier mandat constitutionnel du chef de l’Etat,
puisse être mis en oeuvre. C’est-à-dire aider à l’interprétation
objective de ce texte de l’Accord sans verser dans les considérations
politiciennes actuellement à la base du blocage.
Les élus devront interpeller le gouvernement afin de permettre aux
Congolais d’en savoir plus sur la généralisation de l’insécurité qui
semble avoir élu domicile depuis quelques mois dans les cinq provinces
issues du démembrement de l’espace Grand Kasaï (Kasaï, Kasaï central,
Kasaï oriental, Lomami, et Sankuru) mise sur le compte du phénomène
Kamuina Nsapu, du nom du chef traditionnel tué en août 2016 qui avait
opposé ses éléments aux forces loyalistes.
Dans le même chapitre lié à l’insécurité, les parlementaires devront
également interpeller le gouvernement sur les tueries enregistrées à
Kinshasa et dans le Kongo central à cause des affrontements entre les
forces de l’ordre et les éléments du chef mystico-politico-religieux
du mouvement « Bundu dia Mayala » Ne Muanda Nsemi.
La rentrée parlementaire de mars 2017 intervient aussi dans le
contexte de la fin constitutionnelle des mandats des députés et
sénateurs. Car, c’est à cette période que le nouveau Parlement devrait
être installé si les élections avaient été organisées dans le délai
imparti par la Loi fondamentale.
Enfin, la dégradation croissante du social de la population avec la
dépréciation continue de la monnaie nationale face aux devises
étrangères dont la principale conséquence reste l’effritement du
pouvoir d’achat des Congolais, doit aussi interpeller les
représentants du peuple.
Dom

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