Parlement : c’est la dernière session

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La session ordinaire du Parlement qui s’ouvre ce jeudi 15 mars devrait
la toute dernière de la législature de 2011 qui aurait dû, en
principe, s’arrêter en 2016. Mais, elle a bénéficié d’un bonus de
glissement de deux années supplémentaires à cause de la non
organisation dans les délais constitutionnels des élections
présidentielle et législatives nationales.
A partir du mois de juillet prochain, on sera déjà en pleines
opérations électorales avec l’enregistrement des candidats, l’examen
des candidatures ainsi que la publication des listes des candidats, la
période de campagne électorale à laquelle la plupart de ceux qui
siègent actuellement au Parlement, à l’Assemblée nationale comme au
Sénat, pourront prendre part.

Pour ce faire, cette dernière session devra s’atteler en priorité au
vote des lois essentielles et urgentes à l’instar de la loi portant
répartition des sièges dans les circonscriptions électorales, en vue
d’accélérer le processus électoral.
Ce n’est plus l’heure de distraire l’opinion avec des pratiques
telles que des tractations pour choisir un nouveau gouvernement, ou
chercher à appliquer comme il se doit l’Accord de la Saint Sylvestre
qu’on a expressément foulé aux pieds, en violant délibérément sa
lettre et son esprit pour en faire une application tronquée et sur
mesure. L’unique alternative qui reste, et celle à même de fédérer
tout le monde, c’est de créer des conditions propices à la tenue des
élections.
Cependant, la préparation de celles-ci exige qu’on observe un certain
nombre de préalables à remplir parmi lesquels l’application effective
des mesures de décrispation du climat politique.
Cette fois-ci, on espère voir les députés et sénateurs agir en toute
responsabilité lors de l’examen et vote des lois prioritaires
attendues pour faire avancer le processus électoral, et non continuer
de répondre à des mots d’ordre de leurs familles politiques en
transformant le parlement en simple caisse de résonnance de
l’Exécutif, comme cela a été observé tout au long de cette
législature, oubliant ainsi le contrat pris avec le peuple. Ils ont
tout intérêt à se montrer ne fut-ce qu’à la fin comme des élus du
peuple. Car, ceux qui oseront encore s’amuser comme par le passé
pourront bientôt répondre de leur comportement dans les urnes
lorsqu’ils retourneront dans leurs bases respectives pour solliciter
de nouveaux suffrages.
Pour rappel, sur les 500 députés de la transition dictée par le
Dialogue intercongolais de Sun city, il n’y avait que 42 revenus dans
l’hémicycle à l’issue des législatives de 2006. Et il y avait eu moins
de 100 députés reconduits à l’Assemblée nationale à l’issue des
législatives de novembre 2011 parmi ceux de la législature de 2006.
Hormis les matières liées au processus électoral, il y a également
nécessité pour les parlementaires de voter le texte d’application de
la loi relative aux manifestations publiques. Ils devraient tirer au
clair cette notion d’information que les autorités
politico-administratives éprouvent du mal à respecter. Car, on ne fait
qu’assister à la répression continue des marches pacifiques suite à
leur interdiction sans raison valable. Alors qu’on est dans le régime
d’information et non d’autorisation, chaque fois qu’une marche
pacifique est convoquée, il y a  toujours refus de l’autorité.
De même, le Parlement devrait faire diligence dans le remplacement du
Rapporteur du bureau de la Ceni, tel que réclamé par son parti l’UDPS
; et s’impliquer également pour l’application effective des mesures de
décrispation arrêtées dans l’Accord du 31 décembre 2016 afin de créer
un climat de confiance mutuelle et de paix avant d’aller aux
élections.

La Ceni et le Gouvernement invités à jouer franc jeu

Par ailleurs, la tenue des élections attendues à la fin de cette
année selon le calendrier publié par la Ceni dépendra du travail,
mieux du sérieux que le pouvoir organisateur mettra dans la
préparation de celles-ci. La Ceni devra donc mettre à profit le temps
lui imparti afin de respecter son calendrier pour éviter une énième
prolongation, synonyme du chaos, vu la tension qui règne depuis
l’expiration de tous les mandats électifs en décembre 2016.
De son côté, le gouvernement qui a jusqu’ici péché par le non
décaissement des fonds nécessaires pour l’organisation de différents
scrutins – aucune justification sur les 250 millions de dollars
alloués à l’organisation des élections dans chaque exercice budgétaire
pendant 5 ans, soit un total de 1 milliard 250 millions de dollars –
devra faire preuve de responsabilité et tenir sa promesse pour éviter
que le pays sombre dans les violences.

L’heure de l’introspection !

Cette dernière session du Parlement devrait aussi servir d’occasion à
chaque élu de jeter un coup d’œil dans le «rétroviseur» pour voir son
passé, et se poser des questions sur la gestion de son mandat,
comment il a dû jouer son rôle d’élu face aux pillages des ressources
nationales, à l’insécurité avec à l’affiche des massacres et tueries
au quotidien des compatriotes, à la corruption érigée en mode de
gestion, aux cris de détresse de la population privée de tous les
besoins vitaux, etc. Bref, l’heure a sonné pour que chacun fasse un
examen de conscience en s’interrogeant s’il a répondu aux attentes de
ses électeurs.
Dom