Parité homme-femme: regards sur les comportements croisés

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parite1. Exposé du problème.
Aujourd’hui, que l’on puisse parler de la place que la femme occupe dans la (les) société (s) quasi totalement dominée( s) par les hommes, préoccupe bien la conscience universelle. Elle est devenue une grande question, mieux un grand problème social et même politique du monde contemporain. C’est pourquoi elle fait couler beaucoup d’encre et de salive. Oui, aujourd’hui, les femmes sont inconsolables du fait qu’elles ne jouissent pas de la plénitude de leurs capacités et de leurs droits. Elles ne comprennent pas du tout pourquoi la société masculine se permet de les marginaliser simplement parce qu’elles sont « femmes ». Celles des femmes qui ont compris cette problématique et son non sens, ont constitué alors des mouvements appelés très vite «féministes ». Devenant de plus en plus nombreux, ceux-ci rivalisent d’ardeur pour réclamer l’égalité des chances entre les sexes. Ils (les mouvements) sont relayés dans cette
lutte, ce combat par les efforts de la communauté internationale à travers les organes spécialisés des Nations Unies.

Les femmes se demandent de plus en plus d’où vient leur déconsidération en face des hommes. Quelle est l’origine du clivage ahurissant, humiliant et discriminant entre les femmes et les hommes? L’histoire, la sociologie, l’anthropologie, la politique vue dans la perspective de la nouvelle épistémologie, démontrent qu’il s’agit bien des résultats concentrés dans des conclusions sciemment construites idéologiquement depuis des siècles pour dominer cette catégorie d’êtres humains appelés «femme». Je parle bien de constructions socio-culturelles négatives au sujet des femmes. Que ne dit pas le livre de la sagesse juive surtout dans son aspect ancien testament et même dans les quelques lignes du nouveau testament à ce sujet? Que ne dit pas le Coran ? Qu’est-ce que les traditions des peuples ne racontent-elles pas ? «La femme a une merveilleuse mission, celle d’épouse, de génitrice, de productrice, d’éducatrice»…
«La femme est une enfance continue». Un «être biologiquement inaccompli et par conséquent il est dangereux de lui confier d’autres tâches que celle d’épouse et de ménagère». On va même jusqu’à croire que « la destinée de la femme et sa seule gloire sont de faire battre le coeur de l’homme ». «N’est-elle pas, à proprement parler une annexe de l’homme? ». « Après tout … la femme, n’est-elle pas une esclave qu’il faut savoir mettre sur le trône?

La problématique du statut de la femme dans la société évoluante, a commencé à trouver son accomplissement du type dualiste au début du XIXème siècle. En ce moment, des femmes de plus en plus averties se sont accrochées à l’idée de l’«émancipation)} de la femme en général. La seule façon de la libérer
est qu’elle doit travailler, se disent-elles. Ça y est! La théorie de « l’infériorité de
la nature des femmes » commence à être démystifiée. Les marxistes s’emparent  de l’idée et de la situation en expliquant que le sort des femmes comme • celui  de tous les opprimés est semblable à celui des prolétaires. Pour eux, c’est clair, la relation de cause à effet entre la propriété privée, le capitalisme et l’exploitation de la femme, n’est plus à démontrer. Pendant ce temps, le capitalisme a donné aux hommes de s’approprier le sol et les outils de travail,
tout en soumettant les autres à l’esclavage, à leur service. La femme, dans ce contexte, productrice d’enfants, devint de facto propriété de l’homme, donc
inférieure à celui-ci. La famille, devenue institution patriarcale, opprime la  femme, pendant que la société se séparait en classes: l’une des propriétaires et l’autre, de ceux qui n’avaient, pour seule richesse que leur possibilité de travailler à l’usine ou leur sexe (pour les femmes).
En ce moment, on a compris que la nature humaine n’est pas donnée une fois pour toutes; elle se transforme par des actes que posent les hommes de plus en plus consciemment. Par conséquent, le rapport homme/femme a fait apparaître d’une manière sensible, à quel point l’essence humaine est devenue nature pour l’homme et à quel point la nature est devenue l’essence humaine pour l’homme.
Se fondant sur ce rapport, on peut juger du degré général du développement de l’homme.
Les femmes, ne voulant plus se présenter comme dans une image figée de la nature, luttent acharnement pour avoir une place au soleil. Elles veulent la reconnaissance, par la société, de leurs droits en tant qu’êtres humains à part   entière : droits politiques et civiques, droits à la libération de la vie sexuelle,  droits de travail, accès aux professions qualifiées et aux conquêtes  intellectuelles. La question de la promotion du statut de la femme dans la société  civile, promet ainsi de déclencher, à travers le monde, une profonde mutation sociale. C’est dans  ce sens que je soutiens, à tous égards, le mouvement des femmes au sujet des injustices dues à leur personne. Il s’agit de faire de tout être humain, un individu libre de disposer de lui-même. L’histoire est d’ailleurs jalonnée de révoltes, d’opprimés•: soulèvements d’esclaves, revendications de  l’indépendance et de la liberté… L’expérience a
démontré que, de tous les temps, les peuples qui ont compris la nécessité et l’urgence de promouvoir les droits des femmes de toutes formes de servitudes, ont accédé à un stade supérieur de développement de l’humanité. L’impératif est, ici, catégorique et nécessite une prise de conscience qui n’est possible que grâce notamment, à l’accès à l’intention d’un plus grand nombre des femmes.
Dignité pour la femme – Identité meurtrie me fait penser aux identités difficiles, ces identités des personnes et celles des groupes d’appartenance qui posent suffisamment des problèmes pour que nous ne fabriquions pas des êtres parahumains, pour que nous ne transformions pas des concepts en réalités vivantes, dotées d’un esprit, d’une raison, d’une volonté.
Oui, les identités des personnes posent réellement des problèmes, à tel point qu’elles se présentent à l’esprit conceptualisant comme une sorte de foyer virtuel auquel il est indispensable de se référer pour expliquer un certain nombre de choses, mais sans qu’il y ait jamais d’existence réelle. A telle enseigne qu’elles sont devenues des identités meurtrières. Je pense, pour ma part, que c’est le regard envers une personne, par exemple, qui enferme souvent les autres dans leurs étroites appartenances, c’est le regard aussi qui peut les libérer.
Dans ce sens, je dis que même la rationalité humaine se trouve sollicitée tout en se laissant pousser à. la fabrication d’« être parahumains ». Les manières de penser, d’agir, de considérer, de juger au niveau des catégories sociétales, se sentent coincées sous l’emprise de l’identitaire. La notion est réellement floue et même si elle se trouve déclinée, sous une forme essentialiste, au centre de débats et de conflits souvent passionnés. Pourquoi ceci ? Justement parce que la notion de l’« Identité», de «l’Identitaire» est trop souvent confondue à l’idée d’un terreau primordial dans lequel l’homme prétend prendre « racine », où l’identité elle-même se trouve associée à l’idée d’un« Moi» profond comparé à un disque dur sur lequel seraient gravées les donnes de l’existence humaine. De telles convictions trouvent souvent, à leurs origines, ce que je peux appeler le « mythe de l’intime».
Plusieurs penseurs parlent des « hystéries identitaires» en entrevoyant les « chocs des cultures identitaires».
Ce discours, complété par l’expérience existentielle pousse à comprendre que l’identité est un «construit social». Ainsi, me semble-t-il en dernier ressort, toute représentation qui postule l’existence d’une nature identitaire absolue, intangible, n’a rien avoir avec ce qui est naturellement humain. Elle est associale, même si la question est aussi vieille que le monde, aussi vieille que  l’humanité : la question de bon sens. L’homme est un animal identitaire qui, dans son vécu social quotidien, cherche et crée le sens pour se situer dans le monde. Je me demande si l’identité, comme produit d’un ordre social, n’est pas elle-même d’ordre mythique du style dominant, aliéné, positionnel et fonctionnel; elle est produit indissociable d’une violence symbolique, d’un pouvoir d’identification extérieur, masqué et diffus et même une illusion tragique de l’être homme.
C’est à ce stade que je situe en fin de compte mes propos. «Dignité pour la femme -Identité meurtrie » pour contribuer, à mon sens, à l’exhumation de l’oubli d’une vieille problématique, à savoir de l’égalité des sexes. Ici, j’ai retenu que l’expression « différence des sexes» est inadéquate ou même floue, dans la mesure où elle semble présenter les «positions sexuées» comme des données intangibles qu’il faudrait simplement articuler de manière à les rendre harmonieuses ou plus justes. C’est, j’ose croire, qu’il s’agit des assises biologiques pour servir de base à la domination d’un groupe (homme) sur un autre (femme). Il n’y a pas de hasard dans tout cela. Cependant, il sied de distinguer le sexe biologique du genre. Le premier renvoie à la biologie, le second, à la grammaire, c’est-à-dire, à l’artifice. Ainsi compris, on ne peut nullement parler d’un destin biologique féminin. Et aussi,
les femmes ne peuvent pas être renvoyées, empaquetées dans un groupe -catégorie particulière.
C’est ici que réside toute la problématique du genre. Retrouver la position d’être humain porteur de l’universel est une tâche pour tous -hommes et femmes -dans la modernité contemporaine. «L’Etre humain est sujet, et sa liberté consiste à transcender la pesanteur -l’immanence -de sa condition biologique autant qu’historique. Un tel débat prend en charge les facteurs, non seulement socio-politiques, mais aussi inconscients de la dimension sexuée. En ce moment, le masculin se considère «supérieur » et le monde le voit ainsi plein de préjugés. Le féminin, dans un contexte plus• humaniste et plus naturel, cherchera, à jamais, un espace de lutte pour se déployer, pour se battre en vue de recouvrir sa dignité alors humaine. Plus, au-delà des considérations différentielles d’ordre biologique et morphologique des hommes et des femmes et aussi, loin de prendre en compte les traits proprement physiques de l’homme et de la
femme, j’estime, ici, que la dimension maternelle est incontestablement irréductible à la dimension paternelle et rend ainsi, à la première son importance décisive dans la constitution des objets sexués.
Mêmement, je m’inscris dans le courant qui récuse toute interprétation de la différence des sexes en termes de Un (humain) ou deux (homme et femme). C’est dans ce sens qu’apparaît, dans le traitement des différences, le caractère non déterminable, fluide, infini et même indéterminé du sujet. Le traitement fait apparaître mêmement la dissémination. Il s’agit bien de l’Etre au monde, de tout être au monde. Le débat devient alors, éminemment politique, polémique et problématique. Comment concilier l’image de « homme» universel élaboré par les hommes de genre masculin et, en même temps, adhérer à la nature « femme femme» «homme homme» comme être humain au monde? Être une femme libérée et être un homme libéré n’est pas facile. C’est toute la question au sujet de comment vivre dans un monde sans discrimination, préjugé, exclusion. Tous des catégories mentales illusoires.
Par différence ici, il ne faut pas entendre « identité» substantielle et définitive, par exemple du type sexuel, racial, national etc. Dans une stricte définition, différence et identité sont des mots à signification diamétralement opposée. Dans ce sens, concevoir le sujet comme « différence », c’est d’abord supposer qu’il n’est pas défini par avance, mais un foyer actif de production de lui-même, irréductible à la norme sociale, capable de changement. Situer le sujet à la limite, l’identifier par sa différence, c’est, d’une certaine manière, penser sa singularité, le penser comme « soi ».
Il s’agit, au plus haut point, du phénomène qui a donné l’origine à ce que l’on a nommé « les courants féministes ». « Exister pour un humain, c’est toujours en même temps être au monde, percevoir et projeter un monde, c’est-à-dire se dépasser soi-même, dépasser donc le cadre du « sujet classique ». Il traduit, au bout de la ligne, l’idée de travail entendue dans un sens subjectif, comme pratique de soi, du sujet qui se construit, se réfléchit, se transforme. L’idée de travail sur soi» est fondamentale dans la psychanalyse, dans l’éthique.
(PAR LE PROF. KAMBAYI BWASHIA