Parcelles de terre et logements fictifs à Bibwa : on escroque au nom des «Chinois»

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Chinois-A-Kinshasa-2Un discours mielleux, des photos d’archives prises sur divers sites, une grille de taux d’acquisition des parcelles de terre et des logements, et de faux contrats d’achat portant plusieurs sceaux, font courir actuellement de nombreux locataires vers des escrocs immobiliers constitués en une bande des malfaiteurs organisée, hiérarchisée et structurée. Et même des propriétaires des maisons soucieux d’accroître leur patrimoine immobilier, ne s’empêchent pas de côtoyer les mêmes escrocs. L’engouement des victimes est tel que les mécréants obnubilés par le succès de cette escroquerie, ne sont pas près d’arrêter cette aventure qui leur rapporte gros chaque jour qui passe. «On se dispute des terrains le long de la route de Bandundu ! Hâtez-vous, car les bonnes places sont limitées !» C’est par ce message, on ne peut plus attrayant, qu’un groupe d’escrocs ayant à sa tête, un certain Ngamaba, fréquentait des victimes dans quelques communes de Kinshasa, pour vendre « l’illusion ».

A Bandalungwa, un haut-fonctionnaire de l’Etat en instance de mutation pour la province de Bandundu, a succombé aux chants de sirènes  de ces escrocs. C’est à Mbankana que Fred Mimbu avait rencontré par hasard, Ngamaba, un membre de cette bande d’escrocs. Après un bref entretien, rendez-vous fut pris pour la commune de Bandalungwa où résidait le directeur Fred Mimbu. Au mois de juin dernier, cette rencontre eut lieu dans une terrasse sur avenue Inga. Sans l’avoir bien identifié, ni approfondi leur relation, Fred Mimbu présenta alors à ses amis, Ngamaba, comme étant un membre du comité directeur de l’ONG  Association kinoise de logements constituée avec des entrepreneurs chinois, dont le siège était situé à Bibwa, dans la commune de Kinkole. Auréolé par cette prise de contact, l’escroc présenta son organisation non gouvernementale qui serait basée à Bibwa où elle déploie ses activités en construisant des logements sociaux. Quelques photos étalées sur la table dévoilaient aux yeux de Fred Mimbu et de ses amis, le sérieux du projet en cours de réalisation avec les Chinois et dont il a soutenu que l’Hôtel de ville de Kinshasa était partie prenante pour avoir cédé de vastes étendues de terre. Emballés par ce discours de marketing, les uns et les autres s’intéressaient aux conditions d’acquisition des terrains ou des logements. Ngamaba exhiba même des contrats signés par quelques acquéreurs qui n’attendaient que leur remise aux bénéficiaires. Tout paraissait sérieux au point que les demandes ont été formulées sur le champ, sans que l’on prenne les précautions de vigilance contre cette  forme d’escroquerie.

Il prétendit qu’il restait moins de 20 parcelles disponibles, car ils étaient submergés par des milliers de demandes, à un rythme accéléré, tel que tout sera épuisé dans moins d’un mois. Devant cet engouement, le directeur Fred Mimbu en informa ses deux grandes-sœurs, Emérence, demeurant dans la capitale congolaise, et Anton, vivant en Belgique.

Voilà que pour cette famille, Ngamaba fournira des formulaires de demande des parcelles dont le prix revenait entre 5.000 et 25.000 Fc, en attendant que les contrats à signer puissent déterminer le montant de l’acompte en dollars à payer à l’ONG. Mais comme pour gagner ces contrats, l’homme est passé à plusieurs reprises, sollicitant tantôt quelques acomptes, tantôt des frais de transport et de démarches qu’il entreprenait pour le directeur Fred Mimbu et ses grandes-sœurs. Un de ses voisins aux études au Gabon, et en séjour de vacances à Kinshasa, fut embarqué en août, dans ce dossier d’acquisition des logements à Bibwa. Il versa tous les frais exigés par le membre du comité directeur de la fameuse ONG «  Association kinoise de logements », sans même demander à visiter au préalable, le site.

Au vu de faux documents, Nkashama se rendit à l’évidence.

Pendant que se poursuivait la campagne de marketing de vente des parcelles de Bibwa, Nkashama, cadre dans une entreprise de communications, fut abordé par son épouse qui avait souscrit à l’acquisition d’un des terrains. Pour en avoir le cœur net, il exigea de voir les documents délivrés après le versement de quelques frais. Et quel ne fut pas son étonnement de voir qu’aucune quittance, ni aucun reçu n’a été annexé aux formulaires !  Juste le montant signalé sur les formulaires. En outre, aucun représentant de l’Hôtel de ville de Kinshasa n’a apposé sa signature sur les formulaires. Et enfin, ce qui a le plus intrigué le sous-directeur Nkashama est le fait que les documents ne portaient pas de signature des entrepreneurs chinois qui, avait-on laissé entendre, participaient à ce projet immobilier.

Tenant à visiter les bureaux de cette organisation presque nébuleuse, on lui dira qu’un local lui a été cédé dans l’immeuble de l’Hôtel de ville de Kinshasa. Sur le lieu, non seulement l’ONG «  Association kinoise de logements » n’était pas visible, mais en plus aucun bureau n’avait pas été mis à sa disposition.

Vérification faite sur le terrain, aucun habitant de Bibwa ne se rappelle d’une entreprise chinoise qui en train de construire les logements sociaux en faveur des démunis. Et pire, aucun siège d’une ONG n’est implanté dans ce quartier. Sur le champ, le sous-directeur Nkashama a réalisé que sur base de faux documents, un réseau d’escrocs roule de paisibles citoyens dans la farine, sous le couvert d’un faux projet de construction des logements sociaux au bénéfice des citoyens aux modestes revenus. Interpellé au téléphone, Ngamaba s’est fourvoyé sans parvenir à fournir des explications claires sur le projet. Aujourd’hui, l’homme et ses acolytes sont introuvables, ni joignables par leurs téléphones. On croit savoir que cette bande qui a fait de nombreuses victimes, n’en serait pas à ses premiers forfaits du genre. Affaire à suivre !

 

                              J.R.T.

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