Panique chez les Chebeya !

0
32

C’était la panique, le mardi 08 juin 2010 au soir, à la résidence de feu Floribert Chebeya, à Ma Campagne, où sa famille, des proches parents, amis et connaissances ont pris coutume de se recueillir, en attendant les funérailles. En effet, la présence d’un jeune homme, inconnu de tous, arrivé en fin d’après-midi et qui donnait l’impression de ne pas vouloir se retirer, a commencé à intriguer tout le monde vers 20 heures.

Le fait qui a le plus semé le doute dans les esprits était le sujet du débat lancé par l’inconnu autour des conditions précaires d’existence des Congolais, avec comme contradictrice, une des nièces de la veuve Chebeya. Estimant qu’un tel thème ne cadrait pas avec les circonstances d’un « matanga » encore en gestation, une des sœurs aînées de la  veuve a intimé aux deux débatteurs l’ordre de se taire.

Et, dans la foulée, elle a cherché à connaître l’identité de l’inconnu et à savoir à quel titre il se trouvait chez les Chebeya. Mais, avant que l’interpellé ne puisse se justifier, il a donné l’impression d’avoir ses doigts appuyés sur les claviers de ses deux téléphones portables, ce qui a fait croire qu’il serait occupé à enregistrer des conversations et peut-être à filmer des individus.

Cette attitude a subitement aggravé son cas et attiré tous les regards sur lui. C’est sur ces entrefaites qu’un des frères de Chebeya s’est présenté pour le soumettre à un interrogatoire serré. Et, comme pour ajouter à la confusion, l’inconnu a prétendu, dans un premier temps, être venu compatir avec la famille éprouvée en sa qualité d’activiste des droits de l’homme. Mais appelés à identifier celui qui prétendait être des leurs, aucun des défenseurs des droits de l’homme présents sur les lieux ne l’a reconnu.

La visiteur suspect s’est par la suite présenté comme étant un enseignant de l’EP 2 Bosalisani, au quartier Malweka. Invité à donner ne fut-ce que le nom du Directeur de l’école ou d’un de ses collègues de travail, il n’a pu citer personne. De même, il a refusé de donner sa propre identité. C’est ainsi que proches parents de Chebeya et activistes des droits de l’homme ont décidé de confisquer ses deux téléphones portables. En visitant les répertoires, ils sont tombés sur le numéro d’appel « secret » du Directeur Exécutif de la Voix des Sans Voix. Et, à la question de savoir comment il était entré en possession d’un numéro de contact réservé aux intimes du défunt, il a laissé entendre que c’est son frère aîné qui le lui avait communiqué.

Joint au téléphone, le concerné a confirmé le fait, sans pour autant précisé s’il avait transmis à son jeune frère un numéro « privé » ou « public ».

L’affaire paraissant très floue, il a été décidé que l’inconnu soit conduit au poste de police du quartier Ma Campagne. Mais ici, dès que les policiers ont appris que le « dossier » avait un rapport avec Chebeya, ils se sont aussitôt déclarés « incompétents » et ont aiguillé le suspect vers le commissariat de la police communale de Ngaliema. C’est finalement à ce niveau que l’intéressé a dévoilé son identité. Il s’appelle Fidèle Mugaruka, jeune frère d’un activiste des droits de l’homme bien connu de la famille Chebeya. Cela a suffi pour obtenir sa relaxation et son retour chez lui. Que lui serait-il arrivé si les Chebeya n’avaient pas gardé leur calme ?

                                                                                              Mydrie Mavata (stg/Ifasic)

 

LEAVE A REPLY

*