Palais du peuple : retour aux années CNS  

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palais du peupleL’histoire va-t-elle se répéter ? Le spectacle abracadabrantesque vécu hier lors de la plénière consacrée à l’examen de la loi électorale rappelle à bien d’égards les scènes ridicules et tragicomiques enregistrées dans ces mêmes lieux du Palais du Peuple lors de l’ouverture de la Conférence Nationale Souveraine d’heureuse mémoire. Outre les interventions grotesques du tout premier Bureau de ce forum présidé par feu Isaac Kalondji Mutambayi Wa Pasteur Kabongo et ses deux adjoints dont un jeune garçon et une demoiselle de moins de vingt ans, on se souvient des bagarres rangées entre «conférenciers» aussi bien dans les couloirs de la Commission de validation des mandats que dans la grande salle des Congrès.

Tout comme lors des plénières consacrées à la validation des mandats où des délégués d’une même formation politique ou de la société civile s’étaient battus en public, notamment devant la tribune du Bureau. Les films retraçant les visages des personnalités comme feu Enoch Nyamuisi Muving en train d’échanger des coups avec d’autres ou ceux qui avaient été évacués manu militari ou transportés de force par les agents de la police de l’époque pour être jetés dehors. Un véritable spectacle de théâtre de chez nous que l’on avait vécu même sous Mgr L. Monsengwo avec un échange des coups des poings devant la tribune entre feu Mendela, un ancien vice-ministre du Gouvernement de Jean Nguz-a-Karl-Bond aujourd’hui décédé, avec un autre délégué.

Que des bagarres n’avions-nous pas vécues dans les différentes salles du Palais du Peuple, dans les bureaux des membres du staff, des commissions techniques, de paie, au restaurant, sur l’esplanade, dans les parkings et même ailleurs comme dans des restaurants privés pour toucher la collation spéciale en prévision d’une plénière stratégique pour valider la nomination d’un haut responsable politique, tel le Gouverneur de la Banque Centrale.

Un autre spectacle tragicomique nous offert tout au début de ce forum, c’est lorsque par motion de procédure, feu le professeur Marcel Lihau demanda et obtint que la salle des Congrès soit vidée pour procéder à l’appel nominal des délégués comme cela est de coutume dans tous les forums. C’est ce jour-là que l’on découvrit que la moitié des participants ne disposaient pas des mandats réguliers ou utilisaient des documents appartenant à autrui. C’est sur ces entrefaites que l’on révoqua feu Kabimbi Ngoyi et feu Me Otoko pour les remplacer par Emmanuel Lusambo et Gérard Kamanda Wa Kamanda. On assista aussi à des bagarres rangées entre les membres des mêmes partis politiques au sujet des mandats. Le sang avait coulé dans les couloirs, les salles, les multiples restaurants érigés au Palais du Peuple, les parkings et sur l’esplanade.

A l’avènement du Haut Conseil de la République, Parlement de Transition, les bagarres reprirent avec ferveur, entrecoupées des coups des sifflets stridents, des insultes abominables, des bousculades violentes, des cris, des hurlements provocateurs, des quolibets, des menaces, etc.…

 

L’Opposition divisée…..     

 

La révocation illégale et irrégulière d’Etienne Tshisekedi en violation de l’Acte portant dispositions constitutionnelles pour la transition, le pays entra dans une crise politique de grande envergure. D’où la mise sur pied de deux familles politiques appelées à entamer des négociations politiques pour la formation d’un nouveau gouvernement de transition de nature à régler la question de légitimité politique en vue de l’organisation et la tenue des élections générales.

C’est l’époque de l’USOR et Alliés pour l’opposition et des Forces politiques du Conclave pour les mobutistes. Des négociations démarrèrent au Palais du Peuple entre les deux courants politiques et le conflit éclata d’abord au niveau de l’opposition avec la création de l’aile se réclamant de Léon Kengo appelée Union pour la République et la Démocratie URD. Que des bagarres rangées n’avions-nous pas vécues ! Le conflit éclata ensuite entre le groupe de Kibassa Maliba et celui d’Etienne Tshisekedi avant que les FPC ne coalisent avec l’URD de Léon Kengo pour obtenir la modification d’un article qui ouvrit l’entrée de la 3ème voie avec la voie à l’élection controversée d’un nouveau premier Ministre, Léon Kengo, en l’absence de l’opposition regroupée autour d’Etienne Tshisekedi. Ses partisans boycottèrent la plupart des plénières du HCR-PT en signe de protestation contre l’avènement frauduleux au pouvoir  de l’homme de la rigueur.

Le spectacle d’hier peut-il être prémonitoire de ce que le pays avait vécu entre 1992 et 1997 ? Nul ne le sait, mais toujours est-il que les empoignades d’hier au Palais du Peuple constituent des signes annonciateurs d’une période de fortes turbulences politiques d’ici le mois de décembre 2016. Comme le dit un dicton, il n’y pas deux sans trois.

F.M.