Palais du Peuple :les chaises pleines sont inutiles

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Les débats sur la théorie de la chaise vide ont toujours été
passionnés tant au niveau du parlement que des salons politiques et
même dans la rue. Pour les uns, il faut être partout où se discute
l’avenir de la nation pour changer les choses de l’intérieur et ne pas
laisser le champ libre à l’un ou l’autre camp adverse. Autrement dit,
quels que soient le nombre et les couleurs de telle ou telle tendance,
l’important est de prendre part aux débats pour y apporter un autre
son de cloche, évitant ainsi à l’un ou l’autre camp protagoniste
d’imposer ses desiderata.
Tout au long de la première transition au lendemain de la date
fatidique du 24 avril 1990, ces débats ont été très chauds et parfois
houleux chaque fois que les forces politiques regroupées au sein de
l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale devraient prendre position
pour faire partie d’un gouvernement appelé à préparer les élections
générales pour en finir avec la dictature mobutiste. Il en fut ainsi
du tout premier gouvernement de transition dirigé par le professeur
Vincent de Paul LUNDA Bululu, de celui du professeur Crispin MULUMBA
Lukoji et bien d’autres qui s’en sont suivis même ceux qui étaient
confiés à des personnalités se vantant d’avoir milité au sein de ces
forces de l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale. Notamment Jean de
Dieu NGUZ a Karl i Bond, Bernardin MUNGUL Diaka, Faustin BIRINDWA et
Léon KENGO Wa Dondo. Il en fut de même pour les grandes rencontres et
autres rendez-vous politiques sensés régler certaines questions
intéressant la vie de la Nation. Les débats à ce sujet pouvaient
prendre plus de temps que l’examen des questions de fond tant que les
parties engagées ne parvenaient toujours pas à harmoniser leurs vues
parfois sur certains préalables quant à la forme et aux sensibilités
d’ordre politique.

Boycott des grandes
rencontres
Que des rendez-vous manqués par le fait d’un détail protocolaire ou
l’intitulé d’une rencontre ! Les responsables des mouvements rebelles
se réclamant proches du héros P.E. LUMUMBA avaient boycotté la
Conférence Constitutionnelle de Luluabourg qui avait rédigé la
première constitution de type fédéraliste de ce pays et qui va
influencer fortement les travaux de la Commission Constitutionnelle de
la Conférence Nationale Souveraine de 1991-92. La grande partie des
personnalités de l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale avaient aussi
boycotté les travaux du Conclave du Palais de la Nation qui mit en
place le gouvernement de Faustin BIRINDWA en mai 1993.

Chaises pleines inutiles
A y regarder de près, l’on constate que la politique de la chaise
pleine n’a pas du réussi dès lors que la quasi-totalité des rencontres
ont toujours accouché d’une souris. Exceptés les textes rédigés mais
qui sont allés remplir les archives de la République ou parfois jetés
dans les poubelles. Les expériences récentes méritent d’être épinglées
pour démontrer que la politique de la chaise pleine n’a toujours pas
apporté la cohésion et l’unité de la Nation.
Au lendemain des travaux des négociations politiques inter
congolaises de Sun City, l’on croyait que la période de la transition
sous le régime de 1+4 allait résoudre la terrible question de la
légitimité politique qui a tant fait défaut depuis l’assassinat de
P.E. LUMUMBA. De nombreuses voix s’élevèrent pour condamner le refus
de l’UDPS et de son président Etienne TSHISEKEDI d’entrer dans les
institutions de la République. Les mêmes voix, dont celles des
représentants des puissances occidentales rassemblées au sein du
Comité International d’Accompagnement de la Transition, fustigèrent le
refus du leader de l’UDPS de prendre part aux élections de 2006.
A la lumière des incidents qui ont eu lieu hier au palais du Peuple
avec la sortie bruyante de la salle des Congrès des députés membres de
l’Opposition Politique suite au refus opposé par le président Aubin
MINAKU de prendre en compte les remarques déposées par Clément KANKU
Bukasa, force est de constater que ceux qui ont de tout temps crié à
hue et à dia que la politique de la chaise vide est une erreur
politique ont été rattrapés par l’histoire politique du pays et la
réalité du rapport des forces. L’élu de Dibaya avait dénoncé de
nombreux blocages des dossiers sensibles imposés délibérément par le
président de l’Assemblée Nationale, particulièrement celui relatif à
la motion de censure à charge du Premier Ministre et les débats sur la
situation de l’Est, etc.
Cette sortie bruyante n’a pas du tout empêché la plénière de
poursuivre son bonhomme de chemin. Bien au contraire, Aubin MINAKU
s’est contenté de lire à l’attention de l’assistance le contenu du
communiqué rédigé par l’opposition parlementaire dénonçant ces
multiples blocages des dossiers sensibles. Comme pour dire, circulez
mesdames et messieurs, tout va bien. Les députés devraient se rendre
compte de leur turpitude, car tous les dossiers sensibles ont toujours
été examinés et débattus en leur présence

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