Oui, l’argent est là !

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En proclamant le mardi 16 mars du haut de la tribune de l’hôtel VENUS qu’il était impensable, honteux et impardonnable que la RDC puisse continuer de se contenter d’un budget annuel de l’ordre des trois milliards des dollars Us, le Premier ministre Adolphe MUZITO était loin de s’imaginer qu’il venait de mettre son doigt sur l’origine de la crise profonde qui déchire depuis des dizaines d’années ce pays pourtant béni des dieux. Le chef du gouvernement ne s’est pas limité là, il a poursuivi en disant sans gêne que les régies financières étaient capables de doubler les recettes de l’Etat et pourquoi pas aller au-delà. Et son ministre des Finances de lui emboiter le pas en promettant une politique de la carotte et du bâton aux agents de ces trois régies génératrices des recettes. La prime sera alors de l’ordre de 20 % au cas où les réalisations dépassaient le niveau des assignations leur confiées, a-t-il promis sous les applaudissements nourris de l’assistance venue nombreuse pour s’entendre dire que l’argent nécessaire pour accomplir le programme des cinq chantiers est disponible. Il suffit de creuser davantage pour le ramasser, a-t-on indiqué.

En d’autres termes, Adolphe MUZITO a lancé un appel pathétique aux congolais pour les convier à plus de discipline et de rigueur pour élargir l’assiette fiscale. L’argent est là, sinon comment peut-on expliquer que des entreprises étrangères se bousculent au portillon de la RDC si elles ne sont pas  garanties que leurs investissements miniers vont produire des richesses ? Si l’argent de ces entreprises minières est visible, l’on se demande pourquoi les recettes fiscales, domaniales, administratives et douanières disparaissent à travers des circuits mis en place par des cellules maffieuses. C’est donc avec raison que MATATA Mponyo a promis de fermer les robinets.

Faire mentir les partisans de la balkanisation

Oui, il y a de l’argent à gogo dans ce pays béni des dieux, car les richesses sont disséminées partout, a indiqué au Phare un expatrié qui croit dur comme fer qu’il y a moyen de faire mentir tous ceux qui estiment à tort que les Congolais ne méritent pas ce pays doté d’une superficie de 2.500.000 km2 des richesses dans tous les domaines de la vie, notamment le sol, le sous-sol, l’air, les eaux lacustres, fluviales et maritimes en plus des ressources humaines de haute facture.

Tous les spécialistes en finances publiques sont d’avis qu‘avec un peu de discipline et de rigueur dans la gestion des régies financières, la province du Katanga est en mesure de générer plus de 10 milliards des dollars Us par an. Un chiffre qui se rapproche de celui avancé par le professeur V.D. Paul LUNDA Bululu qui avait présidé aux destinées du tout premier gouvernement de la longue transition zaïroise en 1990-91. Les autres provinces n’étant pas moins dotées de richesses, peuvent produire davantage, ce qui met la RDC en droit d’espérer un budget de l’ordre de plus de 40 milliards des dollars Us.

Trop d’impôts tuent  l’impôt !

Tous les fiscalistes sont d’avis que trop d’impôts tuent l’impôt. En d’autres termes, il suffirait de réduire les taxes pour permettre aux contribuables de s’acquitter régulièrement de leurs obligations. Si la direction  générale des impôts réduisait par exemple à 20 dollars Us la taxe de la vignette des véhicules,  il est sûr et certain que les 95 % des usagers qui avaient boudé le taux actuel qui est de plus de 95 dollars Us se bousculeraient au portillon des bureaux de la DGRK.Et ce que le fisc a cru perdre de la main droite, il le récupérerait de la main gauche dans un laps de temps. Il en est de même de l’impôt sur le revenu locatif car si demain la DGRK réduisait le taux d’imposition jusqu’à 2 ou 5 %, les ménages les plus modestes ne rechigneraient plus à s’acquitter de leurs obligations civiques et légales. Voilà comment l’autorité fiscale peut élargir l’assiette fiscale et obtenir des résultats fantastiques correspondant à la grandeur de ce pays.

La rétrocession pose problème

Il est de notoriété publique que la rétrocession des recettes dues aux provinces et aux régies financières constitue un véritable goulot d’étranglement de ces entités décentralisées et celles qui génèrent les richesses nationales. Ce n’est qu’un secret de Polichinelle que des réajustements sont opérés sur la base de chantages éhontés lors des négociations pour récupérer leurs parts des recettes. De sorte que les provinces et les régies financières connaissent des retards énormes pour être servies. Voilà pourquoi les grèves sont si fréquentes au sein de ces entités et régies financières, ce qui se répercute sur le niveau de réalisation des assignations leur imposées par l’autorité centrale.  Bien entendu, tant que l’impunité demeurera une forme de gestion de la chose publique, les efforts de mobilisation des recettes annoncés par le Premier ministre resteront sans lendemain.       

Fidèle Musangu

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