Ouayoro : « Le groupe de la Banque mondiale lance l’Initiative des pays de Grands Lacs»

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L’insécurité qui a longtemps régné à l’Est de la RDC et l’instabilité récurrente qui a causé la mort de millions de personnes, relèvent d’un passé sombre de l’histoire africaine. Aujourd’hui, les dirigeants de tous les pays membres de la CIRGL, les regards tournés vers l’avenir, se sont engagés à concourir à instaurer la sécurité et à œuvrer pour le développement de la région. Le Groupe de la Banque mondiale a suivi l’évolution de toute cette situation et a applaudi son dénouement heureux avec la signature de l’Accord-cadre entre le gouvernement congolais et le M 23.

Joignant ses efforts à ceux des gouvernements de la région, le Groupe de la Banque mondiale vient de lancer «  Initiative des pays des Grands Lacs ». Un projet d’un montant d’un milliard de dollars destiné à enraciner la paix, à travers la réalisation de plusieurs projets d’infrastructures, d’appui aux activités des femmes, et aux populations réfugiées.  Les détails de ce projet ambitieux auquel devront se joindre d’autres bailleurs de fonds, ont été donnés vendredi 14 mars 2014, au siège de la Banque mondiale à Kinshasa, par le directeur des opérations, Eustache Ouayoro, au cours d’un point de presse.

Le directeur des opérations de la Banque mondiale pour la RDC et la république du Congo, a rappelé la visite effectuée dernièrement à Kinshasa et dans la région, par le président de son Groupe, Jim Yong Kim, et le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, et leurs entretiens avec les dirigeants de ces pays. A cette occasion, ils ont noté un nouvel optimisme au sein des populations, après la victoire des Fardc sur le M 23, et relevé une volonté de tous de se consacrer au développement de la région. Raison pour laquelle en lançant « Initiative des pays des Grands Lacs », Jim Yong Kim et Ba Ki-Moon veulent montrer la détermination de ces deux institutions d’accompagner les dirigeants des pays de la région à tourner la page et à œuvrer pour le développement.

            Eustache Ouayoro a fait savoir que le conseil d’administration de son  Groupe va examiner ce projet au cours de sa prochaine assemblée prévue le 20 mars 2014, et décider certainement de sa mise en œuvre. Il a décliné les articulations de ce projet qui comprend plusieurs volets, infrastructures avec la construction des axes routiers, des centrales hydro-électriques Ruzizi 1, 2 et 3. L’agriculture va consacrer le retour de la paix, notamment dans la plaine de la Ruzizi avec la création du pôle de croissance agricole visant la prise en compte de nombreux paysans et l’augmentation agricole. Il y a des projets dans le domaine de transport et voies de communication.

Investir dans la production de l’électricité pour développer l’industrialisation

 En Ouganda, ce projet de taille régionale va contribuer à la facilitation du trafic frontalier. En RDC, quelques axes routiers seront pris en compte, comme Bukavu-Cyangungu, Gulu-Kisangani et autres. A cela s’ajoutent les projets d’urgence pour la santé et l’autonomisation des femmes dans la région des Grands Lacs.

            Certes, a fait remarquer le directeur des opérations de la Banque mondiale, on formule des critiques à l’endroit de son institution sur le fait que ces projets prennent beaucoup de temps pour leur réalisation. Il a répondu que ces projets lourds exigent des études de préfaisabilité, de sédimentologie et autres. Il y a un engagement fort de la Banque mondiale sur le programme de relèvement de l’Est de la RDC ( Bunagana, Goma, …).

            Second grand projet qui intéresse la Banque mondiale, il s’agit de Inga 3. Ce projet dont la production est estimée à 23 gigawatt, requiert en effet, un investissement de 73 millions de dollars. Il faudra en outre, a-t-il fait observer, un partenariat public-privé pour négocier.

            Après avoir donné l’importance de ce projet gigantesque, Eustache Ouayoro indique qu’il pourra produire l’électricité la plus importante et la moins chère l’Afrique. Dans le paquet, il y a la réalisation des petits barrages sur cours d’eau, des barrages de taille moyenne, notamment Katende, Kakobola, Zongo, Nzilo, Tshopo, Ruzizi, pour ne citer que ceux-là.

            Le directeur des opérations de la BM a dit attendre l’examen du projet de loi sur la libéralisation du secteur de l’électricité qui permettra de résoudre beaucoup de choses. Dans la panoplie des possibilités, il entrevoit l’augmentation de l’accès de la population à l’électricité qui est aujourd’hui de 9 %. 80 % des charges de l’électricité des entreprises seront réduites. L’Afrique produit actuellement 1 gigawatt par an. La Chine avec la centrale électrique des Trois Gorges produit autant par semaine.

            Inga 3 va générer 1.000 mégawatts pour Kinshasa, autant pour le Katanga, et le surplus pour l’Afrique australe. Pour ce projet et tant d’autres, il faudra mobiliser 6 milliards de dollars d’investissement.

                                   J.R.T.

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