Otages : revendications politiques des Mai-Mai Yakutumba sur fond d’une terrible la gaffe !

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Les combattants Mai-Mai se réclamant du général Yakutumba croyaient avoir frappé un grand coup la semaine dernière, en procédant au kidnapping de 8 employés de la Croix-Rouge Internationale. Au plan médiatique, ils ont réussi à faire bouger la communauté internationale. Politiquement et diplomatiquement cependant, l’arme de la prise d’otages en train de se retourner contre eux. C’est en effet le tollé général contre un acte que l’on assimile au terrorisme et que l’on juge inadmissible, quelle que soit la cause l’ayant justifié.

C’est sans doute au regard de la condamnation unanime de cette prise d’otages que le général Yakutumba s’est empressé d’annoncer sa volonté de procéder à leur libération sans condition en principe au cours de la journée d’hier jeudi 15 avril 2010. L’autre précision donnée par celui qui passe désormais pour un général à la tête d’un groupe armé incontrôlé est que les otages n’avaient pas de problème de santé.

Que les Mai-Mai rendent ou non leur liberté aux membres du CICR privés de liberté depuis une semaine et certainement sous le coup d’un traumatisme aux conséquences imprévisibles, la gaffe est consommée. Le monde entier retient désormais d’eux l’image d’individus sauvages, n’ayant aucune considération pour le travail des organisations humanitaires et leurs personnels. Même si le gouvernement de Kinshasa n’a pas respecté ses engagements en rapport avec les accords de Goma, leur tort est de n’avoir pas su contrôler leurs nerfs et d’avoir mal ficelé leur marketing politique.

On ose croire qu’ils vont longuement méditer sur leur bourde. Quant aux autorités congolaises, elles devraient lire correctement le message leur transmis par les Mai-Mai Yakutumba, en termes de revendications politiques, militaires, sécuritaires, sociales, financières, administratives et autres. L’autorité de l’Etat souffre encore d’un déficit d’affirmation dans plusieurs contrées de l’Est de la République. L’enlèvement d’un touriste Enyele dans la périphérie de Mbandaka, en province de l’Equateur, et celui de huit agents du HCR dans les plateaux de Minembwe, au Sud-Kivu, constitue une pressante interpellation quant au renforcement du dispositif de protection des personnes et de leurs biens.

                                                                                                                      Jacques Kimpozo

 

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