Sur ordre du PGR : Muyambo retourne à Makala, l’AR proteste

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muyambo-j-cLe bâtonnier Jean Claude Muyambo, président du SCODE, qui était interné depuis environ trois mois au Centre Hospitalier Caroline dans la commune de la Gombe, est retourné dans sa cellule du CPRK depuis le
jeudi 9 juin 2016, sur ordre du procureur général de la République, Flory Kabange Numbi.

Le procureur général de la République lui reproche de se promener à travers toute la ville à Kinshasa au lieu d’être sur son lit de malade.

« Il me revient que le détenu Jean Claude Muyambo, au lieu de se retrouver sur le lit de malade à l’hôpital où il est supposé être, se promène à travers toute la ville de Kinshasa, écrit Flory Kabange Numbi dans une correspondance signée le 9 juin 2016 et adressée au directeur de la Prison centrale de Makala. Par conséquent, il lui demande, dès la réception de la présente de reprendre le prévenu et de le retourner dans son lieu de détention.

Aussitôt, l’Alternance pour la République, plateforme dont Muyambo est membre, est vite monté au créneau pour dénoncer les violations des droits humains par le pouvoir.

Dans un communiqué de presse daté du 9 juin 2016, le porte-parole de l’AR, Philipe Evoloko, accuse le pouvoir de restreindre non seulement l’espace des libertés, mais de contraindre également les opposants à la clandestinité jusqu’à leur priver des droits fondamentaux.

« L’enlèvement du bâtonnier Muyambo de son lit d’hôpital pour être reconduit manu militari au CPRK, a déclaré Philippe Evoloko, est en violation des dispositions des articles 16 et 17 de la Constitution, ainsi que de l’avis contraire de ses médecins,  avant de fustiger ces pratiques qui justifient selon lui, la présence prolongée en prison de Diomi, Kyaviro, Christopher Ngoyi …

Ce regroupement politique dénonce l’acharnement politico-judiciaire contre des  opposants et d’autres citoyens qui militent pour le respect de la Constitution,  a-t-il rappelé au procureur général de la République qu’il y a des dossiers qui nécessitent des enquêtes judiciaires urgentes, comme les fosses communes de Maluku, les
massacres de Beni …

L’Alternance pour la République prend à témoin l’opinion tant
nationale qu’internationale sur toutes ses violations de droits de
l’Homme qui ne favorisent pas un climat de confiance et d’apaisement
pour une issue heureuse des efforts que déploient  la Communauté
internationale et des organisations régionales pour aider la RDC à ne
pas sombrer dans le chaos.
ERIC WEMBA