Opposition : l’inquiétante incise d’Herman Cohen

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Depuis que l’administration Obama s’est invitée dans le débat du respect des constitutions et des mandats en Afrique, la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, s’est mise à croire à l’existence d’un candidat préfabriqué à partir d’un « laboratoire » de Washington. A un moment donné, on a même pensé qu’un ou deux opposants étaient en train de faire la course en tête dans l’opinion américaine, dans le cadre de la pré-campagne pour la présidentielle de 2016. Mais au terme de la dernière tournée de quelques membres de l’Opposition aux Etats-Unis d’Amérique (7-11 mars 2015), il semble que le pays de l’Oncle n’a pas de préférence particulière pour un camp politique donné en République Démocratique du Congo.

Certes, les officiels américains sont totalement acquis au principe de l’alternance en 2016 mais, par respect pour les règles du jeu démocratique, la succession de Joseph Kabila pourrait être assurée aussi bien par un membre de sa famille politique que par un acteur de l’Opposition.
S’agissant particulièrement de ce regroupement politique, Herman Cohen, ancien Sous-Secrétaire d’Etat Adjoint aux Affaires Africaines a inséré une inquiétante incise dans son rapport personnel de la dernière mission de ses délégués en territoire américain. Tout en prenant acte des velléités du pouvoir en place à Kinshasa de forcer un glissement de calendrier électoral et une prolongation des mandats des animateurs actuels des institutions de la République, la grande Amérique n’a pas pu se déterminer sur le choix d’une personnalité susceptible de fédérer les forces politiques et sociales de l’Opposition. En clair, les officiels américains n’ont pas encore de « dauphin » à pistonner sur l’échiquier politique congolais pour la présidentielle.
Cela est fort surprenant et contraste avec les rumeurs qui courent dans tous les sens, lesquelles présentent certains candidats de l’Opposition comme des présidentiables auxquels le soutien de Washington serait totalement acquis. A la lumière des notes d’Herman Cohen, on est en droit de se demander si les messages des membres de l’Opposition dernièrement en séjour aux USA sont bien passés dans l’opinion américaine. Car, l’impression qui se dégage de l’approche de Cohen est que beaucoup de chemin reste encore à faire pour amener ses compatriotes à jeter leur dévolu sur un candidat unique à l’élection présidentielle de 2016 en République Démocratique du Congo.

Rien ne sert de courir…

Bien que le rapport de Herman Cohen sur la récente tournée américaine de l’Opposition congolaise ne soit pas parole d’évangile, il n’en demeure pas moins un indicateur non négligeable quant au jugement que les décideurs politiques et l’homme de la rue aux « States » se font de ses affiliés. L’on retient qu’il n’y a pas, jusqu’à preuve du contraire, de candidat présidentiable déclaré dans l’esprit de l’administration américaine.

Par conséquent, ceux qui pensent avoir déjà rempli les critères requis, au sein de la famille politique autre que celle du Chef de l’Etat, devraient encore travailler dur s’ils tiennent à solliciter le parapluie protecteur de l’Oncle Sam. Car, au stade actuel, le fauteuil de l’oiseau rare que l’on croit voir les USA rechercher est toujours réputé vacant. En somme, dans l’entendement des Américains, tous les œufs se trouvent encore dans un même panier. Cela devrait faire réfléchir ceux qui pourraient être tentés de croire que le soutien des Occidentaux en particulier et celui des Américains en général, peut être obtenu sur la base de simples discours. Que non ! Tout compte fait, le cursus familial, académique, professionnel, politique… et, surtout, la moralité publique et privée. A ce stade, personne n’est ni perdant, ni favori, dans l’opinion publique américaine.                     Kimp