Opposition au Parlement : aveu d’impuissance

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politiciens-assemblee-nationale-parlement-politiqueDepuis les tripatouillages électoraux de novembre 2011, certaines forces politiques de l’Opposition avaient décidé de ne pas siéger dans les institutions de la République, notamment au gouvernement et à l’Assemblée nationale. Allergiques à la politique de la « chaise vide », certaines autres avaient opté pour des actions de résistance à l’intérieur de la Chambre basse du Parlement.

Trois ans après, l’opinion publique est surprise de voir les députés et sénateurs de l’Opposition plus actifs dans la « rue » qu’au Palais du Peuple, là où se décide le sort des institutions de la République et de leurs animateurs. L’histoire a montré, en très peu de temps, les limites d’une Opposition qui se veut républicaine mais dont l’impact sur la marche des affaires de l’Etat est quasi nul.

Le cas le plus récent est celui vécu hier lundi 31 mars 2014, avec le rejet pur et simple de l’interpellation ficelée par le député national Emery Okundji contre le président de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), l’abbé Apollinaire Malumalu. La Majorité présidentielle, qui tient le monopole de la parole et des décisions à l’Assemblée Nationale, a étouffé dans l’œuf les velléités de cet élu du peuple visant l’audit du fichier électoral, autrement dit l’accès de tous au Serveur central, ce dispositif technique hautement stratégique dans la compilation des résultats avant leur publication à l’intention du grand public.

En dépit de l’existence d’un cas de jurisprudence, à savoir l’audition du président sortant de la CENI, Daniel Ngoy Mulunda, par la Représentation nationale, l’Opposition parlementaire n’a pu faire changer la plénière d’avis. Ainsi, il ne reste à Emery Okundji et à tous les déçus d’hier qu’à aller crier leur ras le bol dans la rue, comme c’est désormais de coutume. A propos du fichier électoral, la démarche de ce député était en principe sans objet, étant donné que des représentants de plusieurs partis de cette plate-forme politique (UNC, MLC), siègent au Bureau ou à l’Assemblée plénière de la CENI. Si l’Opposition parlementaire ne fait pas le jeu de la Majorité Présidentielle, ses délégués devraient veiller au grain et dénoncer toute tentative de tripatouillage du Serveur Central ou du Serveur de Sauvegarde.

Mais, sachant qu’en 2006 comme en 2011, les « ambassadeurs » de l’Opposition parlementaire à la CEI comme à la CENI avaient cautionné les fraudes électorales, l’on peut comprendre le souci d’Emery Okundji.

 « Chaise pleine » sans résultats…

Lorsqu’on se livre à un petit bilan, l’on note que les pratiquants de la « chaise pleine » affichent un bilan peu flatteur en termes de résultats. Lorsqu’en janvier 2011, la Majorité présidentielle avait opté pour le passage en force, dans son désir d’amender la Constitution, l’Opposition parlementaire lui avait ouvert un « boulevard ». On peut relever aussi que jusque-là, aucune motion de défiance ou de censure, ni question écrite ou orale émanant d’un député de l’Opposition n’a inquiété un membre du gouvernement. Bien au contraire, il a été constaté, avec indignation et déception, que des élus de l’Opposition se livrait à un jeu malsain consistant transformer leurs « motions » et « questions écrites » en fond de commerce. Les scandales des initiatives parlementaires étouffées par des pots de vin durant la législature passée et en cours sont souvent dénoncés par les députés nationaux eux-mêmes, posant et reposant du coup la question de l’éthique dans le chef de ceux qui prétendent siéger au Palais du peuple pour la défense des intérêts de la patrie.

Au vu de l’opprobre jeté sur eux-mêmes en se livrant au monnayage des contrôles parlementaires et des accusations des membres du gouvernement qui se plaignaient à haute voix d’être diabolisés pour refus de « coopération » avec les marchands des motions, une réelle crise de confiance s’est installée entre la Représentation nationale et l’opinion publique. Chaque fois que l’on entend un député opposant donner de la voix  en dehors du Palais du Peuple, l’on se demande si c’est là le créneau attitré pour faire bouger les lignes.

Pour autant, l’Opposition parlementaire n’en continue pas moins d’affirmer qu’elle se bat pour la bonne gouvernance, la distribution équitable du revenu national par le gouvernement, la gestion orthodoxe des entreprises publiques, le respect des droits de l’homme, etc. Faut-il rappeler aux partisans de la « chaise pleine » qu’ils ont été incapables de défendre leur  collègue Diomi invalidé de manière cavalière et condamné au terme d’un procès où sa culpabilité n’a pas été établie ? La même Opposition parlementaire n’a pu rien faire face à l’arrestation intempestive du député Fidèle Babala, sans qu’il n’ait été dépouillé de son immunité parlementaire, et de son transfert illico presto à la CPI (Cour Pénale Internationale), comme un malfrat ?

S’agissant du vote du Budget national, celui-ci est toujours passé comme une lettre à la poste, en dépit des gesticulations de l’Opposition parlementaire. C’est pareil pour la reddition des comptes, en dépit du non respect par le gouvernement des délais de dépôt et des impasses budgétaires érigées en mode de gestion de la République. Où va l’Opposition parlementaire, avec sa politique d’accompagnement de la Majorité présidentielle dans le bien et le mal, en ce qui concerne la conduite des affaires de l’Etat ?

Kimp

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