Opérations militaires conjointes à l’Est : RDC-Rwanda-Ouganda : l’échec !

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Dans un communiqué publié le lundi 09 mai 2011, la Société Civile du Nord-Kivu n’y est pas allée par quatre chemins pour décréter que toutes les opérations militaires conjointes engagées par les armées congolaise, rwandaise et ougandaise en 2009 et 2010 contre les « forces négatives » étrangères ont été un cuisant échec. Baptisées « Kimia I », « Kimia II », « Rudiya I », « Rudiya II »… elles n’ont pas ramené la paix tant rêvée dans la partie Est du pays. Au contraire, l’insécurité reste omniprésente au Nord-Kivu avec les extrémistes Hutu des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda) ainsi qu’en Province Orientale avec les rebelles ougandais de ADF/Nalu et de la LRA (Lord Resistance Army).

Selon la Société Civile du Nord-Kivu, il y a lieu de s’arrêter et de repenser les stratégies de lutte contre ces différentes « forces négatives » étrangères. Elle appelle ainsi à la communauté internationale à prendre ses responsables afin de mettre un terme définitif à la nuisance de ces groupes armés en terre congolaise. L’autre piste à explorer serait le rapatriement, dans leurs pays d’origine, des membres de ces groupes armés étrangers.

Résultat : crise politique interne
Alors qu’elles n’ont rien réglé au plan sécuritaire, les alliances militaires congolo-ougando-rwandaises, ont plutôt produit un résultat très négatif : une grave crise politique interne en République Démocratique du Congo. On rappelle à cet effet que pour avoir dénoncé un partenariat militaire contre nature entre Kinshasa et Kigali, sans la saisine préalable du Parlement, Vital Kamerhe avait été contraint de démissionner de son poste de Président du Bureau de l’Assemblée Nationale.
On sait aussi que son limogeage avait été très mal accueilli par les autochtones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ainsi que par plusieurs élus, nationaux comme provinciaux, originaires de cette partie de la République. Aujourd’hui encore, le rapprochement entre les armées de la RDC, du Rwanda et de l’Ouganda, sous prétexte de mener des actions militaires concertées contre les mouvements rebelles présents en territoire congolais depuis deux décennies, est très mal vu par les populations congolaises de l’Est.

C’est ce qui explique en partie l’adhésion massive de ces dernières aux thèses d’acteurs politiques qui estiment que notre pays est le dindon de la farce dans la mise en application de stratégies qui ne produisent pas une paix durable. Les gagnants, à tous les coups, restent les Rwandais et les Ougandais, qui ont réussi à éloigner leurs rebelles des frontières communes pour l’intérieur du territoire de la RDC. Finalement, la prétendue volonté des voisins du Congo de l’aider à résoudre les questions des FDLR, de l’ADF/Nalu, de la LRA et des Mbororo n’est qu’une distraction.

La RDC désormais complice du « fond de commerce»
Pour avoir ouvert les portes de sa « maison » aux armées étrangères, la RDC s’est d’ores et déjà rendue complice du fameux « fond de commerce » du Rwanda, de l’Ouganda, et tout récemment de l’Angola, qui consiste à violer son intégrité territoriale de manière intempestive, au motif des poursuites contre les mouvements rebelles tenus par leurs concitoyens. Il suffit aux armées rwandaise, ougandaise et angolaise d’évoquer les bases arrière de ces rébellions situées dans les zones frontalières pour qu’elles se permettent des safaris militaires sur le sol congolais.

Placées devant des invasions armées de fait, les autorités congolaises restent souvent aphones, pour des raisons inavouées. D’aucuns pensent que Kinshasa serait prisonnière des contentieux liés aux guerres de libération-agression auxquelles ces Etats voisins avaient pris une part active, à l’appel des Congolais eux-mêmes, selon leurs intérêts en tant que tenants du pouvoir ou chefs de guerre.

Elections, développement, reconstruction…

Au regard du climat actuel d’insécurité, la RDC est placée dans une situation fort délicate pour l’organisation de ses élections, son développement et sa reconstruction. Nombre d’observateurs pensent que des millions de citoyens congolais habitant le Nord-Kivu et la Province Orientale risquent de ne pas se faire enrôler et partant de ne pas prendre part aux scrutins de 2011-2013.

D’autre part, toutes les perspectives de développement et de reconstructionsqui se profilaient à l’horizon sont en train de s’envoler en fumée. L’Est de la RDC ressemble, dans certaines de ses contrées, à un « bien sans maître », que des rebelles étrangers pillent sans rencontrer la moindre résistance.
C’est le lieu d’en appeler, une fois de plus, à la mise en route d’une armée capable de sauvegarder l’intégrité du territoire national, de se faire respecter aussi bien des armées régulières  que des mouvements rebelles étrangers. Les stratégies militaires imposées ou proposées aux Congolais par leurs partenaires de la sous-région des Grands Lacs, de l’Afrique Centrale ou de l’Occident ne produiraient aucun effet positif tant que l’armée congolaise ne serait pas en mesure de contrôler le ventre mou constitué par la Province Orientale, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

Kimp

 

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