Opération « Mbata ya Bakolo » : les refoulés continuent à déferler sur Kinshasa

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brazzaTraqués et chassés comme de rats par des méthodes peu recommandables, les expulsés du Congo Brazzaville sont abandonnés à leur triste sort. C’est le constat malheureux  que n’importe quel observateur de bonne foi  peut faire au grand port de l’ex-Onatra où nos compatriotes débarquent les mains vides, le moral au plus bas.

Alors que l’opinion attendait que, traumatisés, maltraités   dans leur pays d’accueil, les Congolais chassés  qui arrivent chaque jour avec des baluchons sur les têtes, une fois au pays, précisément à Kinshasa  trouvent  des structures pour leur offrir un peu d’humanité, il  y a visiblement  rien qui est  fait dans ce sens.

Au port,  aucun service de prise en charge n’est organisé pour aider ces compatriotes, dont certains ont quitté la ville il y a plusieurs années, à trouver des repères qui pourront les aider  à retrouver les membres de leurs familles.

La ville  de Kinshasa a connu de travaux de réhabilitation des routes, de la voirie. Les arbres plantés le long de grandes artères  qui servaient  de point de repères ont été coupés. A plusieurs endroits, de nouveaux bâtiments sont sortis de terres.

Car, en allant à la recherche de l’eldorado,  chacun avait emporté dans ses souvenirs ses propres  réalités  de la ville.  Malheureusement, le choc du retour semble tellement brutal que ces compatriotes disséminés un peu partout au centre-ville passent des heures sans savoir exactement comment faire pour quitter le centre-ville. Et ils n’ont très souvent  le salut qu’en demandant aux passants de bonne foi comment faire pour sortir de ce dépaysement.

Dans la foulée, aucun service sanitaire d’accueil  n’est prévu et organisé   au cas où des malades débarqueraient parmi ces compatriotes devenus indésirables au Congo Brazzaville pour les acheminer dans les centres hospitaliers. On devrait aussi penser à un service de quarantaine au cas où des gens seraient porteurs de virus afin d’éviter leur propagation au sein de la population kinoise.

De même, les autorités de Kinshasa en tête  auraient dû penser à mettre en place un transport public avec des lignes spéciales qui feraient  des navettes incessantes  pour prendre  ces expulsés et exilés de la faim  du port  où ils débarquent, démunis, pour desservir l’ensemble de la capitale,  afin d’éviter qu’ils ne soient une fois de plus tracassés ou pillés par de inciviques.

Il faut aussi dire que ces expulsions se font sous le contrôle d’aucune structure internationale, telle que le HCR ou les représentants de l’Etat congolais pour voir comment ces compatriotes sont chassés.

Sur le plan administratif, l’Hôtel de ville va avoir du mal à gérer ces expulsés qui viennent grossir les rangs des chômeurs  déjà nombreux dans la capitale.

 Muyaya doit aller plus loin

Dommage que sur le plan institutionnel, tout se soit résumé aux discussions qui ont eu lieu dernièrement entre la délégation qu’avait conduite le Vice-ministre des Affaires étrangères pour tenter de clarifier les contours de l’opération « Mbata ya bakolo » et la question d’actualité du député Muyaya dont les réponses avaient laissé beaucoup de zones d’ombre.

Et pourtant, le calvaire des Congolais continue de plus belle.

Et au  jour d’aujourd’hui, aucun observateur, voire  au niveau institutionnel  ne peut  donner   avec précision les contours de cette opération qui s’apparente à la chasse systématique  aux « Zaïrois » et dont les dommages collatéraux sont énormes.

Selon les explications fournies autour de cette opération,  il avait été dit que cette démarche visait à chasser des Congolais de Kinshasa non en règle et toutes les filles qui monnayent leurs charmes en faisant le trottoir.

Aujourd’hui, en règle ou pas, nos compatriotes souffrent le martyr.

Les plus chanceux d’entre eux  sont ceux qui peuvent passer entre les mailles des filets pour arriver jusqu’aux locaux de  l’Ambassade pour être évacués dignement, alors que les plus malheureux sont ceux que l’on attrape à un coin de rue et à qui  les éléments chargés de cette traque ne donnent aucune chance d’emporter quoi que ce soit. Ils  sont pris comme des malpropres et conduits vers le premier commissariat pour être refoulés.

         On se demande aujourd’hui où en sommes-nous avec la commission parlementaire qui avait été annoncée. Car, on ne  devait pas s’arrêter au simple fait d’annonce. D’autre part, on se demande que fait  le gouvernement pour actionner tous les traités signés et tous les mécanismes  mise en place dans la sous-région pour la libre circulation des biens et des personnes.

         Au niveau des structures régionales telle que la CEEAC, l’opinion veut savoir si  le gouvernement a présenté un problème dans ce sens. Car, ce n’est ne pas la première fois que les Congolais sont maltraités et expulsés de partout, dans l’indifférence totale de l’Afrique Centrale ou de la sous-région des Grands Lacs.

VAN

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