Oeuvre du prof Yoka Lye Mudaba : «Bisonji bia Bakaji» porté  sur les fonts baptismaux

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La ministre  Astrid Madiya, son collègue chargé de la Culture dans la
capitale et d’autres invités ( Wazekwa, le directeur général du
Théâtre National Congolais…..) ont pris part hier mardi 13 mars 2018
au Centre Wallonie Bruxelles  à la cérémonie de  présentation de «
Bisonji bia Bakaji ou larmes des femmes », le nouveau recueil des
nouvelles d’André Yoka.
Expert financier converti en critique d’art, Alexis Yoka, jeune frère
de l’auteur, a indiqué que ce recueil est dédié à leur sœur cadette et
leur nièce décédées récemment.
Edité cette année aux éditions Pangolin de  Charles Djungu Simba, cet
ouvrage de vingt cinq pages contient seize nouvelles, entre autres,
Dunia,  victime pygmée, dialogue des sourds, l’infirmière…..

Pour critique d’art, son frère aîné est un écrivain engagé, amoureux
de l’écriture visuelle, qui a un regard mi figue mi raisin sur la
négritude. Il est aussi  comme ce cameraman  aguerri qui change de
position pour prendre des images  sous plusieurs angles.  Féru de la
satire mais également de l’humour, l’auteur  peint avec une certaine
délectation les scènes quotidiennes de la société kinoise. Assimilé
d’une certaine manière  à un griot, il décrit  les tares d’un terroir
où il a grandi.  L’écrivain s’intéresse aussi aux politiciens qui
s’illustrent par leur jactance, mais aussi à l’enfant soldat, au
pasteur enclin parfois à des pratiques peu orthodoxes et bien d’autres
personnes.
Dans «Bisonji bia Bakaji», a fait remarquer le critique d’art,
l’auteur revient sur le calvaire enduré par le sexe faible. C’est le
cas du récit d’une infirmière violée par un kadogo et qui un jour
reçoit son violeur. Cachant son désir de vengeance, la jeune
infirmière va administrer une piqûre mortelle au milicien.
La nouvelle sur Kipulu est l’image d’une capitale à plusieurs
visages.  Il y a les communes urbanisées de Limete, Ngaliema, Gombe où
garçons et filles issus des milieux aisés mènent une vie dorée et des
cités périphériques, comme Kisenso avec  ses érosions. Et là, vit un
père de famille du nom de Kipulu avec ses huit enfants.
Les nuits pluvieuses causent des insomnies à Kipulu et à sa
progéniture. La voiture de Kipulu est  emportée par la boue.
Dunia, est aussi ce récit qui, à priori, illustre la douleur et la
maîtrise des femmes devant des situations difficiles. Issue d’une
lignée dynastique, la princesse Dunia  subjuguée par l’eldorado
européen, émigre en Occident. Et là, elle est engagée dans un hospice
des vieillards. Elle preste avec sourire aux lèvres, réprimant sa
peine de travailler comme bonne en Europe.
Alexis Yoka a salué la démarche solidaire de Djungu Simba qui a
dépanné un compatriote.
Il y a eu des intermèdes musicaux agrémentés par la vedette en herbe
Ornnellie Kusakusa qui accompagné de l’orchestre de l’INA, a
interprété Mama de Mpongo Love, de Gatho Beevens et de Shungu
Wembadio. Les yeux embués de larmes et chantant avec une aisance
remarquable, Kusakusa a emballé l’assistance.
Les  comédiens  Ngaki et Annie Biasibiasi ont fait une sorte de
lecture témoignage de deux récits de Yoka. Dialogue des sourds est
l’histoire d’une prostituée kinoise, fille d’un ancien dignitaire
mobutiste, exilée au Congo Brazza  et qui se plaint de la pingrerie
d’un Ivoirien, son compagnon de passage.
Ngaki a lu « Victime, pygmée » qui explique avec force détail
l’histoire d’un pygmée fouetté durement en Ituri par des Hema ou  des
Lendu.  Ses crimes ? il est instituteur, a des armes chez lui (arcs,
flèches, couteau)…..
L’auteur a retenu difficilement  ses larmes en évoquant  sa sœur
cadette et sa nièce, aujourd’hui dans l’au-delà,  remercié les autres
Yoka d’avoir fait le déplacement du CWB et des partenaires comme le
CWB,  Djungu Simba.
Priée de « baptiser » le nouveau recueil et visiblement émue, la
poétesse Yolande Elebe a recommandé aux lecteurs de bien accueillir le
nouvel ouvrage.
Jean-Pierre Nkutu

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