Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) : la Société Civile pas d’accord avec les statistiques officielles

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A l’initiative de « Action 2015 », les Organisations de la Société Civile(OSC) ont évalué, le 19 septembre 2015 dans la salle de réunion CAFCO, les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et tracé les perspectives des Objectifs du Développement Durable(ODD). A en croire la coordinatrice de Action 2015, Madeleine Andeka, l’objectif de cette session était, non seulement le partage des informations sur le niveau atteint par la RDC dans la mise en œuvre des OMD, mais aussi de mobiliser les OSC pour une meilleure appropriation du processus de l’Agenda Post-2015. « C’est donc une occasion pour nous de dégager les messages des OSC en direction des pouvoirs publics en ce qui concerne l’adoption des ODD… » a-t-elle appuyé. Ont pris part à cette rencontre, les ONG des jeunes, des femmes, de droits de l’homme, confessions religieuses, etc.

Invité à décliner la situation de la RDC en rapport avec les OMD, le professeur André Cikayi, a fait noter une baisse de l’incidence de la pauvreté et de la malnutrition. Concrètement, a-t-il illustré, il y a eu une baisse d’un quart de l’incidence de la pauvreté (80% en 1990 à 63,4% en 2012); un triplement du revenu par habitant (140 USD en 2001 à 430 en 2013); une baisse d’un tiers de la proportion des enfants présentant une insuffisance pondérable (31% en 2001 à 22% en 2013) ; l’amélioration du niveau de l’emploi salarié dans le secteur non agricole (36,1% en 2005 contre 43,5% en 2012);

Concernant l’éducation, l’enseignant a fait noter que le pays a atteint une scolarisation universelle pour tous au niveau du primaire. Pour lui, le taux brut et net de scolarisation respectifs de 98,4% et 90,5% en 2012;  l’expansion du taux d’achèvement a triplé passant de 24,8% en 2001 à 69,7%; un triplement du revenu par habitant (140 USD en 2001 à 430 en 2013); enfin, le taux d’alphabétisation des 15-24 ans à 82,4% en 2014 contre 48,6% en 1990;

Au sujet de la parité dans l’enseignement, André Cikayi observe  une augmentation constante, alors que « des progrès notables enregistrés dans la réduction de la mortalité des enfants ». « En RDC, la mortalité maternelle est en diminution d’un tiers (1289% en 2001 à 846%o en 2013); au moment où il y a une hausse des accouchements assistés par un personnel de santé qualifié (60% en 2001 à 80% en 2013); et un taux quadruplé de prévalence contraceptive moderne (2,3% en 1990 à 7,8% en 2013) » a-t-il indiqué.

Quant à l’objectif d’inverser l’infection du VIH/SIDA, le professeur a confirmé que la tendance de prévalence du VIH/SIDA dans la population a été inversée et réduite à 1,2% depuis 2008 (5% dans les années 90); enfin,  il a relevé une très faible dégradation de l’environnement conjugué avec une augmentation des zones protégées et une augmentation de l’Aide publique au développement (299 millions en 2001 à 2,17 milliards en 2012); une mobilisation accrue des ressources internes(0,3% du PIB en 2000 à 14% du PIB en 2014); une dette extérieure soutenable et viable à long terme et boom au service du financement de l’économie(Téléphonie : 0,03 pour 100 habitants en 2000 à 53,5 en 2014; Internet : 0,01 pour 100 habitants en 2000 à 3,0 en 2014). « Ce Rapport trace des perspectives en comptant sur l’importance des acquis de ces dernières années de stabilisation et de relance au moment où le pays est engagé dans la préparation de son Programme National Stratégique pour le développement destiné à préparer l’émergence de la RDC à l’horizon 2030 » a expliqué André Cikayi à ses pairs de la Société Civile sceptiques.

            Dubitatifs, les acteurs de la Société civile ont plutôt évoqué que le bilan est mitigé pour la RDC. « Certes des rapports sur feuilles indiquent la bonne forme, mais le peuple demande que leur incidence soit visible, palpable autant sur terrain, que dans le panier/sachet de la ménagère. Ces rapports donnent excessivement une impression positive, alors que les réalités démontrent autre chose » ont-ils martelé, en illustrant simplement que des millions d’enfants déambulent dans les rues de la capitale et à l’intérieur du pays, contrairement aux statistiques officielles.

            Au sujet justement de ces statistiques, les OSC ont demandé aux pouvoirs publics de renforcer l’Institut National de Statistique(INS) afin de livrer continuellement à l’opinion nationale des inventaires fiables.

Tshieke Bukasa