«Nzala…»

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La faim en République Démocratique du Congo. De quoi s’agit-il ?

De la faim en République Démocratique du Congo ! parlons en aussi. Elle est endémique bien sûr, mais elle n’est pas la seule caractéristique de sa situation déjà dramatique. Le manque d’hygiène, les maladies et pénuries des soins médicaux sont aussi symptomatiques. L’espérance de vie à la naissance, qui varie entre plus ou moins 72 et 74 ans dans les pays développés, ne dépasse pas 47 ans ici. Bien que la possibilité de recourir aux médicaments et aux produits biologiques soit essentielle à la santé, ce secteur est devenu une sorte d’exploitation économique et de spéculation financière par « les prédateurs » de toute origine. 

La faim signifie également pénurie du savoir et carence des possibilités du savoir. L’une des caractéristiques de l’analphabétisme, c’est qu’il a plus d’incidences dans les régions rurales que dans les régions urbaines et plus sur les femmes que sur les hommes.

 Plus de 65% des illettrés chez nous sont des femmes. Le fait que la distribution géographique et sociale de l’analphabétisme soit presque identique à celle de la pauvreté n’est pas accidentel. L’analphabète, en règle générale, est le plus pauvre, le moins bien alimenté, le plus souffreteux, le plus exploité et le plus marginalisé. Aussi, les Congolais ont-ils besoin d’une culture propre. 

La constatation est nette : la culture des autres, devenue aliénante et psychologiquement nôtre, a envahi au quotidien notre imaginaire mental. C’est cela la faim ; c’est cela cette soif de consommation dénuée de toute rationalité. 

La faim, c’est aussi la faiblesse des revenus liés étroitement à la situation de l’emploi, du chômage et du sous-emploi. Et ces phénomènes sociaux ne peuvent être considérés comme de simples questions quantitatives. Il s’agit aussi d’un problème qualitatif. Que mangent les Congolais en général ? 

Le tout est aggravé par l’exode rural, cette migration croissante, en direction des villes, de grandes masses des villageois – paysans, «  ces réfugiés

de l’environnement », vers les grandes villes du pays déjà elles-mêmes rendues bidonvilles, caractérisés par le phénomène que les géographes appellent « urbanisation explosive ». Le spectacle qu’offre un bidonville, par exemple, est simplement désolant: indigence et mendicité, insalubrité, entassement d’hommes, promiscuité, pénurie de I’eau courante, les maladies transmissibles par l’eau : fièvres entériques, dysenterie, typhoïde, choléra, infection amibienne, schistosomiase, etc. I’absence d’installations sanitaires, la violence sans borne (phénomène KULUNA) la prostitution, la toxicomanie, la délinquance et d’autres manifestations des conduites antisociales. C’est simplement grave, dans un monde témoin des pillages à grande échelle des voleurs des richesses du pays, richesses incalculables. La conscience congolaise devrait rougir de honte. 

La faim au Congo est un phénomène économique et social. C’est aussi et surtout, un fait politique. Exploitation et dépendance, pauvreté et famine, insécurité et chômage, insalubrité et ignorance, sont si l’on veut, de formes ou des approches pour l’analyse d’une réalité unique : le sous – développement à la

base duquel on ne trouve rien d’autre qu’un ordre économique chaotique injuste et une inégalité manifeste dans la distribution des richesses des Congolais. J’ai souvent enseigné que le sous-développement, c’est I’incapacité des gouvernements des pays du tiers-monde à prendre réellement en charge leurs populations.

Pr. Kambayi Bwatshia

 

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