Le numéro  « 122 » à la disposition des victimes des violences sexuelles

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Le Bureau du représentant personnel du chef de l’Etat en charge de la
lutte contre les violences sexuelles et le recrutement des enfants
(BRP) a lancé, le lundi 29 mai 2017, la campagne « Brisons le silence
» 2017, dans la salle polyvalente de la paroisse Notre Dame de Fatima,
dans la commune de Gombe. C’était au cours de la conférence de presse
co-animée par les membres du bureau à savoir Marie-Antoinette Saya,
conseillère en genre et partenariat et Gladys Mambulu, ainsi que
Myriam Dako, coordonnatrice du Centre d’Assistance Judiciaire pour
Enfants et Mères et représentante des différents partenaires du BRP.

Cette troisième phase de la campagne « Brisons le silence » vise à
amener  les victimes des violences sexuelles, les membres de leur
entourage ou même les témoins des faits, à dénoncer les auteurs des
viols en s’adressant aux instances compétentes pour une prise en
charge médicale, juridique et psycho-sociale.
Gladys Mambulu, qui a expliqué les contours de la campagne après la
visualisation à cette occasion du spot publicitaire porteur du message
de ladite campagne, a invité la population tout entière (parents,
enfants, amis, frères, etc.) à dénoncer toute forme de violence
sexuelle en appelant au 122, afin de parvenir un jour à une situation
de viol zéro en RDC.
Contrairement aux deux premières phases de la campagne (en 2015) où
le grand nombre des chiffres des deux numéros semblaient très longs
pour le public, la campagne « Brisons le silence » 2017 est dotée d’un
numéro court, facile à retenir et à vulgariser en vue d’atteindre le
plus grand nombre des gens.

Des actions concrètes pour l’appropriation de la campagne

En ce qui concerne le déroulement de la campagne, Gladys Mambulu a
indiqué que plusieurs canaux de communications (spots publicitaires,
panneaux à Kinshasa et dans les villes cibles, flyers, dépliants,
etc.) ont été ciblés afin de dénoncer les auteurs de viols et mettre
fin à ce fléau qui s’attaque à la dignité de la femme.
En plus de ces moyens, le BRP, a indiqué Gladys Mambulu, prévoit dans
son agenda en marge de cette campagne, des descentes dans des écoles,
des marchés, des églises, pour passer le même message et faire
comprendre aux parents, aux familles, à chaque individu, la nécessité
de dénoncer le forfait et son bourreau, afin de décourager d’autres
potentiels criminels et mettre fin ainsi à ce cycle.  Le Bureau va
également poursuivre les séances de sensibilisation et de formation
déjà amorcées avec les chefs religieux et coutumiers pour une
vulgarisation à la base. Cette série d’activités va se dérouler
pendant un mois à Kinshasa avant de mettre le cap sur les autres
provinces cibles de la RDC.
Marie-Antoinette Saya et Myriam Dako ont toutes les deux insisté sur
l’importance pour les familles ou les proches des victimes de ne pas
emprunter le chemin de l’arrangement à l’amiable qui, en réalité n’est
jamais au bénéfice de la victime qui malgré tout, n’échappe nullement
aux conséquences psycho-sociales, physiques, et autres de l’acte subi.
Pour les deux conférencières, en plus de ne rien apporter comme
soulagement aux victimes des viols, l’arrangement particulier donne
également le quitus au bourreau de perpétrer d’autres actes barbares.
C’est pour cette raison que le BRP a lancé l’invitation à toutes les
parties prenantes, les ministères, les partenaires et toute la
population congolaise à vulgariser suffisamment ce message afin de
briser le silence par le 122.
La campagne « Brisons le silence » ne laisse aucune catégorie de la
population en reste. Pour celle se trouvant dans les coins reculés du
pays sans accès au téléphone portable, Gladys Mambulu a fait savoir
que des mesures ont été prises avec les organisations partenaires
œuvrant dans ces parties du pays afin d’atteindre cette catégorie,
rapporter des cas et entamer la prise en charge.
Myiam Iragi