Nuages sur les élections : la Monusco envoie un signal fort

0
26

Selon le général Chander Prakash, commandant des forces de la Monusco (Misson des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo), celle-ci envisage de mettre bientôt en exécution un plan spécial pour la protection des populations civiles en période électorale. Cette activité s’inscrit dans le cadre de son nouveau mandat, tel que défini dans la Résolution 1991 adoptée le mardi 28 juin 2011 par le Conseil de Sécurité, et qui court jusqu’au 30 juin 2012.

Il s’agit là, croit-on, d’un signal fort aussi bien en direction du gouvernement congolais que des populations civiles qui avaient de plus en plus le sentiment d’avoir été abandonnées à leur triste sort par la communauté internationale. 5 ans après le processus électoral de 2006 en effet, la RDC ne parait toujours pas en mesure de s’assumer efficacement face aux dérapages préélectoraux, électoraux et post-électoraux. Le fait que la neutralité de l’administration publique, de la territoriale, des services de sécurité, de la police et de l’armée ne soit pas évidente constitue une lourde hypothèque sur un processus électoral voulu libre, transparent et apaisé.

Selon les termes de cette Résolution, la Monusco devrait apporter au gouvernement congolais un appui technique et logistique à l’organisation et à la tenue de tous les scrutins de 2011 à 2013. Et la protection des civils y est retenue comme la priorité des priorités. A cet effet, le général Chander Prakash devrait faire le tour du pays en vue de recueillir les données nécessaires à la mise sur de la stratégie de prise en charge sécuritaire des civils. La première étape a été sa rencontre avec le commandant de la10me Région militaire et celui des opérations Amani Leo, à Bukavu.

Les observateurs se réjouissent du réveil, quoique tardif, de la Monusco, face à sa mission de sécurisation des personnes et de leurs biens pendant le processus électoral. Compte tenu de la charge émotive des enjeux électoraux de 2011 à 2013, elle aurait dû prendre des dispositions sécuritaires spéciales pour les populations civiles depuis plusieurs mois. Pour avoir trop longtemps attendu, la période préélectorale a déjà été marquée par plusieurs cas de violences, le plus souvent occasionnées par l’amateurisme des forces de l’ordre face aux manifestations publiques pacifiques.

Kinshasa, Lubumbashi, Bukavu, Goma, Mbuji-Mayi, Kananga, Lodja, Katako-Kombe, Lubefu, Tshumbe, Butembo, Beni, Kikwit et Masinimba ont été les premières villes et cités à être touchées par les violences préélectorales, notamment avec des incendies des sièges des partis, des chaînes de télévision privées, des bagarres rangées entre militants des partis, des opérations punitives conduites par des policiers et marginaux le plus souvent instrumentalisés par des leaders des partis au pouvoir.
Des morts, des blessés ainsi que des dégâts matériels qui ont commencé à noircir le tableau devenaient fort inquiétants pour la suite du processus électoral. Il y avait de plus de quoi craindre une implosion incontrôlable, de nature à compromettre la difficile marche du pays vers la démocratie.

Il est à espérer que dans le cadre de son nouveau plan de protection des civiles, la Monusco va se montrer fort attentive non seulement aux actions d’éléments armés et marginaux victimes de la manipulation des politiciens mais aussi aux forces négatives qui entretiennent l’insécurité au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, au Maniema, en Province Orientale et au Katanga. Un seigneur de guerre comme Gédéon Kyungu, qui a été extrait de la prison de Kasapa, à Lubumbashi, dans des circonstances demeurées très floues, devrait être tenu à l’œil. Sa sortie inattendue de prison fait à croire en l’existence d’un agenda caché dans le chef de ceux qui rêvent de perturber le processus électoral au Katanga.
La RDC étant un demi-continent, on souhaite que la Monusco prenne la pleine mesure de sa lourde et délicate mission et mobiliser, les moyens militaires, humains et logistiques conformes à la volonté des Nations Unies de sécuriser réellement le processus électoral congolais.

Kimp

 

LEAVE A REPLY

*