Nouvelles provinces : seize Commissaires Spéciaux bloqués à Kinshasa !

0
152

carte rdcAlors que le séminaire de renforcement de leurs capacités a pris fin il y a plus d’une semaine, des Commissaires Spéciaux de nouvelles provinces sont encore visibles à Kinshasa. A en croire Radio Okapi, cette prolongation de séjour serait officiellement liée à l’attente des notes de leur affectation au niveau du ministère de l’Intérieur. Mais la même source, qui s’appuie sur des informations officieuses, laisse entendre que cette situation, qui touche au total seize responsables de nouvelles entités territoriales décentralisées serait liée à un problème de trésorerie.

On souligne que jusqu’hier lundi 16 novembre 2016, cinq Commissaires Spéciaux seulement sur vingt-un ont pu rejoindre leurs postes d’attache. Il s’agit de Richard Muyej (Lualaba), Larousse Kabula (Kwango), Ngobila Mbala (Maindombe), Tokole Ilongo (Tshopo) et Mbala Mbala Kasongo (Kwilu). De l’avis de nombreux observateurs, ce n’est là qu’un des signaux inquiétants des avatars d’installation des autorités de nouvelles provinces issues du découpage territorial et de fonctionnement de celles-ci.

Le plus dur reste à venir. Car, en sus des frais de leurs entrées en fonctions, la plupart de ces « gouverneurs intérimaires » devraient recevoir des moyens colossaux pour la construction de leurs résidences et des bâtiments devant abriter leurs cabinets politiques et services administratifs, mais aussi pour l’installation des fonctionnaires appelés à animer de nouvelles administrations, notamment celles liées à la justice (Cours, tribunaux et parquets), à la police nationale, à l’enseignement primaire et secondaire, aux finances, à l’économie, à l’intérieur et sécurité, à l’urbanisme, à l’habitat, aux affaires foncières, à l’agriculture, à l’environnement, aux médias, aux affaires sociales, à la culture et arts, aux sports et loisirs, etc.

Etant donné que les nouvelles provinces manquent de tout et qu’elles devraient financièrement dépendre, jusqu’à nouvel ordre, de Kinshasa, l’on se demande où le gouvernement central va-t-il trouver plusieurs centaines de millions de dollars qu’exigent pareilles opérations en cette fin d’exercice budgétaire 2015. D’aucuns pensent que plusieurs Commissaires Spéciaux nommés par ordonnance présidentielle le 29 octobre 2015 risque de traîneur à Kinshasa jusqu’au premier trimestre 2016. Car, hormis des fonds destinés à leur propre prise en charge et à celle de membres de leurs cabinets, ces nouveaux gestionnaires de la territoriale vont être confrontés aux arriérés de salaires des élus des provinces démembrées, des personnels politiques des exécutifs provinciaux sortants, mais aussi de cadres et agents des administrations locales, qui s’élèvent à plusieurs mois.

On signale aussi que plusieurs administrations provinciales traînent de lourdes dettes vis-à-vis des hôteliers, restaurateurs, transporteurs aériens, routiers et fluviaux, entrepreneurs, architectes, formations médicales, exploitants de pharmacies, fournisseurs divers, etc. C’est la grogne dans les milieux de ces opérateurs économiques, dont certains ont mis la clef sous le paillasson, pour n’avoir pas recouvré leurs créances dans les délais impartis.

Bref, l’avenir des provinces issues du démembrement territorial est fort sombre. Si l’on n’y prend garde, certaines risquent de connaître une durée de vie comparable à celle des mort-nés. Au regard de ce constat, l’on se demande pourquoi s’est-on précipité à « autonomiser » des provincettes n’ayant aucune chance de survire en dehors des perfusions financières du gouvernement central. On serait tenté de croire que la mise en place de nouvelles provinces aurait été dictée par la volonté de torpiller le processus électoral, car aucune opération préélectorale ou électorale ne peut être menée dans une entité territoriale sans administration et sans infrastructures de base.

                                    Kimp