Nouvelles coupures de 1.000 FC, 5.000 FC et 10.000 FC : Matata fait peur aux gagne-petit

0
58

En dépit de l’optimisme du Premier ministre Matata Ponyo, les Congolais d’en-bas restent fort sceptiques au sujet des effets présumés positifs de la mise en circulation, à compter du 02 juillet 2012, de nouvelles coupures de 1.000 FC, 5.000 FC et 10.000 FC. Les discours sur la stabilité prolongée du cadre macro-économique, la croissance annuelle frôlant les 7 % ,  la maîtrise de l’inflation ramenée à deux chiffres, la consolidation du matelas des devises…ne poussent nullement les gagne-petit à partager les assurances du chef du gouvernement.Les images de « mokomboso » (billet de 1 million de Zaïres), « Dona Beija » (billet de 5 millions de Zaïres) et des cartons d’argent qui débarquaient tous les matins dans les sites des cambistes à l’époque de Mobutu ont laissé dans la mémoire collective de profondes plaies. En République Démocratique du Congo spécialement, les billets de banque à haute valeur faciale ont toujours été des porte-malheur pour les gagne-petit.

Non seulement, ils « chassent » les petites coupures, en réduisant à néant leur pouvoir libératoire, mais surtout ils entraînent un emballement généralisé des prix.
L’économie congolaise est-elle devenue subitement compétitive pour nécessiter l’accroissement de la masse monétaire ? Les finances publiques congolaises seraient-elles tellement bien assainies qu’elles autoriseraient la présence, sur le marché, des billets à hauteur valeur faciale ? Ces questions, ainsi que tant d’autres qui se bousculent dans les têtes de nos compatriotes, incitent à la méfiance.
 
Le doute est fondé par l’observance de certains facteurs négatifd qui persistent dans l’environnement économique et social national, notamment le pouvoir d’achat trop bas de la majorité de la population, un taux de chômage qui continue de se situer autour de 80 %, l’absence de nouveaux emplois, la prédominance de l’économie informelle sur la formelle, la faiblesse de la production intérieure aux plans industriel, agricole, minier…
 
L’on ne peut croire à l’existence d’indicateurs économiques réellement au « vert » lorsque le fossé entre bourgeois politiques et le commun de Congolais ne fait que s’élargir, que les soins de santé primaires ne sont pas à la portée de tous, que l’école et l’université sont devenues un luxe pour les familles démunies, que l’eau potable et l’électricité manque dans presque tous les villages congolais, que les provinces congolaises tardent à sortir de leur enclavement, etc.
En observant le tableau d’entreprises publiques au bord de la faillite ou carrément en faillite (LAC, SCPT/ex- OCPT, RVF, SNCC, CMDC, CMV, SOSIDER, Mettelsat, SCTP/ex-Onatra, Gécamines, Miba, Cinat, Okimo…), on se demande si le pays fonctionne normalement.  Les caisses de l’Etat afficheraient-elles des recettes excédentaires ? 
 
Dans pareille hypothèse, une embellie financière éventuelle au niveau du Trésor public devrait se traduire par l’extinction des foyers de tension qui secouent le monde des fonctionnaires et agents de l’Etat en plus des catégories spéciales que sont les médecins, les magistrats, les infirmiers, les professeurs d’université, les enseignants du primaire et du secondaire, etc.
Il est à espérer que les coupures à haute valeur faciale sont réellement le fruit de la bonne tenue des finances publiques, de la reprise de la croissance économique et industrielle. Sinon, la première sanction à redouter serait la démonétisation automatique des billets actuels de 50 FC, 100 FC et 200 FC. Ces petites coupures ne pourraient en effet résister à la bourrasque d’une hausse généralisée et désordonnée des prix des produits de première nécessité. Le plus grand challenge du Premier ministre Matata va être de démentir ce qui est toujours arrivé au peuple congolais à chaque accroissement de la masse monétaire : l’anéantissement du pouvoir d’achat des plus démunis et l’assimilation de la monnaie nationale à une monnaie de singe.
 
Kimp

LEAVE A REPLY

*