Nouvelle provocation de la Ceni : élections en 2019

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Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI
Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI

Pendant que la tension monte aussi bien au sein des états-majors politiques de l’Opposition, de l’homme de la rue dans les principales villes du pays que dans les chancelleries occidentales, la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) semble avoir décidé de ne rien faire pour calmer les esprits. Pas plus tard qu’hier mercredi
11 octobre 2017, son président a présenté aux délégués des partis politiques un tableau des contraintes techniques, politiques, financières et sécuritaires qui ne font qu’éloigner les élections.

Selon les projections faites par Corneille Nangaa, l’organisation des scrutins pourrait intervenir au milieu de l’année 2019.

Qu’il s’agisse de 2018, 2019, 2020 ou 2021, ce qui intrigue dans l’affaire, c’est le fait que la CENI donne l’impression de ne pas vouloir exploiter toutes les opportunités de nature à faire accélérer le processus électoral, notamment en termes de temps, de textes,
d’argent, de logistique, etc.

Pour contourner les difficultés de financement, les partenaires ainsi que l’opposition ont suggéré de découpler la présidentielle des législatives mais la Ceni s’accroche au schéma du couplage. S’agissant de l’enrôlement, le positionnement d’un nombre de kits conformes à la démographie électorale aurait pu permettre un précieux gain de temps.

En multipliant les prolongations, elle ne fait que radicaliser les
positions des forces politiques et sociales qui ont la nette
conviction qu’elle est en train de conduire le processus électoral
sous la dictée des hommes au pouvoir.
Les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales,
qui étaient techniquement possibles en 2016, si l’on s’en tient au
calendrier électoral rendu public par la CENI en février 2015, sous le
mandat de feu Abbé Apollinaire Malumalu, sont devenues subitement
impossibles, dès lors que le gouvernement s’est organisé pour ne pas
respecter le chronogramme de décaissement, au profit de cette
institution d’appui à la démocratie, de l’enveloppe annuelle de 250
millions de dollars américains votée par le Parlement en 2012, sur une
période de quatre ans.
Si la volonté politique n’avait pas fait défaut, le budget électoral,
estimé à 1,2 milliards de dollars américains et destiné à couvrir
l’ensemble des scrutins à l’époque, aurait pu être réuni de manière
progressive, ce qui aurait évité au pays un « glissement » de
calendrier électoral à durée indéterminée.
Comment croire aux prévisions de Corneille Nangaa, qui ne fait que
lancer des dates approximatives à l’opinion, lesquelles changent au
gré des circonstances ? S’agissant de l’année 2019, il est difficile
de lui faire confiance, car l’on ignore ce que la CENI nous réserve
dans la phase d’enrôlement des Congolais de l’étranger, qui peut
prendre six mois, une ou deux années selon qu’il y a un engagement
sincère à amener enfin les Congolais aux urnes ou un agenda caché
visant à les mener de nouveau en bateau.
La deuxième alternative parait la plus probable, au regard de tous
les stratagèmes mis en œuvre pour ne pas aller droit au but.
Entre-temps, le monde extérieur, et plus précisément le Groupe de
Contact International sur les Grands Lacs, composé des Nations Unies,
de l’Union Européenne et des Etats-Unis d’Amérique, tient une réunion
de crise sur la situation politique, sécuritaire et humanitaire qui
prévaut en RDC ce jeudi 12 octobre à La Haye, aux Pays-Bas. Le but de
cette réunion est connu : il s’agit d’examiner les voies et moyens
susceptibles de faire bouger rapidement les lignes dans la voie des
élections mais aussi de faire face à l’insécurité et à une situation
humanitaire catastrophique.
Selon certains diplomates qui se sont exprimés avant le rendez-vous de
La Haye, il n’est pas question d’abandonner le peuple congolais à son
triste sort mais plutôt de faire pression sur ceux qui bloquent le
processus électoral afin de les contraindre de la le libérer.
A les en croire, la principale cause de la crise politique,
sécuritaire et humanitaire est à chercher dans l’impasse électorale
créée délibérément par la majorité au pouvoir. D’où, l’idée de
nouvelles sanctions à prendre contre les responsables du « glissement
» sans fin, pendant que la CENI tire les opérations préélectorales en
longueur. On attend ce que les maîtres du monde vont concocter
aujourd’hui à La Haye pour savoir si l’on ne va pas revivre, d’ici
peu, le scénario de l’année dernière, lorsque Majorité, Opposition et
Société civile s’étaient précitées au Centre interdiocésain pour «
dialoguer » et signer, in extremis, l’Accord du 31 décembre 2016.

Kimp