Nouvelle guerre du Nord-Kivu : Bosco Ntaganda nargue Kinshasa

0
33

Attaquées depuis le dimanche 29 avril 2012, dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu), par des insurgés identifiés comme d’ex-officiers et soldats du CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple), les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) sont toujours engagées dans des opérations de riposte contre ces ennemis de la paix. Selon un porte-parole militaire de l’armée régulière, les troupes loyalistes continuent de progresser vers la localité de Mushaki, où le général Bosco Ntaganda, traité désormais par Kinshasa comme un hors-la-loi, prétend se reposer dans sa ferme.

Alors que du côté de la  hiérarchie militaire congolaise, le discours est à la banalisation de cette énième insurrection que l’on affirme être un simple acte d’indiscipline et non une guerre, d’autant qu’aucune des localités occupées le week-end dernier ne serait plus contrôlée par les troupes de Bosco Ntaganda, celles-ci voient les choses autrement. Elles soutiennent, dans les médias périphériques, qu’elles mettraient les FARDC en difficulté et que la « citadelle » où campe leur chef serait imprenable.

Même si ce seigneur de guerre reste muet depuis sa déclaration du début de la semaine où il faisait état de sa présence dans sa ferme de Mushaki, avec la bénédiction de la hiérarchie militaire, on constate que les ex-rebelles du CNDP redevenus de vrais rebelles multiplient les provocations à l’endroit des FARDC et du pouvoir en place à Kinshasa. L’optimisme qu’affichent les troupes de ce mouvement insurrectionnel fait penser à des soutiens obscurs qui leur seraient acquis.

 Tel que les officiers du CNDP décrivent la situation militaire au Nord-Kivu, c’est comme si tout le Masisi était déjà sous leur contrôle et qu’ils n’allaient pas s’arrêter là. Cette liberté à narguer l’armée nationale et les autorités politiques légalement établies confirme, si besoin est, que l’alliance conclue en 2009 entre Kinshasa et Bosco Ntaganda a volé en éclats. Dans leurs propos comme dans leur comportement, ces « anciens » amis de Kinshasa n’épargnent rien pour tourner en bourrique les officiers et militaires de l’armée régulière. Cette arrogance et cette indiscipline étonnent dans le chef d’éléments présumés avoir été totalement intégrés au sein des FARDC depuis trois ans.

Nombre d’observateurs pensent que le Gouvernement congolais et l’état-major général des FARDC devraient tirer les conséquences de la « rébellion » que vient de lancer ouvertement ce groupe armé contre les troupes loyalistes. Il s’agit là d’un message sans équivoque sur le statut réel de ce criminel de guerre recherché par la Cour Pénale Internationale et pour lequel Kinshasa faisait l’avocat du diable pour des raisons qui ne tenaient pas la route. Bosco Ntaganda était notamment agité comme l’épouvantail incontournable pour le retour de la paix dans la province du Nord-Kivu.
La volte-face du CNDP montre que les décideurs politiques et militaires congolais devraient faire tout leur possible pour réduire définitivement au silence ce mouvement rebelle sur les terres où Bosco Ntaganda donne l’impression de régner en maître. Nos compatriotes ont souvent entendu ceux qui les gouverner déclamer que la souveraineté nationale et l’intégrité territoire ne sont pas négociables. C’est l’occasion ou jamais de leur apporter, une fois de plus, la preuve qu’il ne s’agit pas d’une déclaration d’intention.

Car, tant que la Monusco,  le Haut Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés ainsi que des humanitaires ne vont cesser de comptabiliser des milliers de déplacés internes, il sera difficile de croire que la situation sécuritaire s’est stabilisée au Nord-Kivu.

Kimp

LEAVE A REPLY

*