Nouvelle alerte aux miliciens de Kamuina Nsapu à Kananga

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Selon Radio Okapi ainsi que plusieurs médias tant nationaux qu’étrangers, la ville de Kananga a connu une paralysie quasi générale de ses activités au courant de la journée d’hier mardi 14 mars 2017 à la suite d’une nouvelle alerte aux incursions des miliciens se réclamant du feu chef coutumier Kamuina Nsapu. On laisse entendre que ces jeunes dits drogués, munis d’armes traditionnelles et d’amulettes, se sont signalés dans la matinée au centre-ville, dans le secteur de Kamayi Saint Alphonse, au quartier Snel, au rond point Pax ainsi que dans plusieurs autres quartiers de la commune de Nganza.

Les forces de l’ordre ont dû tirer des coups de feu pendant des heures pour bloquer leur progression et leur tentative d’occupation du centre-ville. Après une légère accalmie vers la fin de la matinée, des tirs ont été entendus, en début d’après-midi, dans la commune  de
Ndesha, et plus précisément vers les quartiers de Bena Mukangala et Katoka, où des nouvelles attaques des miliciens étaient signalées.

On laisse entendre que les forces de l’ordre ont fini par maîtriser
la situation en début de soirée, suite aux manœuvres de décrocher des
bandes des miliciens sorties de plusieurs quartiers de la ville.
Aux dires des habitants de Kananga, les adeptes de Kamwina Nsapu
tenaient à perturber l’agenda de travail du vice-premier ministre et
ministre de l’Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadari, en séjour depuis
le week-end au chef-lieu de la province du Kasaï Central. Les «
manifestants » voulaient particulièrement bloquer toute négociation
entre ce membre du gouvernement et des représentants de la famille du
disparu, tel que prévu dans son calendrier de travail.
En raison de la force présence des militaires et policiers déployés
aux quatre coins de la ville et des menaces d’attaque des miliciens de
Kamuina Nsapu, les habitants de Kananga ont préféré se terrer chez eux
tout au long de journée, consacrant du coup une situation de «ville
morte » de fait. Commerces, écoles, engins de transports en communs,
bureaux administratifs, marchés…étaient frappés de paralysie. Seuls
quelques motocyclistes, indique-t-on, ont tenté de braver ce climat
d’insécurité.
Les observateurs notent qu’après le passage du vice-ministre et
ministre de l’Intérieur, Emmanuel Ramazani, le contentieux Kamuina
Nsapu est loin d’être enterré. Ses proches, rappelle-t-on, continuent
de réclamer l’exhumation de sa dépouille mortelle et sa restitution à
sa famille biologique en vue de son inhumation selon les rites
traditionnels. Par ailleurs, il est exigé du gouvernement des excuses
publiques à cette même famille ainsi que le paiement d’amendes
ancestrales à discuter avec ses vrais représentants.
Bref, le forum sur le phénomène Kamuina Nsapu annoncé dernièrement
par le Conseil des ministres et dont la tenue est prévue à Kananga à
une date à préciser ne peut réconcilier la famille du défunt avec les
autorités nationales et provinciales que si la dignité de l’illustre
disparu est restaurée à travers des amendes compensatoires de
l’humiliation lui infligée en le tuant et l’enterrant comme un
malfrat.
Kimp

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