Nouvelle agression de la RDC par le Rwanda : non à la diplomatie couchée !

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Le Rwanda a le beau rôle car, d’une part il occupe  le haut du pavé sur le plan médiatique en prenant les devants pour rejeter en bloc et sans vergogne ni gêne tous les rapports publiés par des organisations de défense des droits de l’homme de renommée internationale de la trempe de HUMAN RIGHTS WACHT et même de la mission onusienne en RDC, toutes très présentes sur le terrain des opérations militaires depuis plus de deux décennies. D’autre part, il bénéficie des réseaux solides des complicités aussi bien sur le plan interne qu’international qui touchent régulièrement des dividendes substantiels provenant de l’exploitation illicite des matières précieuses de cette partie du territoire national.
 En face de lui, c’est le silence radio et une situation de non Etat alors que l’intégrité territoriale est fortement menacée sous l’œil et la barbe de la fameuse communauté internationale qui assiste impuissante à un génocide programmé et au pillage des ressources naturelles qui n’a rien à envier à ceux perpétrés jadis par des envahisseurs barbares et cruels de l’époque des Huns, Tartares, Vandales, Wisigoths, Hittites, etc.
 
Chaque jour qui passe, le décor est planté pour la matérialisation de ce plan de balkanisation de la RDC au profit des pays voisins de l’Est avec Kigali comme fer de lance et maître d’œuvre. Comme à l’accoutumé, chaque fois que des preuves éloquentes de son implication dans la déstabilisation de la paix dans les provinces du Sud et Nord Kivu éclatent au grand jour, Kigali se réfugie toujours derrière son fond de commerce du génocide des populations Tutsi. Il  rejette toujours avec mépris et condescendance ces preuves matérielles pourtant produites par des organisations indépendantes et très crédibles qu’il considère maintenant comme une guerre des mots pour cacher le massacre programmé des Tutsi par les populations autochtones. 
 
Le fond de commerce du génocide
 
Pour émouvoir l’opinion en touchant sur la corde sensible de l’Occident coupable de n’avoir pas pu intervenir à temps pour empêcher le génocide de 1994, Kigali est allé loin en accusant d’abord des organes de presse congolais de jouer déjà le jeu de la fameuse Radio des Mille Collines de triste mémoire. Malheureusement, il demeure seul au Monde à connaitre ces organes de presse qui lanceraient des appels au massacre des tutsi. Aucune source indépendante n’a jusque là évoqué une telle menace. Bien au contraire, des experts de l’ONU viennent de produire un rapport sulfureux sur l’implication des officiers généraux de l’armée régulière rwandaise avec à leur tête l’actuel ministre de la Défense, le général James KABAREBE qui s’était vanté d’avoir commandé les troupes de l’AFDL en 1996-97 jusqu’à la prise du pouvoir d’Etat à Kinshasa. Cela, aux côtés de quelques Congolais manifestement instrumentalisés à souhait pour les besoins de cette cause qui commence à produire ses effets nocifs pour la paix dans la région des Grands Lacs et probablement demain sur l’ensemble du continent.
 
Ensuite, des plénipotentiaires rwandais avec à leur tête Mme Louise MUSHIKIWABO, ministre des Affaires Etrangères, se trouvent depuis le week end dernier à New York, au siège des Nations Unies pour mener une offensive, diplomatique de choc en vue de convaincre les autres puissances sur la menace qui pèse sur les tutsi congolais comme motif sérieux de cette soit-disant mutinerie dénommée M23. Le plus étonnant du monde, c’est que Kigali vient de faire un aveu de taille en adoptant le même cahier des revendications que ce mouvement créé de toutes pièces pour les besoins de cette cause. Pourtant,  des rapports accablants publiés par les Ong de défense des droits de l’homme et particulièrement ceux provenant des experts de l’ONU attestent de manière irréfutable que ce sont des éléments recrutés, formés et entrainés au Rwanda  qui constituent le gros de cette soit disant mutinerie.
 
Diplomatie couchée et rampante de Kinshasa 
 
Face à cette offensive diplomatique de Kigali, Kinshasa demeure muet. Il est incroyable que le gouvernement de la RDC se soit contenté d’envoyer sa plainte au Conseil de Sécurité des Nations Unies sans l’appuyer de manière visible et tangible par un lobbying appuyé sur toutes les tribunes des organisations internationales continentales de la trempe de l’Union Africaine, la SADC, le COMESA, le COMMONWEALTH, et jusqu’à la Cour Internationale de Justice. Auparavant, Kinshasa devrait convoquer l’ambassadeur du Rwanda pour lui présenter les protestations officielles avant de rappeler le sien accrédité de Kigali. Une façon de geler les relations diplomatiques tout en alertant le monde sur le génocide de plus après celui dénoncé par le Rapport MAPPING.
 
Le gouvernement de la RDC devrait rappeler que le M23 n’est qu’un  mouvement politico-militaire qui est semblable à l’AFDL, au RCD et au CNDP, tous créés  par Kigali sous prétexte de protéger les tutsi menacés par un génocide en RDC. Comment tous ces mouvements ne sont-ils pas parvenus à éradiquer le phénomène des Interahamwe que Kigali présente toujours comme motif de l’invasion par ses troupes du territoire congolais ? On sait que ce sont les troupes régulières rwandaises qui formaient le gros de l’armée du RCD qui ont occupé totalement les provinces du Sud, Nord Kivu et du Maniema, une partie du Katanga, du Kasaï et de la Province Orientale et cela pendant cinq ans. Où se trouveraient les troupes du RCD ? Sinon pourquoi ne sont-elles pas au front pour anéantir les Interahamwe ? Pourquoi les officiers supérieurs de tous ces mouvements proviennent-ils toujours d’une seule communauté ? Autant de questions que les diplomates congolais devraient mettre dans les fora des organisations internationales pour poser le problème de fond. Pourquoi les plus hautes autorités du pays, à savoir le chef de l’Etat, le Premier ministre, les Présidents de deux chambres du parlement demeurent aphones alors que l’intégrité du pays est ébranlée ? Pourquoi interdit-on les manifestations populaires pour dénoncer cette nouvelle agression alors que c’est la rue de Kinshasa qui avait mis fin à l’aventure ridicule du duo NKUNDA-MUTEBUSI à Bukavu en juin 2004 ?
 
F.M.

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