Nouvel ultimatum des FARDC à Cobra Matata

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Il y a presqu’un mois, les FARDC avaient lancé un ultimatum à Cobra Matata, qui se fait passer pour le commandant suprême du groupe armé FRPI, l’enjoignant de bien vouloir retirer ses troupes de toutes les positions des FARDC qu’elles occupent dans le district de l’Ituri, plus précisément dans le territoire d’Irumu/Sud, depuis le mois de février 2012. Ces éléments armés, indique-t-on, avaient profité du départ des soldats loyalistes pour des modules de formation des régiments, pour les remplacer dans des zones opérationnelles.

Certaines méchantes langues avaient même laissé entendre que les FARDC avaient purement et simplement abandonné leurs positions à ce mouvement rebelle. Mais, l’intoxication n’a pas eu le temps de prendre suffisamment corps car, aussitôt après le renforcement de leurs capacités, officiers et soldats des FARDC ont annoncé leur retour dans leurs anciens campements. Seulement voilà ! Alors que les choses devraient rentrer dans l’ordre sans problème, il se fait que les éléments fidèles à Cobra Matata donnent l’impression de ne pas vouloir évacuer le terrain occupé.
D’où, un nouvel ultimatum vient d’être signifié à Cobra Matata. Les termes de référence n’ont pas changé par rapport à la première alerte. Il est clairement indiqué que les positions délaissées momentanément par l’armée régulière, à la suite d’un cas de force majeure, ne sont pas négociables. Le refus des combattants du FPRI de s’incliner devant la décision de la hiérarchie des FARDC étonne, pour ne pas dire, scandalise les bonnes consciences.
En principe, Cobra Matata et ses hommes, qui se trouvent en phase d’intégration au sein de l’armée nationale, ne devraient pas discuter l’ordre reçu. Au nom de la discipline militaire, ils devaient s’exécuter sans tergiverser. A quoi rime cette résistance prolongée qui a tout l’air d’une velléité de rébellion ? La question reste posée.
 
Cobra Matata dans le doute ?
Selon les informations en circulation à Bunia, chef-lieu du District de l’Ituri, des officiers supérieurs des FARDC et Cobra Matata ont eu plusieurs rencontres la semaine dernière. C’est la localité de Lakpa, à environ 43 Km de Bunia, qui était choisie comme terrain neutre. Celles-ci ont gravité autour des modalités de brassage des combattants du FPRI, avant leur intégration totale et effective dans les rangs de l’armée régulière. Il était notamment question de les regrouper dans des sites de campement, les identifiée et les dénombrer avant leur transfert vers des centres de brassage.
L’idée aurait, semble-t-il, rencontré l’approbation de Cobra Matata et de ses proches collaborateurs. Toutefois, ceux-ci ont insisté sur la prise en charge totale et correcte de leurs hommes par le Gouvernement central, en attendant le démarrage effectif de l’opération de brassage. L’entente paraissait ainsi parfaite entre les deux parties.
Cependant, avant tout mouvement vers les centres de brassage, la hiérarchie des FARDC a exigé de Cobra Matata les listes complètes de tous les combattants sous sa direction. Il semble que cette exigence a été boudée par le précité. La seconde exigence concernait le désarmement intégral de ses troupes et la restitution de toutes les armes détenues par devers elles.  Et c’était là le point d’achoppement. Car, le haut commandement du FPRI a dit niet à toute demande de désarmement. A en croire Cobra Matata, les armes en sa possession lui auraient été fournies par la Monusco. Par conséquent, s’il y a une structure à laquelle il devait les restituer, ça ne pouvait être que la force onusienne.
Compte tenu du langage des sourds qui s’est installé entre les deux parties, Cobra Matata a regagné son maquis sans avoir trouvé un compromis avec ses interlocuteurs. Et, comme pour confirmer son indépendance et son contrôle sur les territoires occupés, il a relancé les opérations de collecte des rations auprès de la Société Civile. Annoncés pour dimanche dans la localité de Buguma, ses émissaires ont effectivement commencé à collecter des vivres hier lundi 14 mai 2012.
 
Accusée, la Monusco remet les pendules à l’heure
Contacté par Le Phare au sujet des rumeurs faisant état de l’approvisionnement en armes des troupes de Cobra Matata par la Monusco, son porte-parole et Directeur intérimaire des Relations Publiques, Madnodje Mounoubaïe, a opposé un cinglant démenti à ces allégations mensongères. Ce responsable onusien a déclaré haut et fort que la Monusco ne fournit jamais des armes à quelque groupe rebelle que ce soit. Ce qui se raconte en Ituri dans ce sens est, selon lui, dénoué de tout fondement.
 
Les notables d’Irumu/Sud très inquiets
 
On apprend que des notables d’Irumu/Sud, craignant que leur territoire ne retombe, à plus ou moins courte échéance, dans un nouveau cycle de violences, viennent de s’investir dans une série de contact avec les responsables des FARDC, de FPRI et de la Monusco, dans le but bien affirmé de prévenir le pire. Ils en appellent particulièrement à l’armée régulière et au groupe armé FPRI à privilégier le dialogue, sous la médiation de la Monusco.
Les représentants des populations d’Irumu/Sud pensent que si les FARDC et Cobra Matata choisissent la voie des armes, les principales victimes du conflit armé seraient des civils innocents. Les Congolais du district de l’Ituri en général et du territoire d’Irumu/Sud en particulier ont tellement souffert des guerres fratricides qu’ils souhaitent ardemment l’arrêt des violences de toutes sortes.
 
Kimp

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