Nouveau carton rouge aux musiciens !

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La musique congolaise est gangrenée par l’immoralité, mieux l’atteinte à la pudeur. Apparemment à court d’inspiration, les musiciens congolais, et kinois en particulier, ne s’apaisantissent plus que sur un seul thème, à savoir l’amour. Et plus particulièrement l’amour charnel. A travers leurs compositions, cris et danses, ils ne font que l’apologie du sexe, surtout féminin, et des rapports sexuels. Conséquence : il est déconseillé de suivre les émissions musicales des télévisions kinoises aux côtés de ses parents, ses beaux-parents, ses enfants, ses frères et sœurs… sous peine de s’offrir une douche froide.

 

 Quand un « Ambassadeur de la paix » tire la morale par le bas ! 

             A première vue, le maxi single « Techno malewa sans cesse » de l’orchestre Wenge Musica Maison Mère fait penser au régime alimentaire des Congolais. Tout porte à croire que Noël Ngiama Makanda alias Werrason et ses poulains ont décidé de scruter, cette fois-ci, les tréfonds des restaurants dans notre pays : le cadre, les conditions hygiéniques, la qualité des mets et des clients.

            Mais hélas, l’Ambassadeur de la paix s’est plutôt compromis, en tirant la morale par le bas. « Techno malewa sans cesse » compte trois génériques intitulés respectivement : « Techno malewa automatique (14’00), Techno malewa mécanique (12’19) et Techno malewa (4’38) ». Composés tous par Werrason, les trois génériques sont truffés d’obscénités. Le Roi de la forêt et ses « Atalaku », entendez « Animateurs », ont puisé leurs ingrédients dans les chansons populaires impudiques que les jeunes inciviques et désoeuvrés exécutent généralement lors des veillées mortuaires. D’autres ingrédients sont tirés des compilations populaires, également obscènes, que les hommes en uniforme chantent lors de leurs footing et parades.

            Werrason et ses « atalaku », entendez « animateurs » se sont illustrés par des insanités débitées outre mesure. Ce qui contraste, d’une part, avec son appellation de « Roi » de la forêt, car un roi ou un chef doit demeurer un modèle, un miroir ; et d’autre part, avec son statut d’Ambassadeur de la paix. Un Ambassadeur est une personne vertébrée, équilibrée moralement.

            Il sied de noter, par ailleurs, que l’épouse de Noël Ngiama  est une servante du Seigneur. Elle est « Pasteur » d’une église de réveil qui fonctionne dans leur propre parcelle de Mont Fleury. De même, son frère aîné, Frère Patrice Ngoy Musoko, est également un serviteur de Dieu. Le papa d’Exaucée est, enfin, un parent. Avec ce chapelet d’insanités contribue-t-il à l’éducation de la jeunesse congolaise ?

 Koffi Olomide : un récidiviste

             Grand auteur-compositeur, Antoine Koffi Olomide raffole l’érotisme. La grande majorité de ses compositions tournent autour de l’amour, et plus particulièrement de l’amour sexuel. Chez lui, les insanités et l’obscénité font bon ménage. « Quand Koffi Olomide chante rapidement en avalant des syllabes, c’est qu’il conte des insanités », nous a fait remarquer l’épouse d’un confrère, au début de la semaine.

En effet, au Quartier Latin International, l’on chante des insanités et danse l’obscénité. Comme pour dire que l’impudicité rime avec cet orchestre. Prenons, à titre illustratif, le dernier album du groupe intitulé : « Album du patron ». Dans des chansons telles que « Katagourouma » (7’08),  « Plat favori » (10’44), « Grand Prêtre Mère » (09’05), l’on dénombre des extraits offensant la morale. Plébiscitée meilleure chanson par une organisation nationale des chroniqueurs de musique, la chanson « Sixième chantier » n’a pas échappé à la règle. Dans sa défense lors d’une émission télévisée, Koffi Olomide avait déclaré que c’était sa contribution à la campagne contre le Vih/sida. « Je conseille tous mes fans et mélomanes d’utiliser le condom à chaque rapport sexuel ».

« Nyokalesse » : Fally Ipupa sur les traces de Koffi Olomide

             « Tel père, tel fils et telle mère, telle fille », dit une maxime française. Ayant évolué longtemps aux côtés de Koffi Olomide Quadra Kora man comme chef d’orchestre et fervent disciple, Fally Ipupa alias Dicaprio est également atteint du virus de l’immoralité, de la dépravation des mœurs. « Arsenal de belles mélodies », deuxième album de sa carrière musicale n’est, en réalité, qu’un arsenal de pires insanités.

« Nyokalesse », l’une des chansons phare de cet album met en exergue les prouesses sexuelles de l’homme lors des rapports intimes.

« Mangwele manzazu » : honte à Ferré Gola

             Ayant effectué un stage de quelques mois dans Quartier latin international de Koffi Olomide, Ferre Gola alias Chair de poule n’a pas échappé au virus de l’immoralité et de l’impudicité. Mais, contrairement à son ancien chef d’orchestre Fally Ipupa, le géniteur de « Sens interdit » donne l’impression d’avoir raté son stage.

            Au lieu de style ésotérique, entendez style imagé, Ferré Gola y va par le droit chemin, sans porter des gants. La chanson « Fimbo ou Mangwele manzazu » tirée de l’album « Qui est derrière toi ? » dont la sortie officielle est prévue pour le 25 du mois en cours n’honore nullement son auteur compositeur. Très indigeste, « Mangwele manzazu » blesse toute conscience vertébrée. Ferre met en exergue l’incapacité sexuelle de l’homme.

            Un mandataire public habitant Mont Fleury, dans la commune de Ngaliema rencontré à la Foire internationale de Kinshasa (FIKIN), n’a pas caché sa déception  face à la bassesse offerte au public par son idole, à travers une chaîne de télévision privée le dimanche 23 août 2009. Il recevait en cette journée dominicale sa belle-mère en provenance du Kasaï Occidental en sa résidence. Après les cérémonies protocolaires d’accueil, le mandataire public invite son hôte à table pour le buffet circonstanciel.

En attendant le début du service, l’homme ouvre la télévision. Question de distraire son invitée bien installée au milieu de ses petites-filles. Malheureuse ou heureuse coïncidence, un des récents concerts de Ferré Gola est diffusé. Le mandataire public sursaute, car il s’agit d’un de ses artistes musiciens les plus préférés. Il se met alors à vanter les talents de ce jeune musicien. Mais hélas, il sera vite stoppé par le chapelet d’insanités récitées par ce dernier. 

Simaro Lutumba : un modèle

             Un peu plus de 70 ans d’âge et 50 ans de carrière musicale ininterrompue, le poète Simaro Lutumba demeure incontestablement le modèle, mieux la référence de la musique congolaise. Il regorge d’immenses valeurs humaines, sociales et professionnelles à revendre.

            Fervent disciple de la concurrence loyale, il n’a jamais été conflictuel. Ses danseuses s’habillent toujours correctement, à la grande satisfaction des mélomanes. Ses musiciens sont toujours en tenue de ville.

            Grand poète, grand parolier et grand auteur compositeur, il n’a jamais versé dans les insanités. « Mabele, Maya, Verre cassé, Cœur artificiel, Eau bénite, Diarrhée verbale, Trahison, Ingratitude, Bic rouge… » figurent parmi ses tubes d’anthologie. 

Commission nationale de censure : complaisance ou incompétence ?

             A croire certaines sources, la Commission nationale de censure (CNC) aurait interdit de diffusion le maxi single de l’orchestre Wenge Musica Maison Mère dans toutes les chaînes de radio et de télévision congolaises. Que vaut encore cette décision dans la mesure où ce support se trouve déjà entre les mains des mélomanes ? Des sources proches du distributeur officiel affirment avoir vendu plus de 80.000 exemplaires de cet opus. Quelle est encore l’opportunité de cette interdiction !

            Bien plus, le réveil tardif de la Commission nationale de censure semble devenir chronique. Ce qui remet sur la sellette la question de savoir si le travail de  cette commission se situe en aval ou en amont de la sortie d’un travail. Pourquoi la commission ne se réveille-t-elle que lorsqu’il y a de l’agitation au sein de la population ?

            D’autre part, les clips de « Techno malewa » ainsi que la danse « Sima ekoli » continuent à passer sur les antennes des télévisions kinoises. Est-ce un défi, de la  complaisance ou tout simplement de l’incompétence de la Commission nationale de censure?

Le pavé d’Esdras Kambale

           Réagissant aux multiples plaintes des parents juste après la sortie de l’album « Temps présent » de l’orchestre Wenge Musica Maison Mère, le ministre de la Culture et Arts, Esdras Kambale Baekwa et le Procureur général de la République avaient promis des sanctions exemplaires à tout artiste musicien ou tout groupe musical qui s’illustrerait dans la dépravation des mœurs, avec des cris et danses portant atteinte à la pudeur. Outre les musiciens vicieux, les deux personnalités publiques, engageant ainsi leurs institutions respectives, avaient fait planer l’épée de Damoclès sur les chaînes de radio et de télévision qui diffuseraient des chansons et clips gangrenés.

            Le constat, à ces jours, est amer. Les albums « Techno malewa sans cesse » et « Arsenal des belles mélodies » sont truffés d’insanités. « Techno malewa » est pire que « Temps présent ». Où sont alors passés le ministre de la Culture et Arts et le Procureur général de la République ? Et leur épée de Damoclès, est-ce un  simple slogan creux pour amuser la galerie ?

            Les musiciens congolais sont-ils exemptés de l’opération « Tolérance zéro », déclenchée par le gouvernement ? Il n’y a pas que les magistrats et les fonctionnaires qui regorgent dans leurs rangs des brebis galeuses ou des kuluna en cravates. Tous les musiciens qui rivalisent d’ardeur et talent dans les insanités et l’obscénité sont des kuluna et doivent subir la rigueur de la loi. Le ministre Luzolo Bambi a des nouveaux candidats pour Buluwo et Angengwa. Si Feu Grand Maître Franco Luambo Makiadi, le président Jossart Nyoka Longo de Zaïko Langa Langa et Antoine Koffi Olomide de Quartier latin International ont dû séjourné pendant quelques temps à la prison centrale de Makala, pourquoi pas nos musiciens actuels qui blessent les bonnes consciences et créent la confusion dans des foyers.

Michel  LUKA

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