Nord-Kivu : la recette Monusco pour mettre fin à l’insécurité

0
138

MONUSCOLe porte-parole militaire de la Mission des Nations-Unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco), le lieutenant-colonel Amouzoun Codjo Martin, a brossé, hier mercredi 21 octobre 2015 depuis la ville de Goma, la situation sécuritaire au Nord-Kivu, particulièrement dans les territoires de Beni, Masisi, Rutshuru, Walikale et Butembo. « Volatile » selon lui, elle se caractérise par diverses exactions sur les populations civiles. A titre exemplatif, toujours hier mercredi, 1 civil a été tué, 3 blessés et 3 autres kidnappés dans un braquage à Rutshuru. 

 

A en croire les animateurs de l’Ong des droits de l’homme, CEPHADO, qui ont rendu public cette information, ces civils étaient des passagers à bord d’un minibus de transport en commun, en provenance de Butembo pour Goma. « Ils ont été braqués par des hommes armés, vers 9h30, le matin de ce mercredi 21 Octobre 2015, à hauteur de Kahunga, à 5km-nord de Kiwanja,   entre Kiwanja et le pont Mabenga (sur la route nationale no.04). Les assaillants qui les ont interceptés au passage ont tiré plusieurs coups de balles à direction du bus, pour contraindre le chauffeur à s’arrêter. Un passager a succombé sur le champ et 3 s’en sont tirés grièvement blessés. Les braqueurs ont récupéré 3 autres passagers et les ont conduit en brousse à titre d’otages, visiblement pour exiger par la suite une rançon », a rapporté Omar Kavota, coordonnateur-directeur exécutif de Cepadho, faisant noter que pour l’instant, les blessés sont admis à l’Hôpital Général de Rutshuru.

« Nous dénonçons le laxisme des autorités face à ces braquages à répétition perçues déjà comme situation acceptable et attirons l’attention de ministres du gouvernement central, originaires du Nord-Kivu et en séjour en province pour s’imprégner de la situation d’insécurité, devenue monotone » a-t-il conclu.

Dans le territoire de Beni, a ajouté le casque bleu, le 18 octobre 2015, des éléments supposés appartenir à l’ADF ont, pour des motifs d’approvisionnement logistique, lancé une attaque contre les populations civiles et les positions des FARDC situées dans la région de Bakila-Tanambo et Mamiki, à 2 kilomètres à l’Est et au Nord-est d’Oicha. 1 femme a été tuée, 2 individus kidnappés (1 femme et 1 enfant), et 12 maisons incendiées au cours de ces attaques. « Ces incidents ont provoqué le déplacement des populations locales vers les localités situées au Sud et Mbau. Des troupes des Forces Spéciales Tanzaniennes et du contingent Malawite de la Brigade d’Intervention de la Force de la MONUSCO basées à Mavivi et Oicha, ont été immédiatement projetées sur les lieux, dans le but de contrer l’attaque des assaillants, de renforcer les unités des FARDC, de surveiller la situation sécuritaire dans la région, de rassurer et de protéger les populations civiles » a indiqué le porte-parole militaire de la Monusco.

Dans le territoire de Masisi, l’arrestation dans la région de Kitchanga par les troupes des FARDC de quelques membres de l’Alliance des Patriotes pour un Congo Libre et Souverain (APCLS), dont un plus influent dénommé Tito, a provoqué l’organisation des manifestations de protestation contre la détention des résidents Hunde par certains individus à proximité du camp des FARDC. 2 manifestants ont été blessés au cours de ces manifestations.

Dans le territoire de Rutshuru, le climat sécuritaire s’est détérioré avec l’évasion de 34 détenus de la prison centrale, dont des criminels dangereux. L’un d’entre eux dénommé Rukara, a immédiatement repris les activités criminelles en kidnappant un  motocycliste à Kasanza et en molestant des enseignants à Cumirwa. Il a été arrêté le 15 octobre 2015 par des agents de la Police Nationale Congolaise (PNC).

Le climat sécuritaire s’est également détérioré dans ce territoire avec plusieurs incidents de pillage, kidnapping et embuscade, perpétrés dans les différentes localités par des éléments armés non identifiés.

Dans le territoire de Walikale, l’environnement sécuritaire a été perturbé par l’activisme des groupes armés dans certaines régions de cette partie de la province du Nord-Kivu.

Le 13 octobre 2015, des éléments appartenant au groupe armé Nduma Défense du Congo (NDC) ont fait incursion dans la région de Pinga, située à 95 kilomètres au Nord-ouest de Goma, kidnappé et pris en otage 5 individus, et pillé également des biens de valeur.

Le 14 octobre 2015, des maisons ont été pillées puis incendiées, et une femme kidnappée par des éléments du NDC-Rénové à Pitakongo, situé à 45 kilomètres au Nord-ouest de Luofu, au cours d’accrochages avec des éléments des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda-Ralliement pour l’Unité et la Démocratie (FDLR-RUD).

Dans le territoire de Butembo, enfin, l’environnement sécuritaire a été perturbé par des activités négatives perpétrées par des éléments du groupe Mayi-Mayi. Le 15 octobre 2015, selon des sources locales, un groupe d’éléments Mayi-Mayi faction ‘’Simba’’ a fait incursion dans la localité de Kambau, située à approximativement 87 kilomètres au Nord-est de Butembo-centre, pillé systématiquement les populations civiles, kidnappé 5 hommes et blessé grièvement 1 individu, qui a été évacué vers Butembo-centre pour des soins appropriés. « Toutefois, en dépit de cet activisme des groupes armés rapportés dans les territoires cités supra, les troupes des Forces onusienne et congolaise maintiennent globalement sous leur contrôle la situation sécuritaire dans cette province » a rassuré le lieutenant-colonel Amouzoun Codjo Martin.

 

Interrogé sur cette recrudescence de l’insécurité, le représentant adjoint du secrétaire général des Nations-Unies en RDC, coordonnateur humanitaire et coordonnateur résident du Système des Nations-Unies, Mamadou Diallo, a fait noter qu’une conjonction des forces entre les FARDC et les casques bleus pourra éliminer ces groupes armés. D’où son appel réitéré d’une reprise de collaboration militaire entre les deux forces.

Tshieke Bukasa