Nord-Kivu : Köbler dénonce le business

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Special Representative of the Secretary-Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RD Congo, Martin Köbler, a animé personnellement, le point de presse hebdomadaire de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation de la RDC (MONUSCO), d’hier ce mercredi 10 juin 2015 en son quartier général, dans la commune de Gombe. Répondant à la question d’un journaliste de savoir si la Monusco a ou pas le contrôle du réseau d’approvisionnement en armes des rebelles dans l’Est de la RDC, particulièrement au Nord-Kivu, Martin Köbler a indiqué clairement à ce sujet que les causes profondes de la guerre de l’Est de la RDC sont bien connues. Il a fustigé, à cet effet, l’exploitation illégale des minerais et la contrebande qui constituent les principales sources financières de ces forces négatives. Le patron de la Monusco a alors insisté sur la restauration de l’autorité de l’Etat, la lutte contre l’impunité (sanctionner les personnes impliquées) et le contrôle des réseaux illégaux des minerais de trafic, afin de remettre de l’ordre dans cette partie du pays.

Concernant le processus de traçabilité des mines en cours à l’Est, le patron de la Monusco a mentionné les efforts fournis dans ce secteur où plus de 2000 mines ont été recensées.

Au cours de cet entretien avec les médias, le représentant du Sg de l’Onu a apporté deux messages. Le premier, celui de dire aux rebelles du Front de Résistance Patriotique de l’Ituri (FRPI) de déposer les armes, car les FARDC et la Monusco sont décidés à les combattre. Il a saisi cette occasion pour les exhorter à ne plus continuer la guerre et à reprendre plutôt la voix pacifique du dialogue, pour éviter plus de désastres. Il a ensuite salué la performance des troupes Bangladeshi pour leur performance, dans ces combats, et leur engagement au de-là de la protection des civils.

Rappelons à ce sujet que suite à l’échec des négociations sur le processus de reddition volontaire des éléments du FRPI entre la délégation du gouvernement congolais et le commandement de ce groupe armé, l’armée congolaise, soutenue par la force de la Monusco,  a lancé depuis le 3 juin 2015, des opérations militaires dans la région d’Aveba contre des miliciens réfractaires du FRPI dans le but de mettre un terme à la récurrence des exactions de ses membres contre  les populations civiles.

Quant au deuxième message de Martin Köbler, il portait sur l’appel à l’unité entre la Monusco et les FARDC. Pour lui, il est important que les deux forces collaborent, afin d’éradiquer les FDLR et les autres forces négatives du sol congolais. « L’union fait la force ! », a-t-il lancé.

Dialogue : le « oui, mais » de Martin Köbler

Outre les questions sécuritaires, le numéro 1 de la MONUSCO a également abordé la principale question de l’actualité nationale relative aux consultations du Chef de l’Etat, en vue d’un dialogue national. Face à la réclamation de la médiation de la Monusco par certains opposants pour ladite rencontre, Martin Köbler a démontré à l’auditoire que la Monusco offrait déjà ses bons offices pour le dialogue. Citant un adage anglophone  qui dit « il faut deux personnes pour danser», le patron de la Monusco a souligné que cette médiation ne peut se faire qu’avec le consentement de parties au dialogue, puisque ces bons offices ne sont pas une imposition. Il a fait savoir par ailleurs que la Monusco se base sur la résolution 2211 des NU et le strict respect de la Constitution.

         Enfin, concernant la déclaration du 9 juin 2015 de l’Ong internationale de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch, demandant aux autorités de la RDC, de procéder à l’exhumation immédiate en bonne et due formes des cadavres de la fosse commune de Maluku, avec l’aide des experts internationaux, suite à la plainte déposée au procureur général de la république par les familles de 34 victimes, le diplomate onusien a indiqué que la Monusco encourage la démarche d’exhumer les corps. Cependant, c’est au gouvernement de répondre à cette requête, car la Monusco ne peut qu’apporter son soutien logistique.

Myriam Iragi &

Tshieke Bukasa