Nord-Kivu : gare à la distraction !

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6c7cf9b77d24c838d79255dddcd511642d59fcd6La rapidité avec laquelle les FARDC ont récupéré les localités et villes du territoire de Rutshuru est à saluer et à considérer comme la preuve éclatante de la capacité de nos forces armées à pouvoir contredire ceux de nos voisins qui croyaient dur comme fer que les Congolais ne sont capables que de se livrer à la bière, aux femmes et à la musique. En effet, en une semaine, les éléments de l’armée nationale ont fait montre d’un courage et d’une maitrise digne de respect sur leurs adversaires qui ont toujours bénéficié des appuis logistiques, humains, diplomatiques et des tous ordres de la part du commanditaire principal, à savoir le Rwanda.

 Cet Etat voisin de l’Est, faut-il le rappeler, est ouvertement impliqué dans toutes les guerres de l’Est depuis 1996 sous diverses appellations, notamment l’AFDL, le RCD, le CNDP et enfin le M23. En usant et abusant du prétexte tout aussi fallacieux que mensonger de la guerre préventive contre les FDLR considérés à tort ou à raison comme les responsables du génocide de 1994. Aujourd’hui que le monde entier s’est rendu à l’évidence que ce prétexte ne sert que de couverture à une stratégie de peuplement et d’exploitation du territoire congolais en complicité avec des groupes maffieux internationaux, les masques commencent à tomber. Les Etats qui s’étaient laissé entrainer, par ignorance ou par naïveté, dans cette vaste et ignoble supercherie sont en train de revoir leurs calculs en suspendant leurs assistances économiques, financières et militaires au régime au pouvoir à Kigali, a indiqué un spécialiste de la Région des Grands Lacs.

 Des rapports accablants des Ong des droits de l’homme   

C’est à force de se réfugier derrière ce prétexte de la guerre préventive contre les FDLR que l’opinion a commencé tout doucement à ouvrir les yeux suite aux rapports des Ong internationales et surtout anglo-saxonnes de défense des droits de l’homme et ceux des correspondants des médias internationaux opérant dans cette région chaude. En effet, les multiples viols massifs des femmes, les tueries répétitives des civils non armés, destructions méchantes et déplacements forcés des villageois se sont intensifiés à telle enseigne que les thèses du régime de Kigali ont commencé à perdre de leur crédibilité et pertinence au fur et à mesure que s’établissaient les preuves de l’implication des éléments des multiples mouvements de rébellion créés par le Rwanda.

Cela a pris du temps car la propagande mensongère des stratèges de Kigali avait la peau dure. C’est ainsi que très peu des gens ont cru au Rapport MAPPING sorti en 2010 quoique fortement alimenté par des preuves irréfutables avec des dates, lieux des massacres, témoignages concordants et identités des victimes. Comme d’habitude et avec toute l’arrogance qui les caractérise, les autorités de Kigali vont rejeter ce rapport en prétextant que ses auteurs avaient été influencés par des milieux proches des génocidaires de 1994.

Les rapports des Ong anglo-saxonnes «Human Rights Watch» et « International Crisis group» sont revenus à la rescousse en donnant des indications fouillées sur les implications des hauts responsables politico-militaires de Kigali dans cette soit disant rébellion du M 23. Encore une fois, Kigali a contesté avec mépris ces rapports pourtant rédigés par des organisations internationales de renommée indéniable.

 Yom Kippour……   

La situation de la RDC ressemble dans une certaine mesure à celle qui avait prévalu au lendemain de la guerre dite de Yom Kippour entre l’Egypte et Israël en 1973. Certaines sources secrètes sur cette guerre israélo-arabe renseignent que pour forcer la voie d’un règlement pacifique, les puissances occidentales, en particulier les Etats-Unis d’Amérique avaient mis au point une stratégie devant aboutir à une victoire égyptienne sur l’armée de l’Etat d’Israël. Quelques années après cette victoire, feu le président Anouar El Sadate effectua une visite officielle en Israël au grand dam des autres Etats arabes du monde. En plus de cet accord de paix signé à Washington entre Menahem BEGIN et Anouar El Sadate. Une reconnaissance unilatérale de l’Etat d’Israël qui a sonné le glas à la solidarité arabe face à l’intransigeance israëlienne, particulièrement sur le statut de la Ville éternelle de Jérusalem, des territoires palestiniens et les hauteurs du Golan syrien. C’est l’une des raisons de son assassinat en 1981 en plein défilé militaire au Caire, toujours selon ces mêmes sources secrètes.

Certes, comparaison n’est pas raison, mais de nombreux observateurs se méfient de la position du Rwanda face à cette déconfiture de ses poulains du M 23 en une semaine des combats alors que jusque-là ces derniers et leur maitre se vantaient de détenir une force invincible sur le terrain de la guerre. Que mijotent les stratèges de Kigali ? Dès lors que leur ambassadeur aux Nations Unies venait de déclarer le vendredi dernier que la RDC s’expose à des frappes chirurgicales ciblées au cas où des bombes tombaient sur son territoire.

Par ailleurs, la communauté internationale continue à entretenir un langage double et ambigu. En prenant acte d’une part de ces victoires militaires sur le terrain et d’autre part en recommandant au gouvernement de la RDC de reprendre le chemin de Kampala pour conclure un accord de paix avec le M23. Un mouvement qui, selon le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC, a perdu l’essentiel de son potentiel militaire. La même communauté internationale, à travers l’accord-cadre d’Addis Abeba traite le M23 de force négative que la Brigade spéciale d’intervention rapide de la MONUSCO est chargée d’éradiquer à l’instar des FDLR, l’AFD-Nalu et les multiples mouvements de résistance locale MAI MAI.

 Un cadeau empoisonné ?

A quelle sauce la communauté internationale veut-elle manger la RDC dès lors qu’elle lui demande de négocier avec un mouvement fantoche qui a perdu l’essentiel de son potentiel militaire et qui est considéré comme une force négative ? Le M23 n’est-il pas accusé avec preuves à l’appui de génocide avec la découverte par les FARDC et la MONUSCO des fosses communes dans la localité de Kiwanja, de recrutements des enfants-soldats, des viols massifs, des destructions méchantes et des déplacements forcés des populations locales? Un véritable imbroglio juridique et diplomatique qui cache certainement un plan machiavélique destiné à rouler dans la farine le peuple congolais. Il est donc temps que les patriotes ouvrent l’œil et le bon pour ne pas être surpris par ce qui risque d’apparaitre comme un cheval de Troie ou un cadeau empoisonné. « Timeo Danaos et dona ferentes » (Je crains les Grecs surtout lorsqu’ils offrent un cadeau). Quelles seraient les contreparties congolaises ? Ne va-t-on pas se retrouver avec un accord politique qui hypothèque la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC ? Ne va-t-on pas se retrouver avec des accords qui lient la RDC avec le Rwanda pour l’exploitation commune des richesses minérales situées sur le territoire congolais ? L’avenir proche nous fixera sur les intentions de cette communauté internationale qui donne la nette impression d’épouser les thèses expansionnistes du régime du FPR au pouvoir au Rwanda.

                        F.M.       

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