Nord-Kivu : coup fourré contre la Monusco ou les élections ?

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Après avoir perdu deux casques bleus tanzaniens, le 9 octobre 2017, à la suite d’une attaque imputée aux rebelles ougandais ADF, la Monusco vient de subir un nouveau coup dur le vendredi 8 décembre, avec la perte de 15 soldats dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, sous la signature présumée du même groupe armé. Cette fois, cinq éléments des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo), sont comptés parmi les morts.

Au-delà de la compassion et de l’indignation que suscite ce triste feuilleton au sein de l’opinion tant nationale qu’internationale, des questions s’entrecroisent dans nombreux esprits.

On veut savoir, notamment, pourquoi des rebelles ougandais qui ont choisi comme base arrière le territoire congolais pour combattre le régime de Yoweri Museveni laissent leur pays tranquille pour ne troubler la paix qu’au Nord-Kivu, mettant à mal les forces onusienne et congolaise. C’est le lieu de rappeler que la mission principale de l’une et l’autre est d’éradiquer les forces négatives qui écument cette partie de la RDC. Mais lorsqu’une nébuleuse du genre ADF, au lieu de disparaître de la scène ou d’être sur la défensive, se permet de porter des attaques contre deux armées supposées solidement implantées sur le terrain, cela fait penser à une stratégie visant apparemment à installer la peur au sein des troupes congolaises et onusiennes. Mais, dans le fond, on pense que l’ADF ainsi que la multitude de forces négatives en activité dans l’Est du pays sont instrumentalisées pour rendre ingouvernable cette partie de la République, ce qui, naturellement, bloquerait la machine électorale.

En effet, si le Nord-Kivu ou une autre partie de la RDC n’est pas en paix, cela obligerait le gouvernement congolais à modifier automatiquement l’ordre des priorités définies dans le budget national pour l’exercice 2018. Au lieu du financement des élections, c’est l’effort de guerre, comme on dit, qui devrait passer en tête. Mais qui est derrière les rebelles ougandais pour leur faire jouer le rôle de perturbateurs à la fois de la paix et, partant, du processus électoral ?

Les Nations Unies interpellées

Au regard de l’enjeu caché de l’engagement des combattants ADF dans le schéma de la déstabilisation de la Monusco, il va de soi que les Nations Unies devraient se sentir interpellées, aussi bien comme accompagnatrices des FARDC dans les opérations de traque des forces négatives sur l’ensemble du pays, que sentinelle du processus électoral, du moins dans son volet sécuritaire. En principe, avec ses 20.000 hommes, agissant sous le Chapitre VII, appuyés par la Brigade Spéciale d’Intervention, couverts par des drones et des hélicos de combat, elle devrait être en mesure de prendre facilement le dessus face à une milice sous équipée et comptant moins de 500 hommes. Que se passe-t-il pour que la Monusco se mette subitement à encaisser des coups mortels, alors que c’est elle qui devait envoyer régulièrement les ennemis de la paix au tapis, en recourant aux « frappes chirurgicales ?

On ne va pas affirmer qu’elle ne fait pas correctement le boulot. Cependant, elle devrait éviter d’afficher des attitudes de nature à pousser certains observateurs à la soupçonner d’être distraite, de laisser faire. Les images en circulation libre sur les réseaux sociaux, montrant de petits porteurs atterrir régulièrement sur les pistes de l’Est et répartir avec des cargaisons des mines vers les pays limitrophes risquent de faire croire à l’entretien d’un business dont certains membres de ses contingents se rendraient peut-être complices. On attend des troupes onusiennes une présence militaire sur le terrain qui favorise le retour effectif de la paix durable et la sécurisation du processus électoral, afin de permettre la RDC de redevenir un « pays normal », à travers des élections libres, démocratiques, transparentes et apaisées, à tenir dans les délais à présent connus de tous. En 1960, avec des effectifs et des moyens d’intervention limités, les Nations Unies avaient mis fin au chaos en l’espace de 3 ans. Pourquoi cela dure-t-il presque dix ans aujourd’hui ? A qui profiterait l’affaiblissement de la Monusco ?

Kimp

2 COMMENTS

  1. bonne analyse le phare! je regrette que le mouvement qui est tjr appeler [présumé adf]par la même monusco et le gouvernement n’a même pas un porte parole du mouvement pour affirmé ou inffirmé les allégations que tout le monde le pointe du doig. Pour moi,la population n’a plus confiance de la monusco ni du gouvernement.la monusco accusée de distribué les machettes aux rebelles,les fardc à leurs tour préfèrent la repressions en ville que d’éliminer les énnemis dla nation. DIEU seul sais

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