Nettoyage du fichier électoral, accès aux données du serveur central : la Ceni traîne toujours les pieds

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Depuis un certain temps, ce n’est pas seulement l’opposition qui monte au créneau pour dénoncer des irrégularités, une certaine opacité, ainsi qu’une lenteur maladive dans la mise en œuvre de différentes étapes du processus électoral, mais aussi certains partenaires extérieurs. Le tableau est très sombre : enrôlement des mineurs, enregistrement des mineurs, des personnes décédées ou en voyage, et même des personnes fictives, des électeurs inscrits dans d’autres circonscriptions électorales, l’affaire des « doublons techniques » et des « doublons criminels », le refus d’auditer le serveur central du système informatique de la CENI, et enfin, l’affaire des listes des partis politiques qui ont présenté plus des candidats que des sièges disponibles pour les circonscriptions électorales ciblées.

Pour ce dernier cas, la CENI devait se saisir d’office de cette plainte de l’UDPS et invalider sans autre forme de procès, toutes les listes des partis politiques qui ne seraient pas conformes aux exigences légales.
Le fait que la CENI ne semble pas préoccupée par les plaintes de l’opposition, fussent-elles fondées, vérifiables et vérifiées, ni résolument décidée à résoudre les problèmes portés à sa connaissance, ne peut pas laisser insensibles certains partenaires extérieurs et observateurs de la scène politique congolaise, qui suivent au jour le jour, le déroulement du processus.

S’il est vrai que toute œuvre humaine est perfectible, comme on le claironne sur tous les toits, les erreurs méritent alors d’être corrigées, avant que l’on puisse s’engager à d’autres étapes. L’impression que la CENI donne aujourd’hui, est que les erreurs humaines et matérielles sont si insignifiantes qu’elles sont négligeables, sans expliquer les correctifs apportés. Et persister à économiser toutes ces erreurs suscite déjà des doutes sur la volonté de dirigeants de la CENI d’imprimer le sceau de la crédibilité au processus électoral. Et certains leaders politiques n’auraient pas tort d’insinuer que ces erreurs seraient alors volontaires, injectées dans le but d’en tirer quelques dividendes de fraudes.
Voilà pourquoi les tentatives de fraude sont relevées et à chaque occasion, dénoncées auprès de la CENI.

Les partenaires qui appuient le processus électoral congolais se rendent de plus en plus compte des inquiétudes justifiées qui montent dans le camp de l’opposition politique. Il est tout à fait normal que pour leur soutien à notre pays, qu’ils émettent eux aussi les mêmes inquiétudes.
La lecture que l’on peut faire de ces interventions de quelques pays amis de la RDC, jouissant d’une longue expérience démocratique qui pourrait être profitable pour notre pays, est que ces derniers reconnaissent ouvertement que les revendications de l’opposition sont fondées et légitimes. De ce point de vue, il n’est que de bonne politique pour la CENI d’en faire droit, de statuer sur ces différents cas pour apaiser les esprits, corriger ce qui le mérite et donner des signaux d’une ferme volonté de rassurer les uns et les autres quant à la bonne marche du processus électoral.

Curieusement, les revendications se multiplient sans que des efforts importants soient déployés pour apporter des correctifs. Dans la foulée, rappelons qu’aux griefs formulés à la CENI quant à l’enrôlement des mineurs, une simple déclaration de cette institution d’appui à la démocratie contestant les faits, ne suffit pas pour évacuer ce problème. Aucune enquête sérieuse n’a été menée par la CENI pour découvrir les centres où des mineurs avaient été enrôlés, et des cartes d’électeurs leur délivrées. L’opposition a vite été taxée de monter une cabale pour discréditer la CENI. Pourtant, l’opposition ne dispose pas des ordinateurs et d’autres machines pour la saisie des cartes d’électeurs et leur impression. Ce problème n’a trouvé aucune solution auprès des responsables de la CENI. Il en est de même du souci de l’opposition de voir la CENI, procéder d’abord au nettoyage du fichier électoral. Rien n’a été fait.

Les analystes politiques constatent malheureusement que la CENI qui a opté pour reléguer dans les oubliettes, les revendications de l’opposition, cause plus des frustrations qu’elle n’en évacue, décrédibilise le processus électoral au lieu de la rendre plus crédible et plus transparent. Aujourd’hui, le fossé se creuse davantage entre les dirigeants de la CENI et une frange importante de la population congolaise. Les analystes politiques craignent même que le processus électoral ainsi entaché d’irrégularités ne puisse plus être crédible, ni déboucher sur des élections apaisées. Les marches de l’opposition ne sont-elles pas une sonnette d’alarme tirée dès aujourd’hui, avant que les choses puissent s’empirer plus tard ?

C’est le cas de le dire et une occasion pour la CENI de se sentir interpellée à chaque étape du processus électoral. Si dans notre pays. Celle-ci ne peut pas rassurer la population congolaise quant à ses méthodes de travail, pourra t-elle être consultée par d’autres pays et rassurer la classe politique de ces pays ? Quelle serait son expérience positive dans la gestion transparente du processus électoral devant aboutir à des scrutins apaisés ? Mériterait-elle d’être consultée et sollicitée pour aider d’autres pays africains à organiser des élections libres, démocratiques, transparentes, crédibles et apaisées ?
Nous attendons des assurances en l’interne.

J.R.T

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