Nécessité de relance des entreprises publiques

0
31

La société civile regroupée sous le label Prodess, a organisé hier, à Kinshasa, une journée d’échanges sur la problématique de la gouvernance et de la sécurité des personnes et de leurs biens dans le secteur des transports.

Au cours de ces assises, les acteurs de la société civile ont fait l’état de lieux du secteur en se focalisant sur quelques problèmes qui seraient à la base de nombreux accidents sur nos routes, des crashes de trains et des avions, ainsi que des naufrages des bateaux et des embarcations sur nos voies navigables.

Il est certes vrai que devant l’immensité des difficultés inextricables, autant que devant des pesanteurs qui paralysent la mise en œuvre de certaines lois et réglementations prises par le gouvernement, les participants ne pouvaient pas tout diagnostiquer en une seule journée, ni prétendre proposer des solutions à tout, mais au moins, ils ont eu le mérite de dépoussiérer un dossier qui n’est remis sur la table, que chaque fois que notre pays enregistre des accidents meurtriers avec des centaines de morts et un nombre plus important de blessés.

Ce secteur qui fait longtemps figure de parent pauvre, connaît aujourd’hui, le désinvestissement. La flotte de la compagnie nationale de transport aérien «  LAC » ayant atteint l’âge limite, après ses heures de gloire, a  rejoint le cimetière de vieux aéronefs. La SCTP, ex-Onatra, ne dispose plus des bateaux de grande capacité pouvant desservir l’Equateur, la province Orientale, le Bandundu et le Kasaï oriental. Ses quelques barges ayant coulé, d’autres rongées par la rouille, servent de refuges aux pêcheurs et autres sans domicile fixe. Les bateaux d’une certaine époque, longtemps paralysés par des cas des pannes de moteurs et de la carence de carburant, sont devenus de pièces pour le musée, faute de casse pour la récupération de la ferraille.

Les sociétés de chemins de fer, S.N.C.C., ex-Onatra, les chemins de fer de l’Uélé, CFU, les chemins de fer de Maniema, connaissent le même état de délabrement avancé du charroi ferroviaire et la carence des locomotives et des wagons, qui les contraignent à la faillite. N’eût été la dernière intervention urgente du gouvernement, la plupart auraient renvoyé le personnel au chômage et fermé leurs portes.

Les sociétés de transports urbains de l’Etat, City Trains et STUC, sont aujourd’hui l’ombre d’elles-mêmes. Leurs dépôts transformés en cimetières des bus, ont été transformés en funerariums qui rapportent quelques recettes, juste pour assurer le fonctionnement d’un service minimum.

Le gouvernement devrait repenser toute la politique dans le secteur

Il n’y a pas que ces entreprises menacées de fermeture, si des solutions urgentes n’étaient pas prises par le gouvernement, d’autres comme la Régie des Voies Fluviales, et la Compagnie maritime du Congo, C.M.D.C., pour ne citer que celles-là, ne sont pas logées à la belle enseigne. Si la première avec son dragueur peine à désensabler le fleuve Congo et à baliser les tronçons navigables, la CMDC tient encore le coup grâce à un ou deux bateaux pris en location pour évacuer quelques frets expédiés en Occident, et acheminer en RDC, des containers et autres produits alimentaires pharmaceutiques et industriels.

Notre pays est aussi confronté à l’état désastreux de certaines routes principales, secondaires et de desserte agricole. Les infrastructures routières, comme on le sait, sont à la base du dépérissement rapide du charroi automobile et freine la rapide évacuation des denrées alimentaires de centres de production vers les centres de commercialisation et ceux de consommation. C’est l’avenir du développement agricole qui est hypothéqué. Voilà pourquoi les paysans et la société civile ne cessent de plaider pour la modernisation des infrastructures routières sur l’ensemble du territoire national.

 Les crashes à répétitions sont le thermomètre qui indique la désorganisation observée dans le domaine des transports où les chauffeurs de transport en commun du secteur privé obtiennent les permis de conduire de la manière que l’on sait, sans maîtriser les règles du code de la route et le maniement des  véhicules.

Dans le sous-secteur de transport aérien, notre pays a longtemps toléré le survol de notre territoire par des aéronefs qualifiés de «  cercueils volants ». La délivrance des licences d’exploitation, et de pilotage aux mains inexpertes, la carence de contrôle technique régulier de la flotte opérationnelle, pour n’évoquer que ces éléments, seraient parmi les failles relevées à chaque crash d’avion.

Et l’on ne peut que déplorer le détachement de certaines structures de contrôle du matériel volant, de la tutelle du ministère des Transports, empêchant à ce dernier, d’avoir un droit de regard sur son fonctionnement, et d’interpellation sur les fonctionnaires de ces services qui deviennent ainsi de petits roitelets ne se soumettant qu’à leur conscience.

En somme, la modernisation du secteur des transports exige de gros investissements, non seulement pour redresser les canards boiteux du Portefeuille de l’Etat, dans le secteur des transports, en leur apportant une bouffée d’oxygène sur le plan financier, et en renouvelant tout leur outil de production. Car, ils ont l’avantage de disposer des infrastructures en termes de bâtiments, bureaux, garages et dépôts, ainsi que le personnel technique qualifié.

 J.R.T.

LEAVE A REPLY

*