Ne pouvant atteindre les OMD en éducation, la RD Congo prépare l’après 2015

0
235

drapeau-rd-congoL’éducation est perçue à travers le monde comme le socle de tout développement. En ouvrant officiellement les travaux du 03 au 05 juillet 2013 – de l’atelier portant sur l’élaboration du deuxième « Rapport d’Etat du Système Educatif National » (RESEN), le mercredi 03 juillet 2013, au Centre d’Accueil Caritas-Congo dans la commune de la Gombe, Maker Mwangu Famba, ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (E.P.S.P.) a manifesté son attachement à ce principe universel.

         A l’occasion, il s’est fait accompagner de Charles Nawej Mundele, son collègue des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale. Ce rapport – qui sera le deuxième du genre à être élaboré en Rd Congo – doit être perçu comme un processus qui offre au secteur de l’éducation des outils et des approches innovants pour mieux analyser la situation à travers la Rd Congo. Il est appelé à donner les orientations politiques et stratégiques pour le nouveau « Plan Stratégique de l’Education à partir de 2016 », à l’expiration de 2015, délai que les pays membres des Nations Unies s’étaient convenus pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (O.M.D.) ; objectifs que notre pays n’atteindra pas, que ça soit dans le secteur éducatif ou sanitaire. Concernant ce dernier secteur, les études disponibles au niveau de l’Unicef et du ministère de la Santé publique attestent que, sans une intensification des efforts, la Rd Congo ne pourra même pas atteindre ses objectifs en 2035.

         Prenant la parole à cette occasion, le ministre de l’EPSP a noté que l’éducation reste l’un des secteurs prioritaires du Gouvernement. Et il lui a paru important de rappeler que la Rd Congo a réalisé son premier RESEN entre 2003 et 2004 dans le cadre de l’élaboration du « Plan d’Action Nationale de l’éducation Pour Tous » (PAN/EPT). Ce premier RESEN était un préalable à l’élaboration du PAN/EPT, conçu pour matérialiser l’engagement  auquel le pays avait souscrit en 1990 à l’issue de la « Conférence Mondiale sur l’Education Pour Tous », tenue à Jomtien en Thaïlande. Il a noté par après que le RESEN avait permis au secteur de l’Education de disposer, non seulement d’un diagnostic approfondi dans tous ses aspects, mais également des recommandations appuyées sur des simulations financières pour un développement harmonieux du système éducatif congolais.

Un tournant décisif pour le secteur de l’éducation

         Cette fois-ci, et contrairement au premier RESEN qui avait porté seulement sur l’éducation formelle, celui-ci, selon lui, sera plus complet dans la mesure où il prendra en compte aussi bien l’éducation formelle que l’éducation non formelle. Ses résultats serviront à alimenter la « Stratégie sectorielle » en cours d’élaboration et devant couvrir les dix prochaines années. Il s’est dit convaincu que l’atelier de ce jour  marquait un tournant décisif pour le secteur de l’Education ; car c’est le lancement officiel d’un long processus qui va s’étaler sur plus ou moins 18 mois. Pour assurer l’aboutissement heureux du processus, le ministre a vivement sollicité la disponibilité et la ténacité de toutes les parties prenantes. Et il a remercié l’Unicef et l’Unesco de l’appui technique et financier apporté au gouvernement pour la réalisation de ce processus.

Pour Mme Barbara Bentein, représentante de l’Unicef dans notre pays, le RESEN reste une bonne analyse basée sur les preuves offertes pour des projets d’investissement les plus efficaces pour accélérer les indicateurs de l’Education et le développement. Le RESEN, pour elle, constitue une base de dialogue entre divers animateurs du système éducatif qui sont soucieux de développer une vision commune pour l’avenir de l’éducation dans le pays. Ce dialogue sur le  système éducatif est compréhensible, a-t-elle noté, à la veille du rendez-vous fixé par tous les pays du monde en 2015, en vue de dresser le bilan de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Concernant particulièrement l’OMD-2, relatif à l’éducation primaire pour tous, elle a souligné que l’enquête menée relève des performances  encourageantes en matière d’éducation. En effet, cette enquête – par grappes à indicateurs multiples de 2010 – indique qu’aujourd’hui en Rd Congo, trois enfants sur quatre vont  à l’école, ce qui représente 75%, avec une quasi  parité entre filles et garçons. Elle a ainsi souligné les efforts significatifs du gouvernement. Toutefois, au regard de l’Etude de l’EPSP  sur les enfants et adolescents évoluant en dehors de l’école, elle a noté que d’importants efforts restent à faire car les résultats de cette étude ont notamment montré que, pour diverses raisons, environ 7,6 millions d’enfants de 5 à 17 ans ne vont pas à  l’école en Rd Congo.

L’universalisation de l’Enseignement primaire et le Plan Intérimaire de l’Education

         La représentante du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (Unicef) n’a pas oublié de rappeler que les financements du gouvernement et des Partenaires Techniques et Financiers pour la mise en œuvre du Plan intérimaire, sont en train d’accélérer l’universalisation de l’enseignement primaire. Et même si la Rd Congo n’atteindra pas l’OMD-2 en 2015, elle a précisé que maintenant est le moment de commencer les réflexions  sur l’agenda post-2015 de la Rd Congo en Education. Cela justifie, enfin pour elle, que le RESEN 2013 venait à point nommé car il concerne la totalité du secteur éducatif et invite à un engagement fort de toutes les parties prenantes, y compris les parents et le secteur privé.

SAKAZ

LEAVE A REPLY

*