Nations-Unies : le Rwanda marque des points contre la RDC

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Le régime de Kigali a pris plusieurs longueurs d’avance sur celui de
Kinshasa au plan de la visibilité internationale. Le dernier point en
date marqué par le Rwanda concerne la désignation d’un de ses fils en
qualité de commandant de la Mission des Nations Unies au Mali
(Minusma). On rappelle que pas plus tard qu’au mois d’avril de l’année
en cours, le pays de Paul Kagame a eu à assumer la lourde charge de la
présidence du Conseil de Sécurité.

Il est bon de signaler aussi que le Rwanda siège, depuis janvier 2013
et ce, jusqu’au mois de janvier 2014, comme membre non permanent du
Conseil de Sécurité et représentant de l’Afrique Centrale, orientale
et australe. On ne peut non plus ignorer que des officiers et
militaires rwandais sont présents au Darfour, dans les rangs des
Casques bleus de l’ONU, dans le cadre d’une mission de maintien de la
paix.
Avec un palmarès aussi flatteur, le Rwanda se trouve en position de
force face aux accusations de Kinshasa le tenant pour responsable de
l’insécurité réccurente dans sa partie Est. Le discours congolais
imputant à Paul Kagame et ses collaborateurs la responsabilité du
sponsoring des mouvements rebelles et groupes armés aura de plus en
plus du mal à passer dans un environnement où ce pays voisin s’affiche
comme un acteur-clef dans les missions des Nations Unies visant la
pacification et la sécurisation des Etats d’Afrique en situation de
conflit.
Tel que le Rwanda monte en puissance et pèse au sein de la communauté
internationale, la voix de la République Démocratique du Congo risque
de devenir inaudible dans les fora mondiaux et régionaux, et ne pas
susciter l’écho espéré par les populations congolaises de l’Est
victimes des massacres, viols, vols et violations massives de leurs
droits les plus élémentaires par des « forces négatives »
instrumentalisées par Kigali.

Tenir compte des avancées rwandaises

Au lieu de demeurer un pays éternellement pleurnichard face à un
voisin fort rusé, le Congo démocratique devrait tenir compte de ces
avancées diplomatiques sur l’échiquier africain et international et
s’organiser pour redevenir un Etat « normal ». Cela exige que les
décideurs politiques puisent rompre avec les discours
d’auto-suffisance et d’auto-satisfaction qui font passer l’Etat
congolais pour un demi-continent, un scandale géologique, un élève
modèle des institutions de Bretton Wood, une puissance industrielle,
économique et militaire en devenir, le futur moteur du développement
de l’Afrique, etc.
Les gouvernants de la RDC devraient fournir un gros effort de
décryptage de tous les paramètres politiques, diplomatiques,
sécuritaires, militaires, économiques, sociaux et culturels qui font
du Rwanda un Etat plus fréquentable et fiable que son colossal voisin.
Entre autres facteurs qui pourraient faire la force du Congo de
demain, il y a l’indispensable et sincère réconciliation entre ses
fils et filles, la culture de la démocratie et de la bonne
gouvernance, la réforme profonde et sérieuse de son dispositif de
défense et de sécurité, la mise en valeur planifiée de ses ressources
naturelles, la gestion transparence des richesses nationales et leur
répartition équitable.
Les Congolais devaient dépasser le stade des slogans en matière de
démocratisation, des libertés individuelles, de tolérance-zéro contre
les antivaleurs, de lutte contre la pauvreté, de satisfaction des
besoins sociaux de base, de modernisation des infrastructures de base,
d’industrialisation, d’électrification, de desserte en eau potable…
d’organisation et de gestion de la Res publica. Si nos compatriotes
continuent à ne pas accorder leurs violons sur tout et à se complaire
dans des stratégies d’exclusion aux plans politique, économique et
social, la RDC risque de ne jamais cesser d’être la risée de la
planète, d’apparaître comme un non Etat, et ses citoyens, comme
d’éternels mendiants et mineurs politiques.
Kimp

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